Infections nosocomiales : plaidoyer pour une plus grande transparence
21/3/2012
Chaque année, 125 000 Belges contractent une infection lors d’un séjour à l’hôpital, et près de 2 600 en décèdent. Grâce à certaines mesures préventives, comme une bonne hygiène des mains, environ 30 % de ces infections nosocomiales peuvent être évitées. Les pouvoirs publics organisent régulièrement des campagnes axées sur l’hygiène des mains et en mesurent les résultats. Ils enregistrent également la fréquence de certaines de ces infections.
Plus de transparence s.v.p. !
Les campagnes concernant les infections nosocomiales et leur suivi sont un premier pas. Mais, malgré qu’il y ait des différences considérables entre les hôpitaux, les pouvoirs publics ne divulguent que des résultats généraux. Or, ce sont précisément ces chiffres par hôpital qui intéressent le citoyen. Sur base du caractère public des documents administratifs, nous désirons que les pouvoirs publics publient les informations par hôpital sur la fréquence des infections nosocomiales, ainsi que les résultats des campagnes d’hygiène des mains. Les pouvoirs publics nous ont toutefois refusé l’accès aux rapports contenant ces informations. Cette résistance à la transparence des résultats et de la qualité des soins est manifeste en Belgique, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays. Pourtant, une telle transparence motiverait les hôpitaux à améliorer la qualité de leurs services.
Campagnes hygiène des mains : nous obtenons gain de cause auprès du Conseil d’État
Suite au refus des pouvoirs publics, nous avons initié différentes procédures auprès du Conseil d‘État contre l’État belge. En avril 2011, le Conseil d’État nous donne raison et annule les décisions de refus des pouvoirs publics, en vertu desquelles ils ne nous autorisaient pas l’accès aux rapports contenant les résultats par hôpital pour les campagnes sur l’hygiène des mains dans les hôpitaux de 2006-2007 et 2008-2009. Nous déplorons qu’il soit nécessaire de recourir au juge pour forcer la transparence dans le secteur de la santé. Nous sommes à présent soutenus par la décision de principe du Conseil d’État.
Les pouvoirs publics s’obstinent à refuser
Malheureusement, le Ministère de la Santé Publique s’obstine à garder secrètes les données en se basant sur une autre réglementation. Nous regrettons amèrement cette mauvaise volonté et ce manque de transparence. Le patient souhaite pouvoir décider activement de sa santé. Or, il n’a pas la possibilité, ou seulement de manière insuffisante, d’accéder aux données intéressantes.
La transparence ainsi qu’une information indépendante et de qualité doivent devenir une priorité pour les pouvoirs publics. Sous la pression de ces procédures, ceux-ci se déclarent conscients de la nécessité d’arriver à un système plus transparent dans un délai raisonnable. Depuis 2009 déjà, nous plaidons en faveur de l’introduction d’un système comme celui qui existe en France : les pouvoirs publics publient sur internet des tableaux d’information relatifs aux infections nosocomiales. Pour chaque hôpital, ces informations contiennent une série d’indicateurs sur les mesures de prévention adoptées et la présence de la bactérie MRSA. Nous caressons l’espoir que la Belgique suive notre avis. À suivre.

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