Viande de poulet: mauvaise qualité hygiénique
27/10/2008
Test Achats a examiné 70 produits à base de poulet dans des supermarchés et des boucheries. La température maximum de conservation n’a été respectée seulement que dans la moitié des cas. Dans 23 points de vente sur 29, il n’y a pas de thermomètre présent. Soit il n’est pas visible, soit il n’est pas lisible pour le consommateur en dépit de l’obligation légale. C’est encore plus grave en ce qui concerne l'hygiène. 45 échantillons sur 70 sont de mauvaise qualité hygiénique. Test Achats demande une norme européenne contraignante pour les agents pathogènes Campylobacters. Des contrôles réguliers et des sanctions sévères en cas d’infractions sont plus que jamais indispensables. D’ailleurs, la Belgique doit mettre en œuvre un système de monitoring efficace pour détecter les infections alimentaires, les suivre et les neutraliser immédiatement.
Test de viande de poulet
Pour ce test, Test Achats a acheté 70 produits à base de poulet (filets, cuisses, burgers, ailes, saucisses) dans 14 grandes surfaces de distribution et 15 boucheries. 42 produits étaient préemballés. Les analyses en laboratoires ont été effectuées sur de la viande crue.
Le poulet, ce met délicat !
La viande de poulet est particulièrement sensible aux bactéries Salmonelles et Campylobacters, deux sortes de bactéries responsables du plus grand nombre de maladies infectieuses qui passent de l'animal à l'homme. Une éventuelle contamination après consommation peut mener à des problèmes d’estomac et d’intestins. Parfois même, les problèmes de santé prennent une forme très grave.
La température : infractions en grand quantité …
Si dans un comptoir réfrigéré, il n’y a pas de thermomètre ou s’il n’est pas visible ou lisible pour le consommateur, il y a infraction à la loi. Ce qui est malheureusement le cas dans 23 des points de vente sur 29. Légalement, la volaille fraîche doit être conservée à 4 C° maximum. Ce qui n’était pourtant respecté que dans 35 cas sur 70. Dans 4 cas, cette température était supérieure à 8°C et atteignait même près de 13°C dans deux cas.
L'hygiène et les germes pathogènes
Presque un tiers des produits à base de poulet n’étaient plus suffisamment frais pour être vendus. Ceci peut être dû soit à une conservation trop longue soit à une conservation à des températures trop élevées. 25 échantillons sur 70 renfermaient trop d’Escherichia coli, un indicateur de l’hygiène lors de l’abattage et du traitement de la viande. Dans 4 échantillons, Test Achats a détecté la présence de Salmonelles et, dans 8 cas, celle de Campylobacters. Au total, 45 produits sur les 70 examinés sont de mauvaise qualité hygiénique et seuls 4 ont obtenu une très bonne appréciation pour les microbiologiques !
Une législation insuffisante
En 2006, de nouvelles normes européennes sont entrées en vigueur relatives aux Salmonelles. Mais cela ne signifie pas que maintenant la salmonelle ne se trouve plus dans la viande de poulet. En ce qui concerne les Campylobacters, il n’existe même pas de normes mais uniquement des valeurs indicatives. Sur l’importance de l’hygiène pendant les transports et l’abattage, il faut rester vigilant et le rappeler en permanence. Par ailleurs, l'application d'un programme de lutte dans le cadre de la chaîne de production reste primordiale pour l'hygiène. La qualité hygiénique de notre alimentation est une affaire de tous les maillons de la chaîne.
Pas de surprise
Test Achats n’est pas surpris par cette situation inacceptable aussi bien au niveau de la température que sur le plan microbiologique. La situation est connue et confirmée par l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA). Dans son Rapport d’Activités 2007, on peut lire que 30 % des abattoirs visités ont reçu un rapport défavorable : 10% d’échantillons de dinde étaient contaminés par des Salmonelles et 22% des carcasses de poulet l’étaient par des Campylobacters.
Test Achats exige de nouvelles normes, plus de contrôle et plus de sanctions
1. Des contrôles réguliers et des sanctions sévères en cas d’infractions sont indispensables;
2. La mise en œuvre impérative d’une norme européenne pour les Campylobacters;
3. Notre pays doit mettre en œuvre un système de monitoring efficace pour détecter, suivre et immédiatement neutraliser les infections alimentaires.

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