Gardasil et Cervarix
En Belgique, depuis 2007, deux vaccins sont disponibles contre le papillomavirus humain (HPV) : le Gardasil et le Cervarix. Ils sont censés offrir une protection contre les infections par HPV et leurs conséquences. Principal intérêt évoqué : il peuvent prévenir le cancer du col de l’utérus. Il existe différents types de HPV. Ces deux vaccins protègent contre les types 16 et 18, responsables de 70 % des cas de cancers du col de l’utérus. Le Gardasil protège de plus contre les types 6 et 11, qui est la cause de 90 % des verrues génitales. Pour le moment, chez les jeunes filles, la vaccination est administrée en 3 injections. Il est préférable de les vacciner assez tôt, avant les premiers rapports sexuels. Les vaccins ont peu d’effets secondaires, à l’exception de réactions locales à l’endroit de l’injection. Dans un cas sur dix, on a également constaté de légères fièvres. Au vu des études réalisées, ces vaccins sont prometteurs. Le cancer du col de l’utérus est un problème de santé important. Si la vaccination permet de le réduire, nous ne pouvons qu’y souscrire. Nous estimons cependant qu’un grand nombre de conditions doivent être satisfaites avant de procéder à une vaccination à grande échelle.
- Aujourd’hui, 70 % des cancers sont dus aux HPV des types 16 et 18. Les deux vaccins offrent effectivement une protection contre ces deux types, mais ils sont inefficaces contre beaucoup d’autres types du HPV.
- En théorie, il se peut donc qu’une vaccination massive (ou d’autres causes) entraîne un glissement vers d’autres types du HPV. Autrement dit, il n’est pas inconcevable d’observer un accroissement du nombre de cancers provoqués par les virus sur lesquels le vaccin a eu un effet moindre ou nul. Les mesures nécessaires doivent donc être prises pour vérifier, de manière fiable, si le cas se présente ou non dans la pratique, afin de savoir avec certitude si la vaccination reste utile.
- En pratique, les études qui ont examiné l’efficacité du vaccin ne suffisent pas pour déterminer avec certitude son impact réel. Le vaccin sera peut-être beaucoup moins efficace qu’on ne l’espère. Il faut dès lors mettre en place un système sérieux permettant de vérifier, selon une méthode scientifiquement correcte, si le vaccin assure effectivement une diminution des décès imputables à ce cancer.
- Pour avoir une protection maximale, les jeunes femmes doivent être vaccinées avant d’être sexuellement actives.
- Selon des études récentes, la durée de protection va de 7 à 9 ans. Il n’y a toutefois pas encore de données connues en ce qui concerne l’efficacité et la sécurité à long terme. On ne sait donc pas si une répétition de la vaccination est nécessaire.
- Ce n’est pas parce qu’on est vacciné qu’il ne faut plus effectuer de dépistage du cancer du col de l’utérus. Le dépistage s’effectue actuellement par frottis (test PAP). Il serait dommage que le remboursement du vaccin se fasse au dépend de la création d’un dépistage correct et de qualité.
- Le risque existe que les jeunes filles pensent qu’elles sont vaccinées, et que donc un dépistage n’est plus nécessaire. Il serait dangereux de le croire. Il faut prendre des mesures pour éviter ce cas figure.
Les vaccins ne peuvent donc pas totalement être une garantie contre le développement d’un cancer du col de l’utérus. Un dépistage régulier par le biais de frottis reste nécessaire, que les femmes soient vaccinées ou non. Pour le médecin, c’est la seule façon de rechercher des anomalies qui peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus.
Les trois injections requises de Gardasil ou de Cervarix coûtent au total 376,2 €, mais sont entièrement ou partiellement remboursées. Les jeunes filles entre 12 et 18 ans payent, de leur poche, maximum 10,8 € par dose (soit un total maximum de 32,4 €). Contactez votre mutualité pour connaître le montant exact du remboursement.