Dexia, crise de la dette et épargnants
4/10/2011
La crise économique et financière mondiale fait la une des médias. Au fil des événements, les infos soufflent le chaud et le froid, semant parfois la panique, souvent l’inquiétude et de toute façon de nombreuses interrogations. L’affaire Dexia vient encore un peu plus semer le doute. Des interrogations soumises aux conseillers du service d’aide individuelle de Test-Achats. En voici un échantillon représentatif, avec la réponse des experts de Test-Achats Invest, pour vous rassurer et vous aider à réagir en bonne connaissance de cause.
Pas de panique
La chute des Bourses est-elle terminée ? Comment se positionner suite aux mouvements récents ? A très court terme, les Bourses resteront volatiles. Elles réagiront plus aux rumeurs générales (dettes souveraines, croissance économique, santé des pays émergents…) qu’à la santé des entreprises (meilleure qu’en 2008/2009, grâce aux assainissements). En août, les Bourses ont croulé sous un flot de nouvelles négatives. Elles restent néanmoins à un niveau supérieur à celui connu lors de la crise de 2008/2009. Il n’y a donc pas vraiment péril en la demeure.
Le secteur bancaire est –il prêt à s’écrouler ?
Les banques disposent-elles d’assez de capitaux pour résister? Surtout si la Grèce, voire l’Italie et l’Espagne, ne devaient plus être capables de rembourser leurs dettes, à l’heure même à laquelle les banques éprouvent des difficultés à se financer au jour le jour.
Une banque qui manque de capitaux, doit procéder à des augmentations de capital. Elle émet ainsi de nouvelles actions, de sorte que son bénéfice est réparti sur un plus grand nombre d’actionnaires. Chaque actionnaire a dès lors droit à une part réduite du gâteau. Si elle ne trouve pas assez de capitaux privés, l’Etat doit prendre le relais. En dernier recours, une nationalisation n’est pas à exclure. Autant de perspectives qui effraient les actionnaires et font chuter les cours.
Le cas Dexia
Même si les actionnaires peuvent être inquiets vu les développements du dossier (démantèlement, nationalisation ou autre hypothèse) et l’évolution du cours de bourse, cela ne porte pas préjudice aux protections des épargnants et clients de Dexia. Les garanties prévues légalement et dont on parle ci-après sont opérationnelles, d’autant plus que les pouvoirs publics sont actionnaires de la banque. Il n’y a donc pas lieu de se précipiter en agence pour retirer son argent. Par ailleurs, un éventuel démantèlement ou reprise de l’enseigne ne change rien aux prêts hypothécaires, aux crédits à la consommation et aux contrats d’assurances en cours.
Pas d’énorme danger
Le secteur ne va pas disparaître. Pas question de laisser aller en faillite une institution bancaire, grande ou moyenne. Car si tout sauvetage à un coût, celui-ci sera toujours moindre que l’impact de la perte de crédibilité à l’égard du secteur et que les retombées économiques négatives.
Quid de mon épargne si ma banque fait faillite ?
• Même si les nouvelles sont mauvaises pour l'actionnaire, la faillite d’une banque, chez nous, reste très hypothétique.
• Mais pour rassurer l’épargnant, tous les Etats membres de l'Union européenne, ont décidé, dès la précédente crise en 2008, que si jamais une banque devait malgré tout tomber en faillite, les avoirs des clients seraient protégés à concurrence de 100 000 euros par personne et par banque. Si vous possédez plus, répartissez vos avoirs dans plusieurs banques.
Le fonds de garantie est-il assez solide pour supporter la faillite d’une grosse banque ?
• Certes, les avoirs actuellement en possession du fonds (moins d'un milliard, fin 2010) seraient insuffisants pour rembourser les milliers de fois 100 000 euros à payer aux clients en cas de faillite d'une grosse banque. Mais ce n’est pas une raison pour paniquer. Car le système prévoit que l'Etat vienne combler l'insuffisance du Fonds de garantie en cas de besoin.
• De toute façon, cette situation reste très théorique. Car plutôt que de laisser la situation s’empirer jusqu’à l’extrême de la faillite, et devoir ainsi rembourser des milliers de clients, l'Etat agira plutôt en amont, pour éviter la faillite, comme il l'a fait depuis 2008. Comment? En octroyant des garanties à la banque en difficultés, pour qu'elle puisse continuer à se financer et trouver de nouveaux actionnaires avec des capitaux frais, voire, en dernier recours en nationalisant l’institution.
