Test-Achats

L'information sur les denrées alimentaires : enfin une amélioration en vue


6/7/2011


Ce règlement sur l’information au consommateur sur les denrées alimentaires, voté ce mercredi au Parlement européen, offrira une meilleure information au consommateur désireux de savoir ce qu’il mange. Le législateur européen s’est attaché à fixer une taille minimale obligatoire de caractères (1,2 mm) afin de rendre les étiquettes plus lisibles, à allonger la liste des produits sur lesquels devra apparaître le pays d’origine, à imposer un étiquetage nutritionnel comportant 7 informations pour tous les aliments préemballés et à rendre obligatoire l’indication des allergènes sur tous les aliments. Test-Achats se réjouit de ces belles avancées même si elle regrette que l’information nutritionnelle ne doive pas obligatoirement figurer à l’avant du paquet et que l’occasion n’ait pas été saisie pour régler le sort des acides gras trans. Enfin, l’organisation de consommateurs estime qu’il est tout-à-fait incompréhensible que les boissons alcoolisées ne soient pas soumises de la même manière à ces nouvelles règles d’information et d’étiquetage.


La proposition de règlement sur l’information au consommateur sur les denrées alimentaires a été débattue ce mardi 5 juillet en séance plénière du Parlement européen. Aujourd’hui, mercredi 6 juillet, la version définitive a été approuvée. Il s’agit d’un passage en deuxième lecture après un accord survenu en mai dernier entre le Conseil et le Parlement. Ce texte de compromis a vu le jour après un cheminement législatif de près de 3 ans et de très nombreux amendements. Il a le mérite d’apporter de belles avancées en vue d’offrir une meilleure information au consommateur.


Un premier pas vers des étiquettes plus lisibles

Hormis pour les petits emballages, le législateur européen s’est attaché à fixer une taille minimale obligatoire de caractères (1,2 mm) afin de rendre les étiquettes plus lisibles. Test-Achats s’en réjouit. En effet, outre une amélioration de la lisibilité des étiquettes, cette nouvelle obligation procure aux Etats membres un instrument objectif et indiscutable de contrôle. Néanmoins, Test-Achats reste convaincue que l’élaboration de guidelines claires concernant les contrastes des couleurs utilisées sur les emballages alimentaires, reste une condition sine qua non pour une bonne lisibilité des étiquettes. L’organisation des consommateurs veillera à ce que l’Europe tienne sa promesse et élabore ces guidelines dans un délai raisonnable.


L’extension de l’indication obligatoire du pays d’origine de certaines denrées alimentaires

La liste actuelle des produits concernés (tels que le miel, l’huile d’olive, les fruits et légumes frais, le poisson et la viande de bœuf) a été étendue à toutes les autres viandes (porc, mouton, chèvre, volaille) à l’état frais. Test-Achats salue cette avancée qui permettra enfin au consommateur de connaître la provenance d’une partie de son alimentation. Test-Achats qui a toujours estimé que le consommateur est également en droit de connaître la provenance de la viande utilisée dans les préparations ; se réjouit de constater que la commission s’engage à publier dans les 2 ans une étude de faisabilité à ce sujet. Il est également très positif d’apprendre que dans le cadre de cette étude de faisabilité, la Commission promet de tenir compte de l’intérêt de la mention de l’origine pour le lait, les produits laitiers et les ingrédients majoritairement présents dans les aliments.



Un étiquetage nutritionnel obligatoire pour tous les aliments préemballés

On peut dire que l’on vient de loin ! En effet, actuellement en Belgique, seuls les produits alimentaires dont l’emballage comporte une allégation nutritionnelle (ex : pauvre en sel, riche en fibres …) doivent comporter une information nutritionnelle dont la présentation et la clarté dépend de la bonne volonté du fabricant. Test-Achats se réjouit donc de l’introduction de cette nouvelle obligation qui porte sur tous les aliments préemballés. L’étiquetage nutritionnel comportera 7 informations (énergie, protéines, graisses, graisses saturées, hydrates de carbone, sucre et sel) qui seront toutes exprimées par 100 g ou 100 ml afin de permettre enfin une comparaison plus aisée entre les produits. Cette comparaison aurait pu être carrément évidente s’il avait été imposé que l’information nutritionnelle apparaisse à l’avant du paquet … ce qui n’a malheureusement pas pu être négocié. Reste encore à s’attaquer à l’harmonisation de la présentation visuelle de cette information nutritionnelle. La Commission s’engage à établir dans les 6 ans, un rapport reprenant les différentes présentations existantes au niveau européen en vue d’une possible harmonisation. Test-Achats entend bien être associée à cette réflexion importante qui conditionne la manière dont le consommateur perçoit et comprend les informations nutritionnelles.



L’occasion ratée de décider du sort des acides gras trans

Test-Achats regrette que le débat concernant le sort des acides gras trans n’ait pu être mené à bien. Gageons que le rapport promis par la Commission dans les trois ans, permettra de décider une bonne fois pour toutes si ces acides gras doivent être étiquetés ou carrément limités légalement comme c’est déjà le cas dans certains pays. L’organisation de consommateurs salue néanmoins les dispositions de ce règlement qui prévoient une meilleure information sur la nature des huiles (végétales ou animales). Information pour le moins utile pour le consommateur qui souhaite par exemple éviter de consommer de l’huile de palme qui contient des acides gras saturés.


L’ indication obligatoire des allergènes sur tous les aliments

Test-Achats savoure cette belle victoire qui rendra la vie plus facile pour ce nombre croissant de consommateurs souffrant d’intolérances et/ou d’allergies alimentaires. L’organisation de consommateurs plaide pour l’indication la plus claire possible de la présence d’allergènes. En aucun cas, cette information ne peut se retrouvée diluée dans la liste d’ingrédients.
Un long processus de changement sur le terrain
Les entreprises alimentaires disposent d’un délai de trois ans pour se conformer aux nouvelles règles et de deux années supplémentaires, soit cinq au total, pour appliquer les règles relatives à l’information nutritionnelle. Une chose est sûre, le paysage des étiquettes alimentaires n’est pas prêt d’être bouleversé en Belgique. Mais qu’à cela ne tienne, Test-Achats garde à l’œil cet échéancier d’entrée en vigueur ainsi que les guidelines et les différents rapports promis par la Commission.
Enfin Test-Achats qui regrette amèrement que les boissons alcoolisées ne soient pas uniformément soumises à ces nouvelles règles d’information et d’étiquetage ; restera attentive à la définition du terme « alcopops » qui sera donnée par la Commission.

 
 

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