La CREG enfonce des portes grandes ouvertes pour des changements dans le secteur de l'énergie !
26/10/2010
La constatation faite aujourd'hui par le régulateur fédéral, la CREG, ne nous surprend pas et la conclusion pointant les prix élevés à Bruxelles en comparaison avec d'autres capitales européennes peut probablement être extrapolée à l'ensemble du territoire, certes avec des résultats différents mais avec une tendance identique. Une comparaison menée par TA et publiée dans le magazine 533 de juillet/août 2009 avait déjà montré les prix plus élevés en Belgique : pour une consommation de 3500 kWh dont 1900 kWh en heures creuses (= profil de consommation moyen), le classement était le suivant :
– France : 414 €
– Espagne : 428 €
– Royaume Uni : 451 €
– Portugal : 460 €
– Pays-Bas : 658 €
– Belgique : 660 €
– Italie : 708 €
– Allemagne : 733 €
Le pays le moins cher était donc la France (414 €). La Belgique arrivait en 6ème position à 660 € (+ 59 %). L'Allemagne était le pays le plus cher.
Cependant, il est vrai que la situation à Bruxelles est particulièrement grave, du fait du manque de concurrence encore plus sensible dans la capitale par rapport à la Flandre et la Wallonie. Ainsi, depuis le retrait de Nuon de Bruxelles, la capitale ne compte plus que 3 fournisseurs pour le résidentiel : Belpower, Electrabel en position hyper-dominante et Lampiris.
Les coûts de distribution de Sibelga constituent, selon la Creg, un des facteurs expliquant les prix élevés à Bruxelles. Il est toutefois à noter que bon nombre de distributeurs en Wallonie et en Flandre pratiquent des tarifs de distribution au moins aussi élevés.
L'étude de la Creg est à mettre en rapport avec l'objectif gouvernemental de maintenir les prix de l'électricité dans la moyenne des prix des pays limitrophes. Nous en sommes apparemment encore loin : l'étude montre que pour un ménage bruxellois, l'électricité est 63 % plus chère que pour un ménage parisien. Notons qu'en France, il est conseillé aux consommateurs de rester dans le tarif régulé, un non-sens dans un marché pourtant libéralisé!
Il y a de toute évidence encore beaucoup de travail à faire et beaucoup de réformes à accomplir afin de rendre le marché bruxellois et par extension, le marché belge, concurrentiel au niveau du prix de l'électricité.
TA demande donc au prochain gouvernement de travailler sur les aspects suivants :
- une véritable concurrence et libéralisation sur la production ;
- une taxe juste et un juste retour de ce que les consommateurs ont payé pour l'amortissement du nucléaire ;
- des tarifs de distribution équitables pour l'ensemble des consommateurs belges ;
- et enfin, un véritable plan "énergie" pour mettre fin à la dépendance énergétique vis-à-vis de l'opérateur dominant.

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