Fragilité des banques, dettes des Etats, chute des Bourses… où se réfugier ?
Même si notre système financier devait s’écrouler un jour, il existerait toujours des valeurs refuge. Y investir permet de diminuer la volatilité d’un portefeuille. Lorsque les marchés boursiers baissent, les valeurs refuge prennent généralement le chemin inverse. Outre l’immobilier (voir plus loin), les valeurs refuge les plus célèbres sont l’or et le franc suisse.
L’or
• Malgré son récent repli, la hausse du cours de l’or depuis début 2011 reste de 13 %; depuis début 2010, elle est de 56 %. Malgré cela, les conditions sont toujours réunies pour qu’il se maintienne à un niveau élevé. Tant que les problèmes économiques persisteront, son cours restera soutenu. D’autant que les banques centrales en achètent à nouveau pour diversifier leurs réserves et que les Asiatiques sont friands de bijoux en or, ce qui soutient la demande.
• Un placement en or (physique) reste dès lors recommandé dans un portefeuille diversifié, pour 5 % maximum
Le franc suisse
• La Suisse, de par sa neutralité, a toujours été considérée comme un havre de paix. Sa banque centrale est aussi réputée pour sa capacité à contrôler l’inflation et possède de copieuses réserves en or. Le franc suisse bénéficie dès lors dans l’esprit collectif du statut de valeur refuge.
• Mais pour l’heure, la sécurité qu’offre le franc suisse se paie au prix fort. Le franc suisse est surévalué face à l’euro et la banque centrale suisse est même intervenue pour stopper sa progression.
Quel avenir escompter pour les taux des comptes d’épargne ?
• Le rendement des comptes d’épargne dépend surtout du niveau des taux à court terme. Si on ne s’attend pas à une hausse de ces taux à dans l’immédiat, la rémunération des comptes d’épargne a tendance à faire du surplace.
• Les comptes d’épargne des grandes banques offrent aujourd’hui un rendement total de 1,25 à 1,50 %, ce qui ne compense pas les attentes inflationnistes en Belgique (3 % en 2011, 2,30 % en 2012). Il faut dès lors plus que jamais privilégier les banques plus généreuses. Avec une même sécurité, elles offrent 2 à 2,50 %.
Que faire face aux placements en obligations, comptes à terme, bons de caisse… ?
Vu que les taux actuels sont peu élevés, évitez les placements de longue durée. Car les taux ne peuvent quasi qu’augmenter, et dans ce cas, le cours des obligations existantes baissera (elles seront délaissées par les investisseurs puisqu’il sera possible d’acheter de nouvelles obligations offrant davantage). Vous devriez alors choisir entre conserver des obligations rapportant peu ou essuyer une moins-value en les vendant pour réinvestir dans d’autres.
La crise bancaire a-t-elle une influence sur les prêts hypothécaires ?
• Jusqu’ici, malgré les difficultés des banques, l’accès au crédit hypothécaire n’a pas été restreint. Si le montant emprunté ne dépasse pas 100 % de la valeur du bien, il n’y a pas de conditions plus strictes qu’avant (mais bien au-delà de 100 %).
• Quant aux taux hypothécaires, comme pour les taux à long terme, on ne s’attend pas à ce qu’ils progressent dans l’immédiat. Certes, si les banques veulent gagner davantage ou si le rendement des emprunts d’Etat belge augmente (à cause de l’endettement élevé du pays), les taux hypothécaires pourraient suivre. Mais rien de tel n’est prévu pour le moment.
Test-Achats invest (www.test-achats.be/invest) est la division de l'Association des consommateurs Test-Achats chargée de conseiller les investisseurs pour leur épargne et leurs placements, ainsi que de défendre leurs intérêts. Plus de 50 analystes financiers, répartis dans différentes villes européennes (Bruxelles, Lisbonne, Luxembourg, Madrid et Milan), suivent l'actualité économique nationale et internationale et l'évolution des marchés boursiers. Ils réalisent des analyses en toute indépendance et fournissent des conseils objectifs pour tous les investisseurs.

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