Comptes d'épargne : faites jouer la concurrence !
18/1/2012
Ne laissez plus végéter votre argent sur les comptes d’épargne classiques des grandes banques (BNP Paribas Fortis, Dexia, ING ou KBC), conseille Test-Achats. Les simulations de Test-Achats invest montrent en effet que ces comptes, qui drainent pourtant encore des dizaines de milliards d'euros, offrent moitié moins d'intérêts que les comptes d’épargne les plus généreux. Pour l'épargnant, cela signifie un manque à gagner de plusieurs dizaines voire centaines d'euros par an.
Test-Achats plaide pour un taux unique de rémunération du compte d’épargne, octroyé sans condition qui engloberait le taux de base et la prime de fidélité. Test-Achats a déjà formulé cette demande au Ministre de l'Economie et des Consommateurs, Johan Vande Lanotte. En attendant, Test-Achats exige que les banques expliquent à leurs clients quand ils peuvent prélever leur épargne sans courir le risque de perdre leur prime de fidélité. En effet, les banques abusent du système actuel. Ainsi, Dexia offre sur son Compte Epargne Fidélité une très haute prime de fidélité de 1,50 % et un taux de base très maigre de 0,50 %. Si le consommateur perd la prime de fidélité (peu de consommateurs ont une vue précise des anniversaires des versements), il ne lui reste quasi rien en terme d'intérêts.
Test-Achats met en ligne un nouveau module de calcul pour tous les épargnants qui souhaitent calculer combien rapportent leurs économies, auprès de quelle banque et suivant leur propre rythme d'épargne.
www.test-achats.be/comparercompteepargne
www.test-achats.be/invest/comparercompteepargne
Les réticences des grandes banques face au jeu de la concurrence
Osons ce vilain mot dans l’esprit des grandes banques et de nos autorités : faites jouer la concurrence ! Un vilain mot car selon elles, cela pourrait nuire à la sacro-sainte stabilité du secteur bancaire. Et de s’entendre dire qu’en dirigeant les épargnants vers les petites banques, plus généreuses, cela pourrait déstabiliser les grandes, déjà très affaiblies. A ce qu’on sache, la crise actuelle, ce n’est quand même pas le petit épargnant qui en est responsable, mais bien la spéculation effrénée des banques !
On relèvera d’ailleurs certaines entorses à ce credo. Ainsi, quand le Gouvernement a fait appel à l’épargne publique fin 2011, récoltant au passage 6 milliards d’euros via les bons d’Etat, il ne s’est plus guère soucié de la stabilité du secteur financier, sachant pourtant qu’une bonne partie de cet argent proviendrait des comptes d’épargne…
Un autre argument choc qui nous a souvent été rétorqué par le secteur bancaire : favoriser la concurrence pourrait obliger les grandes banques à relever leurs taux, ce qui rendrait alors le crédit plus cher à son tour. Mais Test-Achats n’exige en aucune manière que les grandes banques relèvent leurs taux, qu’elles sont d’ailleurs en droit de fixer librement. Il existe suffisamment d’autres comptes d’épargne intéressants en Belgique. Ce que Test-Achats n’accepte pas, par contre, c’est qu’on entrave la liberté de choix du consommateur.
