Test-Achats

Les infractions dans les centres de bronzage restent monnaie courante et ... mineurs admis


Pour protéger les utilisateurs de bancs solaires, la réglementation a été renforcée en août 2008 conformément à la directive européenne. Suite à cela, Test-Achats a réitéré son enquête sur les centres de bronzage avec comme objectif d’évaluer le respect de la législation dans les centres de bronzage. 68 centres de bronzage – dont sept automatisés – ont été visités à la fois par un adulte et un adolescent de 15-16 ans, qui, selon la loi, ne peut pas y avoir accès. Les résultats sont encore plus navrants que lors de la précédente enquête: seulement cinq des 68 centres de bronzage remplissaient toutes les conditions exigées. 93 % étaient, en d’autres mots, en infraction avec une ou plusieurs dispositions de la loi. Le reste de la législation date de 2002 ou même d’avant. Bien que les exploitants aient eu largement le temps de se mettre en règle, il apparaît encore que beaucoup ne l’ont pas fait. Ainsi, notre visiteur mineur fut autorisé à accéder dans 2 cas sur 3 au banc solaire bien que ce soit interdit par la loi. De plus, moins d’un employé d’accueil sur cinq explique clairement les risques du banc solaire, bien qu’il en soit pourtant obligé. Le type de peau du client n’est seulement demandé que dans la moitié des cas. C’est pourtant prescrit légalement et cela est essentiel par rapport aux risques de cancer de la peau. Selon Test-Achats, il y a un besoin urgent de plus de conscience professionnelle dans le secteur, de plus de contrôles et de sanctions de la part des instances compétentes.


De mal en pire

Depuis le 1er août 2008, les exploitants ne peuvent plus autoriser l’accès aux mineurs ni aux personnes de phototype 1 (peau très claire, cheveux roux ou blondes claires et yeux bleus qui brunissent difficilement et rougissent vite). En outre, les normes de rayonnement des lampes ont été abaissées à 0.3 W/m², ce qui est comparable à la force du soleil méditerranéen sur l’heure de midi. Bien que le reste de la législation date de 2002 ou même d’avant, bon nombre de centres de bronzage ne sont toujours pas en règle, comme le montre l’échantillon de Test-Achats. Ces constatations ont d’ailleurs été confirmées par les contrôles du SPF Economie: de tous les centres de bronzage qui ont été contrôlés depuis août 2008, 68 % outrepassent la législation. Les infractions les plus importantes concernent les normes de rayonnement, l’affichage des conseils obligatoires, l’information aux clients et la durée entre deux séances de banc solaire.  


L’information obligatoire pas toujours visible

Les exploitants sont obligés d’afficher un certain nombre de mises en garde et d’instructions relatives à une utilisation correcte. Test-Achats confirme la présence de tels panneaux dans deux tiers des centres visités. Dans 14 centres, les enquêteurs n’en ont trouvé aucune trace. Dans 6 centres, ils ont trouvé l’ancienne version du texte où la limite était encore fixée à 15 ans. Quant aux instructions de sécurité obligatoires dans le cabinet, elles brillaient par leurs absence dans près de la moitié des centres visités!


L’accueil doit être amélioré…

Pour les risques d’affections des yeux des UV, les centres de bronzage doivent prévoir des lunettes de protection. Dans 52 des 68 centres visités, elles étaient mises spontanément à la disposition du client, mais, dans 8 cas, on les reçoit après en avoir fait la demande. De plus, beaucoup de responsables à l’accueil manquent à leur obligation légale d’information: moins d’un employé sur cinq prend la peine de donner quelques explications sur les risques des rayons UV et seulement deux d’entre eux ont parcouru le texte informatif obligatoire! Selon Test-Achats, l’occasion doit être donnée au client de pouvoir consulter à son aise (chez lui) le texte informatif, étant donné qu’il doit également le signer.


Peu d’attention pour le type de peau et l’âge

Parce que tout le monde n’est pas sensible de la même manière aux rayons UV, l’intensité et la durée des séances de banc solaire doivent être calibrées en fonction du type de peau de l’utilisateur. La législation exige, par conséquent, que le responsable de l’accueil détermine au préalable le type de peau du client, il doit noter cela sur le texte informatif obligatoire et le signer ensemble avec le client. Lors de la visite de Test-Achats, il était question du type de peau seulement dans la moitié des centres de bronzage visités. D’ailleurs, à peine 29 préposés à l’accueil se sont enquis des expériences de rougissement et/ou de brunissement, pourtant essentielles pour déterminer le phototype de quelqu’un. Il est donc douteux que les personnes de type de peau 1 - qui, en raison de leur grande sensibilité aux UV, ne peuvent pas faire de banc – se voient réellement refuser l’accès.


Les mineurs peuvent faire du banc solaire, à la bonheur !

Par ailleurs, plus de deux tiers des centres ne se préoccupent pas de l’âge: seuls 25 préposés à l’accueil ont demandé l’âge ou la carte d’identité de notre enquêteur mineur, et 21 lui ont effectivement refusé l’accès au banc.

 

Pas d’exception pour les centres automatisés …

Même là où les bancs solaires sont automatisés (par ex., avec une carte magnétique), un entretien préliminaire est obligatoire. Dans 2 des 7 centres visités, personne n’était présent pour accueillir les visiteurs pour les informer sur place et vérifier l’âge et le type de peau. Bien que beaucoup de bancs automatisés fonctionnent avec une empreinte digitale et un scan de la carte d’identité, le système n’a pas réagi à l’âge du mineur. En outre, quatre des sept centres automatisés étaient dépourvus de dispositif d’urgence pour appeler les secours. Test-Achats trouve inacceptable que l’utilisateur ne puisse compter que sur lui-même en cas de problèmes.


Le bien-être des utilisateurs de bancs solaires avant tout

Cela ne fait aucun doute que le rayonnement UV favorise non seulement le vieillissement et le relâchement de la peau, mais il augmente aussi le risque de lésions oculaires et de cancer de la peau. En 2005, la Fondation Registre du Cancer a recensé pas moins de 13 400 nouveaux cas de cancer de la peau. Dans 1560 cas, il s’agissait d’un mélanome malin, la forme la plus agressive de cancer de la peau, qui se dissémine rapidement et est mortel. Le nombre de victimes augmente d’ailleurs d’année en année. Les femmes sont les plus touchées.

Sur base de recherches scientifiques, l’Institut international de recherche sur le cancer (IARC) a classé cette année le banc solaire comme la plus haute catégorie de risque pour le développement du cancer de la peau, tout comme les rayons UV en général. Qui se glisse avant 30 ans sous un banc solaire augmenterait de 75% les risques de cancer de la peau. Il est aussi conseillé de se limiter à 10 séances de banc solaire maximum par an.


Suite aux résultats désolants de l’enquête, Test-Achats déduit que la majorité des centres de bronzage manque toujours de conscience professionnelle. Selon l’organisation des consommateurs, il y a un besoin urgent de conscience professionnelle dans le secteur ainsi que plus de contrôles et de sanctions, jusqu’à éventuellement la fermeture, par des instances compétentes. Les centres de bronzage ont eu plus qu’assez de temps pour se mettre en règle.

 
 

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