Allégations nutritionnelles: règlement allégé?
Un nouveau règlement européen vise à baliser l’utilisation de plus en plus fréquente d’allégations nutritionnelles et de santé. Nous regrettons les (trop) nombreuses zones d’ombre et les longs délais d’application des diverses dispositions.
Les récents développements ne sont pas faits pour nous rassurer. Quelques mots d’explication.
Profils nutritionnels
Une bonne partie de cette réglementation repose sur la définition de profils nutritionnels. Ils devraient déterminer si un aliment peut ou non, et à quelles conditions, utiliser des allégations nutritionnelles ou de santé. De tels profils devraient garantir au consommateur que ses choix alimentaires “sains” ne seront pas induits en erreur sur la valeur nutritionnelle globale de l’aliment en question. Par exemple, une teneur excessive en sucre devra être clairement mentionnée à côté d’une éventuelle allégation de santé (“zéro % de matière grasse” par exemple). L’AESA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) est chargée de fournir à la Commission européenne les éléments scientifiques nécessaires.
Exemptions en pagaïe
Or, le premier avis de l’AESA est à la fois décevant et inquiétant. Pourquoi ? Les acides gras trans, dont nous avons déjà souvent parlé et dont on connaît suffisamment la nocivité, ne seraient pas systématiquement inclus dans l’élaboration des profils nutritionnels. Leur présence dans un produit ne devrait donc pas nécessairement être mentionnée à côté d’une allégation de santé. D’autre part, la teneur totale en sucre ne serait pas obligatoirement incluse (L’AESE dit : “pourrait”) pour des groupes de produits alimentaires particuliers, comme des boissons et des confiseries, susceptibles d’être consommés à une fréquence élevée.
Certains aliments ou groupes d’aliments pourraient aussi être exemptés de cette philosophie générale et faire l’objet de profils spécifiques : huiles végétales, matières grasses tartinables, produits laitiers, céréales et produits à base de céréales, fruits et légumes et produits en découlant, viandes et produits à base de viande, poissons et produits dérivés ainsi que les boissons non alcoolisées. Vous en conviendrez : cela fait beaucoup…
Frilosité
La frilosité (pour ne pas dire davantage) de cette première approche nous inquiète et nous incite à penser que le puissant lobbying industriel a déjà entamé son travail de sape. Si de tels principes devaient être adoptés, autant dire que le règlement se verrait en grande partie vidé de sa substance.
Nous en appelons aux autorités européennes et belges pour faire valoir, avant tout, les droits des consommateurs à une alimentation la plus équilibrée et la plus saine possible et à une information objective et correcte.

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