Vers une nouvelle "Pax Electrica"... de dupes ?
L’accord entre le gouvernement et GDF-Suez est signé ! Selon TA, il s’agit ni plus ni moins d’une victoire à la Pyrrhus et d’un nouvel accord de dupes dont le consommateur aura beaucoup de mal à sortir gagnant. Rappelons que les accords précédents, signés sous l’égide du Gouvernement Verhofstadt, n’ont toujours pas bénéficié aux consommateurs qui continuent, malgré les promesses, à payer leur électricité plus cher que les pays voisins. Suite (et fin ?) à peine orchestrée du ratage de la libéralisation…
Le marché énergétique belge se voit aujourd’hui plombé par un « accord » confortant Electrabel dans sa position dominante en échange d’une contribution financière au budget de l’Etat bien trop faible (moins de 200 millions d’euros par an entre 2010 et 2014) par rapport à la rente nucléaire estimée à plus d’un milliard d’euros par an. Tel est le point d’orgue des récents débats. Et ceux-ci, avec les enjeux économiques qui en résulteront, étaient d’une importance telle qu’ils ne méritaient vraiment pas un tel chaos au niveau de la réflexion sur l’avenir énergétique de notre pays !
D’un point de vue strictement tarifaire, aucune véritable garantie n’est offerte aux consommateurs. TA s’inquiète déjà sur le fonctionnement du « Comité de suivi », dont le rôle consistera à examiner les prix de l’énergie par rapport aux coûts de production et à veiller à ce que le prix final aux consommateurs reste dans les limites de ceux appliqués dans les pays limitrophes, option bien minimaliste s’il en est ! Qui fera partie de ce comité ? Disposera-t-il de tous les éléments pour remplir correctement sa mission, alors que tant de chiffres, pourtant essentiels, sont déjà considérés comme confidentiels ? Quels seront les liens et les inévitables rapports de force entre ce comité et le régulateur (Creg) qui dispose lui aussi d’une mission de monitoring ? Quel mécanisme mettra-t-on en place si les prix venaient à déraper ? Tout reste à faire, tout reste à définir ! De son côté, TA continuera à comparer les tarifs, sera attentif à l’évolution et n’hésitera pas à interpeller si nécessaire.
Depuis la loi de sortie du nucléaire, votée sans conviction en 2003 et presque caduque aujourd’hui, la Belgique rate l’occasion d’une réflexion approfondie sur son avenir énergétique. A cause de cela, de nombreuses questions fondamentales restent dépourvues d’une réponse claire. L’équilibre entre tarifs acceptables pour le consommateur, mix énergétique optimal ouvrant la voie aux énergies renouvelables et sécurité d’approvisionnement doit faire l’objet d’un véritable débat avec une vision politique à long terme, sans chantage ni tentative de manipulation.

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