Le porc irlandais: questions sans réponses
8/12/2008
Compte tenu de l’importance de cette contamination tant en ce qui concerne le nombre de porcs concernés (plusieurs millions) que les concentrations en dioxines détectées (de 80 à 200 fois plus que la norme maximale légale à en croire les autorités irlandaises), trop de contradictions et de silences subsistent. Il sera trop facile, par après, de culpabiliser les consommateurs et les tenir pour responsables de réactions irraisonnées.
Sans verser dans un quelconque alarmisme, Test-Achats souhaite des réponses rapides et claires à quelques questions fondamentales :
- Pourquoi a-t-il fallu attendre le 07 décembre en début d’après-midi pour prendre connaissance d’une première réaction de l’AFSCA dont l’essentiel peut se résumer au fait qu’aucun porc vivant n’a été importé d’Irlande durant l’année 2008 et que pour ce qui concerne les produits transformés, l’AFSCA fait appel aux secteurs concernés pour actionner les mécanismes de traçabilité ?
- A en croire les autorités irlandaises, la Belgique était au courant de cette contamination et en possession de résultats d’analyses positifs…ce que l’AFSCA dément.
- S’il est vrai que la contamination est connue des autorités irlandaises depuis début septembre, pourquoi n’ont-elles pas réagi plus tôt et averti leurs homologues européens ?
- Compte tenu de l’importance de la contamination et des décisions déjà prises par d’autres pays tels que l’Irlande ou l’Allemagne, le principe de précaution ne doit-il pas s’appliquer dans l’attente d’informations complémentaires et de résultats d’analyses ? Autrement dit ne faut-il pas bloquer temporairement la distribution des produits transformés a base de porc présents sur notre marché et en provenance d’Irlande (charcuteries diverses telles que bacon, saucisses, etc.) ?
- Enfin, Test-Achats souhaite avoir, le plus rapidement possible, une réponse claire à la question fondamentale : des produits contaminés ont-ils été ou sont-ils distribués en Belgique ?
Test-Achats attend de nos autorités un dialogue adulte avec les consommateurs sous peine de voir resurgir dans le public les rumeurs de tout ordre du style « Si l’on me cache quelque chose, c’est que c’est dangereux ». On pouvait croire que les leçons tant sanitaires qu’économiques de la crise de la dioxine de 1999 avaient été tirées. Au vu de ce qui se passe, on est en droit d’en douter.

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