Comptes d'épargne : une réformette à l'avantage des grandes banques
10/9/2008
Ces nouvelles propositions visent la suppression définitive des primes d’accroissement et de fidélité et le maintien d’un taux unique. En ces temps difficiles pour le pouvoir d’achat, il est plus qu’urgent de poser un geste politique enfin positif …
Un combat de longue haleine !
Cela fait des années que Test Achats plaide pour une simplification du compte d’épargne. Car s’il a la cote auprès du grand public, il pèche malheureusement par un manque de transparence qui entrave inutilement la concurrence au détriment de l’épargnant. L’abandon d’un système belgo-belge de primes d’accroissement et de fidélité au profit d’un taux unique contribuerait à cette transparence souhaitable. Dans les faits, plusieurs acteurs de taille modeste ont délibérément opté pour ce système plus transparent. Et le succès qu’ils rencontrent est tel qu’aujourd’hui, les dinosaures du secteur ont été forcés de réagir. Sans doute pas de gaieté de cœur.
Une réformette en cours, résultat du lobby des Big Four !
A l’heure donc où un vent de saine concurrence souffle sur le secteur, des voix s’élèvent pour « calmer le jeu ». Résultat d’un puissant lobby, un projet d’arrêté royal est en cours de préparation en vue de réformer le compte d’épargne. Mais plutôt que de progrès, ce qui se mijote s’apparente plutôt à une marche arrière. La proposition vise à réhabiliter la prime de fidélité qui devrait atteindre au moins 25 % du taux de base. Ne vous leurrez pas, une banque qui propose aujourd’hui un taux de base de 4 % n’offrira pas demain 4 + 1. Non, la rémunération globale restera à 4 %, avec sans doute un taux de base de 3,20 % et une prime de fidélité de 0,80 % dont le bénéfice ne sera jamais assuré … même pour les plus fidèles !
Derrière les discours officiels du Ministre et du secteur …
Officiellement, il s’agit de stabiliser l’épargne, la prime de fidélité devant éviter que les épargnants ne réalisent de trop fréquents allers-retours sur leurs comptes. Mais à qui cela profitera-t-il le plus ? Aux banques disposant déjà d’une solide part de marché, qui pourront retenir plus facilement leurs clients, tandis que les petites banques ne pourront plus mettre en avant un taux de base élevé pour attirer de nouveaux clients. Au nom de la stabilité du système bancaire, dont aucune étude n’a prouvé aujourd’hui qu’elle pouvait être menacée par le comportement des épargnants, c’est la concurrence qu’on affaiblit. Or, sans cette fameuse concurrence, quelle grande banque proposerait aujourd’hui 4 % et plus à ses clients, au lieu du maigre 2 %, voire moins dont elles nous gratifiaient voici encore quelques mois ?
Un peu de courage pour un meilleur pouvoir d’achat : Test Achats fait des propositions à la CBFA et au Ministre des Finances …
- Test Achats propose le maintien d’un seul taux pour le compte d’épargne : un taux qui devra s’appliquer à l’ensemble des avoirs en compte et qui sera calculé au prorata de la durée du placement.
- Le taux pourra être modifié à tout moment, en fonction de l’évolution des marchés. Test Achats soutient à cet égard l’idée d’une liaison à une référence neutre comme le taux officiel de la Banque centrale européenne. Le décompte annuel des intérêts récapitulera les éventuelles modifications.
- La banque qui le souhaite pourra garantir ce taux pendant une durée déterminée, à condition de mentionner la durée de la garantie à ses clients.
- Test Achats propose enfin un meilleur encadrement des actions temporaires visant à attirer de nouveaux dépôts. S’il est de bonne guerre de tenter d’attirer de nouveaux capitaux en les rémunérant davantage que l’épargne existante, les comptes à plusieurs vitesses (rémunération différentes sur un même compte pour des versements différents) ne permettent toutefois pas à l’épargnant de disposer d’une image fidèle de la rémunération de son épargne. Pour accroître la transparence à ce niveau, l’ouverture d’un compte distinct pour les campagnes promotionnelles constitue la piste à privilégier. Le concept du compte distinct, qui a été largement exploité dans le marché (Axa avec son compte d’épargne I-Plus Welcome ou encore les nouveaux comptes « Internet » chez Fortis, ING, ou encore Dexia), pourrait servir de base à un tel système.
Exemple : Le compte A offre un taux de 3 %. La banque souhaite offrir pendant 6 mois un taux de 4 % sur les nouveaux versements. Ces nouveaux versements devront s’effectuer sur le compte B. Après 6 mois, si la rémunération retombe à 3 %, les avoirs dans le compte B pourront être ajoutés aux avoirs dans le compte A, de telle sorte qu’après la période de promotion, il ne restera plus qu’un seul compte, ce qui évitera de multiplier inutilement les comptes.

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