Sapins de Noël : le choix vert
Et par qui, ou par quoi se laisser guider dans ce choix entre sapin véritable ou artificiel ? L’odeur caractéristique du sapin est-elle absolument irrésistible à vos narines ? Ou, au contraire, le ramassage des aiguilles qui jonchent le salon après les fêtes est-il pour vous une corvée insupportable ?
Environnement
Vous pouvez aussi vous décider en fonction de critères environnementaux. Mais, faute d’études sérieuses à ce propos, les données chiffrées font cruellement défaut.
Evidemment, si l’on pense à l’énorme quantité de sapins commercialisés, la première idée qui vient à l’esprit est que les vrais arbres représentent une sérieuse ponction sur l’environnement : c’est par millions qu’ils sont coupés chaque année, partout dans le monde. Mais les arbres artificiels ne sont pas non plus sans effets négatifs sur l’environnement. Petit tableau de la situation.
Naturels, mais...
La Belgique est, avec l’Allemagne et le Danemark, un gros producteur de sapins de Noël. Une partie de cette production est destinée au marché belge; le reste va à l’exportation. Il s’agit donc bien d’une culture. En principe, on ne rase pas des forêts existantes pour répondre à l’importance de la demande.
Mais, ce qui est critiquable du point de vue de l’environnement, c’est la densité des plantations sur les terrains réservés pour la culture et l’utilisation d’engrais et de pesticides. Les arbres sont plantés tellement serrés qu’ils empêchent toute autre végétation de pousser sur le sol. Et, même une fois coupés, les vrais sapins ont encore un impact sur l’environnement. D’abord parce qu’ils doivent être transportés, et ensuite parce que beaucoup d’entre eux seront brûlés.
Après les fêtes. Même si l’on essaie de les replanter dans le jardin, cela ne réussit pas souvent. Bref, même si l’achat d’un vrai sapin donne l’illusion d’apporter un peu de nature chez soi, il ne faut pas s’en dissimuler les conséquences écologiques négatives.
Et les sapins artificiels ?
L’association néerlandaise de consommateurs Consumentenbond y a consacré une étude il y a quelques années.
La quasi totalité de ces arbres ont des aiguilles en PVC. D’autres parties sont souvent en polyéthylène, moins nocif. Plus grave: certains arbres renferment, en plus du PVC, d’importantes quantités de cadmium, de chrome ou de plomb. Les faux sapins sont souvent originaires de Chine, de Thaïlande ou du Vietnam, ce qui implique une plus grande pollution par le transport que pour les sapins véritables.
Mais, d’un autre côté, il faut évidemment tenir compte de ce que les sapins artificiels sont en principe conçus pour durer plusieurs années, alors que les vrais ne durent que l’espace des fêtes de fin d’une année.
Au total
Nos confrères néerlandais ont dès lors tenté de mesurer l’impact sur l’environnement des sapins véritables et artificiels pendant tout leur cycle de vie. Ils se sont donc intéressés à la consommation d’eau, d’énergie et de matières premières, aux rejets de substances polluantes dans l’air et dans l’eau, et aux résidus après combustion.
Pour les sapins artificiels, le problème vient surtout des métaux lourds libérés dans l’atmosphère quand on les brûle. Leur combustion produit également davantage de gaz carbonique (à effet de serre) que dans le cas des sapins véritables. En effet, brûler un arbre naturel donne à peu près la même quantité de gaz carbonique que celle qu’il a absorbée dans l’atmosphère au cours de son existence. Ce qui permet au Consumentenbond de conclure que, même si l’on n’achetait un sapin artificiel que tous les 20 ans, au lieu de 20 fois un sapin véritable chaque année, la balance pencherait encore en faveur du sapin naturel.
Enfin, la fabrication d’un sapin artificiel consomme à peu près la même quantité d’eau et cinq fois plus d’énergie que la production d’un sapin véritable.
Le mot de la fin
Conclusion: qu’on adopte un sapin véritable ou un arbre de Noël artificiel, chacun a un impact négatif sur l’environnement. L’argument selon lequel le choix d’un faux arbre permet d’épargner des forêts n’est en tout cas guère convaincant. La production, le transport et les résidus des sapins artificiels prélèvent également un lourd tribut sur l’environnement.Tout bien considéré, il est peut être préférable d’essayer de trouver un sapin avec ses racines, dans l’espoir qu’on pourra ensuite le replanter dans le jardin… pour autant qu’on en possède un. Dans ce cas, choisissez un arbre dont la motte de terre adhère fermement aux racines quand vous le secouez légèrement. Ensuite, mettez l’arbre dans un bac suffisamment grand et ne l’installez pas trop près d’une source de chauffage.
Arrosez-le régulièrement et aspergez de temps à autre ses branches avec de l’eau. Pour que l’arbre survive ensuite dans votre jardin, limitez autant que possible son séjour à l’intérieur. S’il s’avère impossible de le replanter, vous pouvez encore le composter. Et, si cela ne vous convient toujours pas, vérifiez si votre commune n’organise pas une collecte spéciale après les fêtes. Joyeux Noël !

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