LE MONDE TEST-ACHATS

Stress au travail ?

24 mars 2009

L’enquête publiée par Test-Achats dans Test Santé montre que le Belge est un travailleur satisfait. Selon cette enquête, plus d’un travailleur belge sur cinq souffre de stress au travail. Si ce stress au travail traîne trop longtemps, on rencontre alors un risque de burn-out. Aussi, les plaintes physiques attribuées aux conditions de travail ne sont pas les moindres: ce sont surtout les maux de dos, les douleurs à la nuque, les douleurs dans le bas du dos, des troubles du sommeil, des douleur articulaires et musculaires, de la fatigue, des maux de tête et de la migraine. Le sport reste le meilleur remède contre ce stress. Les médicaments ne sont souvent pas assez efficaces pour résoudre le problème, mais peuvent aider. Vu l’étendue du stress, qui cause annuellement 9 139 770 jours d’absence en Belgique, les employeurs ont ici aussi un rôle à jouer : en matière de prévention et/ou de contribution dans les frais de traitement.


Une enquête « bien-être » au travail

Test-Achats se préoccupe des problèmes de consommation et de vie en société. La problématique « bien-être » a fait l’objet de plusieurs enquêtes par le passé autour de thèmes comme la sécurité ou encore la sexualité. Entre mai et juin 2008, Test-Achats a interrogé cette fois sur le stress au travail un échantillon représentatif de 1 148 belges et au total 5 610 personnes dans 4 pays européens. Test-Achats a en effet collaboré avec des associations de consommateurs en Espagne, en Italie et au Portugal.


Satisfait malgré tout

Bien que le Belge soit un travailleur satisfait, 13 % restent mécontents de leur travail. Les Flamands sont cependant plus satisfaits que les Bruxellois et les Wallons. Les travailleurs dans la construction, au sein de l’armée et de la police, dans l’horeca et le secteur du transport déclarent être moins satisfaits. La cause de cette insatisfaction vient souvent du sentiment de ne pas être apprécié pour le travail fourni, de l’absence de récompense pour de très bonnes prestations et d’un manque de compréhension de la part des autres travailleurs. Beaucoup des répondants (70 %) ne croient pas que le fait de bien travailler conduise à des chances de promotion. Plus de la moitié pensent que de nombreuses règles et procédures compliquent le travail.


Exigences élevées, source de stress

Un répondant sur cinq reconnaît que son travail a un effet négatif sur son bien-être physique et/ou psychologique. Plus d’un Belge actif sur cinq souffre d’un niveau de stress élevé à très élevé au travail. Près de 23 % affirment que la pression au travail laisse des traces dans la vie privée. Pour plus de la moitié, la cause principale du stress est un manque de récompense ou de reconnaissance pour leur travail ! D’autres origines sont : les exigences au travail, le temps octroyé (pour un tiers des répondants), la vitesse à laquelle le travail doit être effectué (43 % disent devoir travailler trop vite), peu ou pas d’apprentissage (plus de 3 sur 10), travail répétitif (45 %), le fait de ne pas pouvoir décider soi-même de la manière dont on gère son travail (38 % ont rarement, voire jamais, cette liberté). Pour plus d’un répondant sur trois, l'ambiance au travail n’est ni calme ni agréable. 12 % disent ne pas trop bien s’entendre avec leurs collègues.


Qui souffre de stress ?

Les personnes qui ne dirigent pas signalent un stress plus élevé que celles qui dirigent. Les travailleurs peu qualifiés ressentent clairement plus de stress que ceux ayant un niveau d’études plus élevé et les ouvriers plus que les employés. Chez les travailleurs actifs dans les secteurs où la satisfaction était déjà faible, le stress est aussi plus élevé. Et contre toute attente, les personnes soumises à un horaire totalement flexible !


Conséquences en dehors du travail

Le risque de burn-out guette lorsque le stress ressenti au travail dure trop longtemps. Parmi nos répondants, une personne sur cinq se sent au moins deux fois par semaine fatiguée en se levant, à l’idée de devoir affronter une autre journée de travail. 8 % disent se sentir chaque semaine envahis par un sentiment de vide émotionnel. Les femmes sont plus sensibles que les hommes, tout comme les employés travaillant dans les secteurs avec une faible satisfaction et beaucoup de stress. Irritabilité, nervosité, difficultés de concentration, etc. troublent souvent la vie au travail. Ce qui est totalement dramatique, c’est le chiffre de 2% des répondants qui répondent qu’ils pensent régulièrement au suicide suite aux problèmes au travail.


Le corps manifeste également

Beaucoup de problèmes de santé sont dus à la situation au travail ou à l’activité professionnelle. En tête de liste, on trouve les maux de dos, douleurs à la nuque, douleurs dans le bas du dos. Nous constatons une différence significative entre les ouvriers et les employés dont 15 % et 5 % se plaignent de maux de dos, dans 10 % et 6 % se plaignent de douleurs à la nuque, dans 14,5 % et 3 % de douleurs dans le bas du dos (douleurs lombaire). Une autre différence flagrante, et cette fois-ci entre les hommes et les femmes, est la différence concernant les problèmes musculaires et d’articulation respectivement 3% contre 7,5%. D’autres chiffres remarquables concernent les migraines. Près 3% de la population ayant une activité professionnelle se plaignent.


9 millions de jours d’absence

L’an dernier, plus d’un Belge actif sur dix est resté à la maison un jour à cause d’un stress trop élevé. En moyenne, ces travailleurs ont été absents 15 jours. Au total, on arrive au chiffre impressionnant de 9 139 770 jours pendant lesquels des travailleurs belges se sont absentés l’an dernier pour cause de stress au travail!
Et ça coûte cher. Il est donc aussi dans l’intérêt de l’employeur d’accorder de l’attention à la prévention du stress au travail.


Combattez le stress par le sport

Bien qu’on saute vite sur la médication, comme les antidépresseurs ou les calmants - 22 % des Belges actifs qui ont suivi un traitement contre le stress ces 5 dernières années ou en suivent encore un actuellement - la satisfaction relative à cette approche n’est pas très élevée. Le sport (11 %) s’avère bien plus indiqué que les pilules, ou même que la psychothérapie (1 sur 10). Si la personne tendue s’accroche malgré tout à la médication, elle est alors nettement plus satisfaite des antidépresseurs, éventuellement combinés à un calmant, que si elle prend seulement et uniquement des calmants. Une combinaison de calmants ne résout rien : le taux de satisfaction est franchement mauvais. Les travailleurs confrontés à beaucoup de stress, qui n’entreprennent rien pour le combattre, agissent selon eux de la sorte parce qu’ils pensent pouvoir gérer eux-mêmes le problème (26 %), parce qu’ils n’ont pas le temps pour cela (52 %) ou parce qu’ils trouvent le traitement trop coûteux (26 %).