Test-Achats

Les grandes banques « soldent » les comptes d’épargne 


Les grandes banques « soldent » les comptes d’épargne: rémunération de base indigne et promotions hasardeuses …

Comme si les grandes banques succombaient elles aussi à la mode des soldes, elles nous abreuvent de leurs promotions temporaires sur les comptes d’épargne et nous font croire que ce sont de bonnes affaires. « 1,50 % + 2 % » et même « 4 % ». Ce sont les rendements que mettent actuellement en avant, à grand renfort de publicité, de nombreuses banques pour leur compte d’épargne. Il ne s’agit que de promotions temporaires par lesquelles les banques tentent de séduire, comme c’est le cas chaque année à cette époque, de nouveaux clients pour accroître leur part de marché. Autant d’offres qui ne correspondent pas aux attentes d’un épargnant normalement constitué car dans quelques mois, les épargnants devront de nouveau se contenter d’une rémunération plus faible, ne dépassant souvent pas les 2 %. Test Achats recommande donc aux épargnants, plutôt que de souscrire à ces offres promotionnelles, forcément limitées dans le temps, de placer leurs économies auprès des quelques banques offrant de bonnes conditions toute l’année, sans autres conditions. Sur base d’une nouvelle comparaison tenant compte de ce que recherche réellement le petit épargnant, Test Achats recommande en ce moment ABN Amro, Cortal Consors, DHB Bank, Finansbank, Keytrade Bank, Rabobank.be et Robeco.

 

La comparaison : l’heure de vérité !
Comme il ressort de l’enquête menée par Budget Hebdo, la revue financière de Test Achats, auprès des institutions de notre pays, le jeu en vaut assurément la chandelle. A conditions constantes tout au long de l’année et avec un scénario réaliste tel que retenu par Budget Hebdo, le montant d’intérêts qu’un épargnant pourra obtenir auprès des banques recommandées par Test-Achats sera fin 2007 jusqu’à près de 60 % plus important que celui qu’il obtiendrait dans les grandes banques et même jusqu’à 90 % plus élevé si on considère l’offre la moins généreuse du marché.

Test Achats regrette qu’un tel écart puisse exister et pointe du doigt les grandes banques de notre pays (Dexia, Fortis Banque, ING et KBC) qui tardent à relever leurs taux alors que les conditions actuellement en vigueur sur les marchés financiers le permettraient. Heureusement, d’autres banques ont déjà à plusieurs reprises augmenté leurs taux. Les explications régulièrement avancées selon lesquelles les petites banques peuvent plus facilement octroyer de meilleures conditions parce que leurs coûts sont réduits (peu d’agences, personnel réduit) semblent de moins en moins convaincantes au fur et à mesure que se creuse l’écart entre petites et grandes institutions, d’autant plus que ces dernières réduisent également le nombre d’agences et le personnel au guichet.

Rémunération indigne des grandes banques : réveiller les comptes dormants et inertes
Test Achats voit surtout dans cet écart le fait que les grandes banques se reposent sur la fidélité, pour ne pas dire l’inertie, de leurs clients pour leur proposer de très faibles conditions. Il faut en effet savoir que les quatre grandes banques de notre pays, alors qu’elles proposent pourtant les conditions parmi les plus faibles du marché, recueillent à elles seules près de trois quarts de l’encours des comptes d’épargne, qu’on estime actuellement à plus de 150 milliards d’euros. Test Achats lance donc un appel aux grandes banques pour qu’elles remédient à cette situation, de façon à ce que l’épargnant, où qu’il soit, puisse obtenir une juste rétribution pour son effort d’épargne. Test Achats recommande également aux épargnants de ne pas céder à la tentation des offres temporaires et d’envisager de faire des infidélités à leur grande banque choisie souvent pour des motifs peu rationnels …

Un système de calcul complaisant pour les grandes banques …
Test Achats juge aussi que la suppression des dates valeur ce 1er janvier et l’entrée en vigueur à cette date du nouveau code de conduite concernant l’information et la publicité au sujet des dépôts d’épargne sont des mesures nettement insuffisantes pour régler le problème de transparence dont souffrent encore aujourd’hui les comptes d’épargne. Les informations communiquées par les banques, si détaillées soient-elles, ne sont pas du tout compréhensibles pour l’épargnant moyen. Mais pourrait-il en être autrement tant que le mode de calcul des intérêts des comptes d’épargne restera à ce point complexe ? Le maintien des primes d’accroissement et de fidélité, soumises à de nombreuses conditions, rend en effet toujours hasardeuse la comparaison entre comptes d’épargne sur base des taux mis en avant, comme le prouvent les résultats de la simulation en annexe. Un comble pour un produit aussi populaire que le compte d’épargne. Test Achats continue donc de réclamer une simplification accrue des comptes d’épargne. Le fait que plusieurs banques ont déjà entamé cette démarche et appliquent aujourd’hui des conditions transparentes, en proposant un taux de base sans primes ou promotions trompeuses, montre bien que cet objectif pourrait être rapidement atteint.

Les vrais chiffres
Les résultats sont frappants. Ce n’est pas auprès des banques dont on pourrait penser qu’elles offrent les meilleures conditions (« 1,50 % + 2 % », « 4 % ») que les épargnants recueilleront le plus d’intérêts fin 2007. Au contraire même, ces banques se situent plutôt dans le fonds du classement. Les raisons sont multiples. D’une part, seuls les nouveaux versements bénéficient de ces taux d’intérêt. Les montants déjà inscrits en compte sont quant à eux rémunérés aux conditions habituellement en vigueur, beaucoup plus faibles. Dans la simulation effectuée, sur les 20 000 € en compte, ce ne sont donc que les 10 000 € fraîchement versés qui ont bénéficié des taux avantageux. D’autre part, ces « généreuses » conditions (promotions et autres primes d’accroissement) ne s’appliquent que pendant quelques mois (généralement six mois). Par contre, les banques qui offrent tout au long de l’année de bonnes conditions sur l’ensemble des avoirs en compte figurent logiquement en tête du classement. Et la différence n’est pas mince par rapport aux banques moins généreuses. Dans cette simulation, on observe un écart, rien que pour les intérêts qui seront versés en 2007, pouvant atteindre 335 € si on considère un avoir de 20 000 €.

Les hypothèses de la simulation
Pour calculer les intérêts qu’un épargnant pourrait obtenir auprès de chacune des banques étudiées fin 2007, Budget Hebdo s’est basé sur les hypothèses suivantes :
– chaque compte présentait début 2007 un solde de 10 000 euros, constitué par un versement antérieur ;
– un nouveau versement de 10 000 euros a été réalisé le 1er janvier 2007, portant le solde du compte à 20 000 euros ;
– aucun autre versement ni retrait n’a été effectué en 2007 ;
– les banques ne modifieront pas leurs intérêts en cours d’année. En cas d’offre temporaire, les anciennes conditions seront de nouveau d’application après l’offre temporaire ;
– les calculs ne tiennent pas compte des dates valeur ni des frais de gestion que peuvent réclamer certaines banques ;
– toutes les conditions sont remplies pour bénéficier des primes d’accroissement et/ou de fidélité.

 
 

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