Une rémunération opaque voire trompeuse … qui a assez duré
Pour freiner l’envie des épargnants de changer de banque, les autorités financières de ce pays (la CBFA hier, la Banque nationale aujourd’hui) ont, en parfait accord avec les grandes banques, introduit en 2009 une prime de fidélité minimum obligatoire. L’épargnant reçoit ainsi un taux de base et, s’il maintient son argent suffisamment longtemps en compte (douze mois), une prime de fidélité. De quoi le décourager à bouger son épargne, au risque de perdre sa prime de fidélité. Le jeu n’en vaut pas la chandelle, se dit-il, erronément. Ce faisant, cela assure aux grandes banques, qui recueillent encore un bon 70 % de l’épargne en Belgique, de maintenir leur confortable position. Notons néanmoins que ce n’est pas la prime de fidélité qui a retenu les clients de Dexia de retirer en masse leur épargne lorsque la banque allait au plus mal. La prime de fidélité, garante de la stabilité financière, pas sûr…
Voilà autant de mauvais prétextes qu’on nous sert dans le but de maintenir les taux aussi faibles que possibles, comme si l’épargnant devait payer deux fois la crise. Mais le mécanisme du compte d’épargne, tel qu’il existe aujourd’hui, a d’autres effet pervers. Ainsi, serait-il imaginable que les consommateurs paient leurs courses plus cher à la caisse que les prix affichés en rayon ? Plus cher leur crédit que le taux repris dans leur contrat ? Non, bien entendu, ce serait même illégal. En matière de comptes d’épargne, les banques et nos autorités semblent pourtant trouver normal que l’épargnant reçoive moins que le rendement affiché. Nos simulations le prouvent à souhait. Dans certains cas, il reçoit un bon demi pourcent de moins que ce qui lui a été promis ! En cause, la prime de fidélité tombée aux oubliettes parce qu’il a retiré son argent trop tôt. Trop tôt, alors que le retrait est parfois intervenu plus d’un an après le versement initial ! Pendant ce temps, la banque peut afficher des taux attrayants et séduire davantage d’épargnants.
Le système est donc à revoir, d’autant que certaines banques en usent et en abusent. Que penser ainsi de Dexia qui, sur le Compte Epargne Fidélité, offre une prime de fidélité très élevée (1,50 %), mais un taux de base maigrichon (0,50 %). Que reste-t-il si l’épargnant perd le droit à la prime… quasi rien ! Et Dexia, encore elle, vient de lancer deux nouveaux comptes d’épargne, mettant aussi en avant une prime de fidélité élevée (1,50 %) pour les versements en janvier. Mais pour les versements réalisés dès le mois de février, la prime retombera à… 0,25 %. L’épargnant qui ne prend pas garde de verser alors son épargne sur un autre compte sera bel et bien piégé. On est proche de l’arnaque.
Une arnaque à grande échelle car, compte tenu des nombreux versements et retraits opérés sur un compte d’épargne au fil des ans, compte tenu des changements de réglementation intervenus entre-temps, il est tout simplement impossible pour l’épargnant de savoir quand il peut retirer son argent sans risquer de perdre sa prime de fidélité, si tant est qu’il est possible de retirer cette épargne sans perdre la prime.
Test-Achats plaide pour un taux unique de rémunération du compte épargne et des informations claires
Alors que le Gouvernement a promis de simplifier davantage le compte d’épargne, et comme le soutiennent les 80 000 personnes qui ont signé à ce jour notre pétition, Test-Achats réclame le maintien d’un seul taux, octroyé sans conditions, qui engloberait le taux de base et la prime de fidélité. En attendant, nous exigeons des banques qu’elles communiquent clairement à leurs clients quand ils peuvent retirer leur épargne sans risquer de perdre leur prime de fidélité. Et en cas de retrait précipité, qu’elles les informent du montant de la prime perdue. Ces informations manquent cruellement aujourd’hui. La mise à disposition d’un document standardisé permettrait d’y remédier.
Un nouveau calculateur contribuera à une plus grande transparence
De son côté, Test-Achats met ce lundi un nouveau calculateur en ligne, qui tient compte des spécificités des comptes d’épargne (règles de calcul de la prime de fidélité, dates valeur, variation des taux en fonction du montant en compte…). Chaque épargnant peut ainsi calculer combien rapportera son épargne dans chaque banque, au rythme de ses versements (un seul ou plusieurs versements, pour la durée de son choix). Et il pourra ainsi choisir le compte d’épargne le plus approprié à son profil. Ce calculateur fonctionne aussi pour les comptes destinés aux enfants.
Le nouveau calculateur est accessible à tous gratuitement jusque fin janvier. Il est disponible :
– sur le site de Test-Achats : www.test-achats.be/comparercompteepargne
– sur le site de Test-Achats invest : www.test-achats.be/invest/comparercompteepargne

Favoris
Email
Google
Myspace
Facebook
Live
Del.icio.us
Twitter
