Prix de l’énergie: frais de distribution trop élevés
Cela n’a rien de nouveau, les factures de gaz et d’électricité pèsent lourd sur le budget des ménages et de plus en plus de familles éprouvent des difficultés à honorer les échéances. La composante "énergie" de la facture joue bien sûr un rôle important et 2008 n’est pas si loin, où les prix des produits pétroliers et, parallèlement, le prix des factures énergétiques des ménages, ont connu une réelle envolée.
Beaucoup de consommateurs ont alors eu une mauvaise surprise lors de la réception de leur facture de régularisation. Mais cette composante énergie ne représente qu’une partie de la facture, à côté des tarifs de transport, de distribution, des prélèvements publics, des cotisations et des taxes.
Parmi ceux-ci, les tarifs de distribution constituent le deuxième élément ayant le plus grand impact sur la facture finale (ils pèsent pour environ un tiers du total de la facture). Leur future évolution à la hausse, malheureusement quasi certaine, est à surveiller de près.
Pourquoi une évolution à la hausse?
Début mai, Eandis, qui regroupe 7 intercommunales desservant plus de 200 villes et communes en Flandre, annonçait sa volonté d’augmenter ses tarifs de 20% afin d’absorber le coût plus important que prévu des certificats verts.Récemment, la Creg, régulateur fédéral qui a notamment en charge d’accepter (ou de rejeter) les propositions tarifaires des gestionnaires de réseaux, réagissait négativement face à de nouvelles augmentations possibles, à charge du consommateur.
La raison de ces nouvelles augmentations? Un solde négatif sur les "coûts non gérables", engendré par une demande énergétique plus faible provoquée par la crise économique. La couverture des coûts des gestionnaires de réseaux de distribution est donc insuffisante et le consommateur est invité à mettre la main au portefeuille!
Effets pervers
L’effet pervers a été introduit dans la législation en 2005, et il est pervers à deux niveaux.Le mécanisme expliqué ci-dessus signifie que le consommateur paie (au moins…) deux fois les effets de la crise: non seulement celle-ci l’a frappé et le frappe encore de plein fouet, mais il devra également supporter une augmentation de sa facture énergétique (la partie distribution) pour contrebalancer la demande en énergie plus faible.
Le deuxième mécanisme est encore plus pervers: une politique énergétique efficace basée sur l’isolation optimale des bâtiments privés et publics occasionnerait également une baisse de la demande en énergie, donc un solde des "coûts non gérables" négatif et par conséquent une nouvelle invitation aux consommateurs à financer l’insuffisance de couverture de ces coûts via les coûts de distribution de sa facture énergie. Difficilement conciliable et pour le moins inacceptable, principalement pour les personnes qui n’ont ni les moyens d’installer des panneaux solaires ni même d’optimiser l’isolation de leur habitation.
Une réflexion et une politique à long terme, svp
Ces constats ne remettent bien sûr pas en cause l’importance de réduire sa consommation et de favoriser toutes mesures générales en faveur de l’environnement et du climat, mais il appartient au législateur de veiller à éviter les effets pervers, négatifs et contre-productifs. Et pour cela, il faut une politique énergétique stable et une vision à long terme.
Dans Test-Achats de juillet, nous analyserons en détail les prix de l'énergie.

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