Comptes d'épargne : le plafond de 4 % étrangle la concurrence
11/7/2008
Pour rappel, le 20 juin dernier, Test Achats a envoyé une lettre ouverte au Ministre des Finances demandant la suppression du plafond de 4%. Depuis, Test Achats attend une démarche officielle qui, de jour en jour, s’impose de plus en plus vu l’évolution actuelle du marché et les dernières tendances inflationnistes.
La Commission des Finances de la Chambre se penchera ce lundi sur le plafond limitant la rémunération des comptes d’épargne. Les comptes d’épargne sont en effet soumis à un certain nombre de conditions pour que leurs détenteurs puissent prétendre à l’exonération de précompte mobilier à concurrence des 1 660 premiers euros d’intérêts. L’une d’entre elles concerne le plafonnement du taux de base à 4 %.
Une proposition de loi veut porter ce plafond de 4 à 5 %. Test Achats plaide de son côté pour la suppression pure et simple du plafond. Pourquoi en effet maintenir un plafond, au risque de reporter le problème à plus tard, quand on sait par ailleurs que le niveau actuel de l’inflation (5,8 % en juin) dépasse déjà le nouveau plafond proposé. En supprimant tout plafond, les banques qui le souhaitent pourront aligner la rémunération offerte sur les conditions du marché.
Cela maintiendra aussi la concurrence entre banques. Depuis que les grandes banques (Dexia, ING, Fortis et KBC) proposent un compte d’épargne offrant un taux de base de 4 %, le maximum légal, comment les outsiders peuvent-ils en effet se démarquer ? La situation actuelle pourrait étouffer la concurrence, ce qui serait favorable aux banques disposant déjà d’une part de marché élevée, mais pénaliserait, à terme, les plus petites institutions et, in fine, l’épargnant.
Dans ce débat, halte aussi aux poncifs habituels. Non, la suppression du plafond n’entraînera pas une nouvelle guerre des taux entre les banques qui pourrait, à force de surenchère, mettre à mal leur solvabilité. Le secteur est d’ailleurs suffisamment contrôlé à cet égard. Non, la suppression du plafond ne se répercutera pas sur le coût du crédit. Les banques ne se sont-elles d’ailleurs pas déjà opposées au système de subsidiation croisée ?
Par contre, la suppression du plafonnement du taux de base rend obsolète l’existence des primes d’accroissement et de fidélité, dont Test Achats réclame depuis plusieurs années la suppression tant leurs conditions d’octroi, qui varient d’une banque à l’autre, sont complexes et peu transparentes. Test Achats plaide par conséquent pour le maintien d’un taux unique. Des voix s’élèvent régulièrement pour affirmer que les primes d’accroissement et de fidélité visent, dans un cas, à encourager l’effort d’épargne, dans un autre, à stabiliser l’encours en compte d’épargne. La récente actualité prouve cependant que ces discours sont aujourd’hui dépassés. Même les grandes banques axent à présent la rémunération sur le seul taux de base, maintenant les primes au niveau symbolique de 0,01 %.
L’évolution de l’offre des banques et des conditions du marché démontre à suffisance le besoin urgent de réformer le compte d’épargne. Test Achats réclame la suppression du plafond de rémunération et le maintien d’un taux unique.
Monsieur le Ministre, Mesdames, Messieurs les parlementaires, faites sauter le plafond, c’est le moment, c’est l’instant… Vous améliorerez ainsi le pouvoir d’achat si durement éprouvé et vous rendrez l’épargne plus attrayante en ces temps si durs pour certains.

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