Pesticides: pourquoi s’empoisonner ?
Il existe, sur le marché, toutes sortes de pesticides domestiques destinés à éliminer insectes, vermines, parasites, moisissures, rongeurs,… La plupart de ces produits sont à base de substances actives synthétiques, loin d’être inoffensives pour l’environnement et notre santé et surtout celle de nos enfants (pyréthrinoïdes, organophosphorés, carbamates, pyrazoles dont le Fipronil fort médiatisé récemment, organochlorés dont le paradichlorobenzène classé comme pouvant être cancérigène pour l’homme depuis avril 2004,…). Toutes ces substances présentent des dangers pour la santé, à des degrés divers. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs interdites dans l’agriculture mais sont encore très présentes dans les biocides parce que leur évaluation est plus tardive.
Les effets sur la santé peuvent être pernicieux …
Il est très difficile de faire le lien entre une substance active d’un produit et certains effets sur la santé. Car ces substances chimiques font partie d’un mélange de substances dans lequel nous baignons tous les jours et qui plus est, les effets sur la santé ne se manifestent souvent qu’après des années d’exposition. Si les effets de toxicité aiguë de ces produits sont connus, les conséquences potentielles à plus long terme le sont beaucoup moins car plus insidieuses, donc moins bien documentées, mais les effets mutagènes, cancérigènes, tératogènes, immunodépresseurs et hormonaux posent question dans bien des cas. Bien sûr, les substances actives présentes dans les biocides domestiques sont en moindre concentration que dans les pesticides à usage agricole. C’est pourquoi, les intoxications aiguës accidentelles sont plus rares. Mais des données scientifiques récentes tendent à démontrer que même à faibles doses certaines substances chimiques peuvent avoir des effets néfastes surtout pour la santé des enfants. Et c’est pourquoi, dans tous les cas, le principe de précaution doit prévaloir. Même si de nombreux chercheurs restent "réservés" dans leurs conclusions, une grande prudence s’impose, surtout lorsque des enfants ou des femmes enceintes sont exposés aux pesticides quels qu’ils soient.
Modération et prévention valent mieux qu'exposition au poison
Bien que l’étiquette de ces produits témoignent du danger par les symboles adéquats ou par des avertissements d’usage, les consommateurs les achètent bien souvent sans discernement. Pourtant les risques pour la santé sont réels et l’impact sur l’environnement souvent néfaste. Il est dès lors nécessaire de bien lire les étiquettes et de recourir, en cas de nécessité, qu’aux produits n’affichant pas les sigles « nocif », « toxique » ou « dangereux pour l’environnement ».
Plusieurs seront interdits ultérieurement, mais sont encore en vente libre pour plusieurs années !
Les consommateurs pourraient être tentés de croire que tous les biocides vendus dans le commerce sont inoffensifs pour l’homme. Pourtant, ce n’est pas le cas. Pour réglementer notamment toutes les substances actives entrant dans la composition des biocides, une directive européenne a vu le jour en 1998. Dans le cadre de cette législation, les substances actives font l’objet actuellement d’une évaluation (qui devrait être achevée pour 2014) pour pouvoir être intégrées dans la liste "positive" de la Directive, ce qui les autorisera à être vendues. Il est plus que probable que plusieurs produits actuellement sur le marché soient retirés de la vente après cette évaluation. En attendant... ils sont toujours en vente libre. Pour l’instant, d’ailleurs, certaines substances qui ont été évaluées négativement pour les pesticides agricoles (directive de 1991) sont toujours autorisées dans les biocides car l’évaluation pour ces derniers a démarré plus tard.
Campagne de prévention:Les guides pratiques des Ministres de l’Environnement et de la Santé Publique …
En Belgique, un arrêté royal du 22 mai 2003 réglemente la mise sur le marché de ces produits par l’octroi d’une autorisation par le Ministère de l’Environnement. Et en 2005, le gouvernement fédéral belge a lancé un programme de réduction des pesticides à usage agricole et des biocides. L’objectif est de diminuer d’ici 3 ans de 25 % les risques liés aux applications dans l’agriculture et de 50 % les risques liés à l'usage hors agriculture, dont l’usage ménager.
Dans ce contexte, le Ministre de la Santé publique, Rudy Demotte et le Ministre de l’Environnement, Bruno Tobback, ont pris l’initiative de réaliser des fiches pratiques de sensibilisation destinées au grand public. Ce sont des solutions concrètes, afin d’éviter le recours systématique aux pesticides et biocides dans la maison ou le jardin. Dans la plupart des situations, des mesures simples de prévention permettent de limiter les nuisances des "indésirables". Ces fiches pratiques seront largement diffusées, notamment par Test Achats.
Un cas particulier: les antimites … Test Achats demande le retrait de deux produits!
Certains antimites synthétiques sont de véritables poisons. Qui ne connaît l’odeur caractéristique des boules antimites qui rappelle les armoires de nos grand-mères ? Mais savez-vous que ces billes de naphtalène cristallisé sont toxiques et peuvent provoquer maux de tête et nausées. Le naphtalène n’est d’ailleurs plus autorisé dans les pesticides agricoles. D’autres boules antimites sont à base d’une substance similaire, également soupçonnée cancérigène et fortement nocive pour les organismes aquatiques, le paradichlorobenzène. Test Achats a ainsi pu acheter des "Lavanda pastilles parfumées" (Nicols) au paradichlorobenzène qui ne mentionnait pas de numéro d’autorisation et des "Naphtaline" (K&Co) au naphtalène également sans numéro d'autorisation. Ils affichent cependant le sigle "nocif" et Lavanda précise même "effet cancérigène suspecté". D'autre part, ces produits sont conditionnés de manière particulièrement dangereuse pour les enfants : ils ressemblent à des paquets de bonbons à la menthe. Certains ne portent même pas de mention "antimite". Pour Test-Achats, tous les produits contenant ces 2 substances actives doivent être retirés du marché. Un bon entretien des armoires et le rangement des vêtements dans des housses ainsi que l’utilisation de bois de cèdre rouge ou de savon d’Alep sont préférables à l'utilisation de ces produits toxiques.

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