Les moules Belgica au microscope
Les moules de Zélande, toujours très populaires, doivent désormais cotoyer avec les moules Belgica, arrivées le 3 juin dernier. La saison des moules zélandaises s’étend traditionnellement de la mi-juillet à la mi-avril, période pendant laquelle les moules Zélandaises d’élevage sur fond sont sur le marché. Parce qu’elles sont élevées en « culture suspendue », les moules Belgica arrivent plus tôt sur nos étals, tout comme la moule bouchot française et les moules Zélandaise d’élevage suspendu. Les coquillages cultivés selon cette méthode se développent le long de cordes immergées en mer dans des structures flottantes.
Les moules Belgica ne représentent que 1,5 % de la consommation belge de moules. Elles prétendent contenir davantage de chair. D’autre part, la présence de substances toxiques dans les moules belges a suscité une vive polémique l’an dernier. Qu’en est-il réellement ?
Belge ou française ?
Vingt pour cent de la production totale de moules Belgica provient de Nieuport, sur la côte belge. Les 80 % restants sont originaires de la région de Dunkerque, en France. Le fabricant ne spécifie jamais qu’il s’agit de moules « belges » mais le nom choisi - « Belgica » - et les trois couleurs nationales présentes sur l’emballage laissent croire qu’il s’agit de bel et bien moules de chez nous. L’emballage porte en outre la mention “Moules de la Mer du Nord – d’origine de la côte de Flandres”. Test-Achats estime cette mention trompeuse pour un produit présenté comme « national ». Nous estimons que l’emballage devrait comporter davantage de précisions sur la zone de culture.
Que vous offre la moule Belgica ?
On distingue deux calibres : la « Prestige » (petite) et la « Royale » (plus grande). Cette dernière est réellement à la hauteur de sa promesse de davantage de chair, avec un pourcentage de 33,3 %. Pour la Prestige, le pourcentage de chair mesuré n'était que de 28,6 %. La Royale nous a aussi semblé plus savoureuse. Nous avons été déçus par le goût de la petite Prestige.
Nous avons payé 7,49 € pour un kilo de moules Belgica Royale et 4,99 € pour un kilo de moules Prestige.
Pas de substances toxiques
L’an dernier, la soi-disant présence de substances toxiques dans les moules Belgica avait fait grand bruit. Cette toxine provoquerait un syndrome appelé Diarrhetic Shellfish Poisoning, caractérisé par des troubles gastriques et intestinaux, de la diarrhée, des nausées, des vomissements et des crampes intestinales. Des contre-analyses n’ont cependant pas pu confirmer la présence de cette toxine. Les moules cultivées dans les eaux belges sont soumises à des contrôles bactériologiques bimensuels, effectués par l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Des contrôles hebdomadaires sont également réalisés, afin de déceler la présence éventuelle de toxines dans les moules et l'existence d'algues responsables de toxines dans les eaux de culture. Les autorités françaises sont responsables pour le contrôle de l’élevage français.
Notre avis
Si vous êtes disposé à débourser 7,50 €/kg, les moules Belgica Royale sont certainement un bon choix. Elles sont disponibles plus tôt, ce qui peut constituer un atout aux yeux du consommateur.
Les moules de Zélande viennent faire concurrence aux moules Belgica dès le début du mois de juillet. Les producteurs annoncent d’ores et déjà une bonne saison. Ils prévoient un pourcentage de chair de 27 % pour les Zélandaises et des prix de 10 % inférieurs à ceux de l’an dernier. Bon appétit !

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