Le chocolat: une fierté belge mais avec un arrière-goût éthique souvent amer
20/4/2011
Dimanche les cloches de Rome vont à nouveau lancer une énorme masse d'œufs de Pâques sur notre petit pays. Que les Belges sont des grands mangeurs de chocolat, cela n’étonnera personne. En moyenne, nous consommons 8.9 kg de chocolat par an. Le moment est idéal donc pour un nouveau test sur le chocolat. 28 tablettes de chocolat au lait ont été mises sous la loupe des enquêteurs de Test-Achats: leur composition a été analysée en labo, leurs étiquettes et leurs poids ont été contrôlés et bien entendu, elles ont également été goûtées. Quelqu'un s’est-il déjà demandé où les cloches de Rome s'approvisionnent? Test-Achats a retracé l’origine du cacao utilisé. La tradition Pascale a néanmoins un arrière-goût amer. En effet, on fait appel à la main-d'œuvre des enfants pour la transformation des fèves de cacao.
Chocolat au lait sur le grill
Test-Achats a sélectionné 28 chocolats au lait vendus en tablettes de 70 à 500 grammes. Dans un premier temps, les enquêteurs ont vérifié si l’étiquette comportait toutes les mentions légales obligatoires. En outre, le poids a été contrôlé et comparé à celui indiqué sur l’étiquette. Ensuite, une analyse de la composition du chocolat a été réalisée en laboratoire et une dégustation a été proposée à un panel de 60 consommateurs.
Beaucoup de bons (voire délicieux) résultats
Pour faire court: les résultats sont bons si ce n’est l’étiquetage et, pour quelques-uns, le goût. Deux chocolats au lait de Côte D’Or brillent au top du classement avec un score final de plus de 90 sur 100. Seuls trois chocolats n’obtiennent pas de distinction. Celui qui ferme le classement est le chocolat au lait bio de la marque Tohi qui, assez ironiquement est, le plus cher du test (plus de cinq fois plus cher que le meilleur). Ce qui surprend également c'est que la teneur élevée en cacao plaît moins au consommateur moyen. En effet, les trois chocolats contenant plus de 40 % de cacao ont été moins appréciés, alors que les deux chocolats jugés les plus savoureux affichent "seulement" 30 à 35 % de cacao.
Le cacao a un arrière goût amer
Les enquêteurs voulaient surtout connaître l’origine du cacao utilisé: la traçabilité est-elle assurée, se soucie-t-on des conditions de travail dans les plantations, de l’impact environnemental, etc. ? D'une part, des fabricants de chocolat ont complété une enquête et d'autre part, Test-Achats s'est basé sur des interviews avec des experts et sur des documents internes à la marque ainsi que des rapports externes. 15 entreprises sur 18 ont accepté de participer à l’enquête. Pour Match, Intermarché et Ritter Sport, personne n’a répondu. 3 entreprises reçoivent une très bonne appréciation: Rapunzel, Oxfam Fairtrade et Alter Eco.
Le travail des enfants ne plaît pas
75 à 80 % des fèves de cacao viennent d’Afrique de l’Ouest, surtout du Ghana et de Côte d’Ivoire. Elles sont cultivées dans de petites exploitations familiales qui produisent environ une tonne par an et représentent souvent l’unique source de revenus de ces familles vivant, pour la plupart, sous le seuil de pauvreté. Elles ont dès lors un pouvoir de négociation trop restreint sur le marché, ne peuvent investir et font souvent travailler leurs enfants car elles ne peuvent se payer de main-d'œuvre en renfort. Il ressort d'une enquête récente que la moitié des enfants ne sont pas scolarisés en Côte-d’Ivoire.
Approvisionner les cloches de Rome de manière équitable
Le consommateur a plus de pouvoir qu’il ne le pense. Le chocolat Fairtrade représente à peine 1 % des ventes en Belgique. Le consommateur peut contribuer à faire évoluer les choses en achetant du chocolat produit de façon durable et équitable. Le chocolat bio de Rapunzel ou d’Oxfam Fairtrade sont deux choix également délicieux à en juger par le test. Les fabricants doivent également revoir leur politique. Ils devraient d’abord garantir la traçabilité dans toute la chaîne de production afin que des normes sociales puissent être imposées dès le premier maillon, dans les plantations. Cette démarche permettrait d’instaurer la certification indispensable pour bannir des abus tels que le travail des enfants.

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