Dollar et carburant en hausse: votre voyage plus cher?
Les «destinations dollar» (Etats-Unis, Canada, Caraïbes, certaines destinations asiatiques) peuvent vous réserver une désagréable surprise sous la forme d’un supplément de prix dû à une hausse des coûts du fait du renchérissement du dollar, ou d’un supplément carburant en raison de la hausse du prix du kérosène. Quels sont vos recours dans ce cas?
La hausse du dollar et du prix des carburants
Alors qu’il s’échangeait encore à 1,5 dollar en novembre 2009, l’euro ne vaut plus aujourd’hui que 1,2 à 1,3 dollar. Or, les prix dans de très nombreuses brochures Été ont encore été calculés sur le cours du dollar en septembre 2009, soit 1,45 dollar pour 1 euro. La hausse du dollar a également rendu la hausse du prix des carburants bien plus douloureuse en euro : +38% au lieu de +16% en dollar. Cette hausse ne signifie naturellement pas que les prix dans les brochures de voyages peuvent augmenter dans les mêmes proportions.La politique des tour-opérateurs
Un certain nombre de tour-opérateurs, comme Jetair, Thomas Cook et Best Tours, se sont couverts contre les fluctuations du dollar, préservant ainsi leurs clients. D'autres ont abandonné leurs prix fixes et appliqué une hausse des prix pour les nouvelles réservations (à partir de début juillet).Les deux grands tour-opérateurs,Thomas Cook et Jetair, continuent par ailleurs, comme la plupart des autres opérateurs, à appliquer de possibles suppléments carburant conformément à un règlement de 2008. Celui-ci stipule que le voyageur doit toujours être informé sur le mode de calcul et les paramètres utilisés. Si le prix peut varier par rapport au prix de la brochure, cela doit aussi toujours être précisé dans le contrat et la brochure.
La réaction des compagnies aériennes
Même si les compagnies aériennes sont très souvent promptes à appliquer des suppléments (liés ou non au carburant), les prix, une fois le billet acheté et payé, sont jusqu’à présent restés fixes. Les agences de voyages et tour-opérateurs qui réservent et paient toutefois plus tard un billet d'avion commandé et payé plus tôt par un client, dans le cadre d'un voyage à forfait par exemple, peuvent néanmoins se voir réclamer un supplément. Et selon la législation actuelle, ils ont le droit de le répercuter auprès du consommateur. Best Tours est un des rares tour-opérateurs à garantir pour l'instant des prix fixes (en dollar) pour les vols de ligne.Quels sont vos droits?
Selon la législation actuelle, les suppléments en cas de fluctuations des prix des carburants ou des taux de change sont toujours autorisés, mais uniquement en vertu de conditions strictes:- la brochure de voyages comme le contrat de voyage (ou bon de commande) doivent indiquer clairement cette éventuelle révision du prix (à la hausse ou à la baisse), ainsi que le mode exact de calcul;
- le prix ne peut en aucun cas être augmenté (il peut par contre encore être baissé) dans les 20 jours précédant la date de départ;
- si le prix augmente de plus de 10 %, vous pouvez rompre le contrat sans indemnité et le montant intégral du voyage doit vous être remboursé immédiatement.
Les tour-opérateurs et agents de voyages proposent de plus en plus souvent un prix fixe, moyennant le paiement d'un acompte plus élevé. Vous pouvez négocier sur ce point lors de votre réservation. Si l'on vous réclame des suppléments, assurez-vous toujours que ceux-ci sont conformes à la loi. Si vous n'obtenez pas d'explications suffisantes, adressez-vous à Test-Achats, à Direction générale du contrôle et de la médiation (DGCM) auprès du SPF Economie ou à l'asbl Commission de litiges voyages.
Nos exigences
Comme le consommateur ne peut pas contrôler tous les suppléments ou les réductions non appliquées, c'est aux autorités de le faire. Ensuite, la loi sur les contrats de voyage, transposition d'une directive européenne de 1990, doit être adaptée aux besoins de l'époque : à savoir à la vente de tous les services de voyages, y compris les billets d'avion vendus séparément.
À ce propos, Test-Achats plaide pour la suppression du règlement de révision des prix : le prix d’un voyage ne devrait plus pouvoir être modifié une fois celui-ci réservé par le consommateur/voyageur. Le règlement existant conduit en effet non seulement à une incertitude juridique, à une certaine confusion et à des tracasseries administratives, mais est aussi en contradiction flagrante avec l'évolution extrêmement rapide des ventes sur internet et leurs prix "flexibles".
Avec le règlement actuel, les prix sont par ailleurs adaptés essentiellement dans un seul sens : à la hausse. Rares sont en effet les réductions. Thomas Cook s'est ainsi fait taper sur les doigts par l'inspection économique en novembre 2009 pour n'avoir répercuté que trop tardivement auprès du client la baisse des prix du kérosène durant l'hiver 2008-2009.

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