Comparaison tarifs internet: pauvres Belges
Aujourd'hui nous ne faisons même plus partie du top 5 des pays au plus haut taux de pénétration d'internet. Test-Achats en a cherché les causes et effectué une comparaison internationale des tarifs internet. En formule light, la Belgique est au minimum 70% plus chère que la formule la moins chère aux Pays-Bas, 68% minimum plus chère en formule normale que la formule la moins chère en France, 118% plus chère minimum en intensif et 86% en formule double play que la France, de nouveau la moins chère et la plus performante. Pour les trois premières formules, on retrouve nos opérateurs dominants, Telenet et Belgacom dans les 5 dernières places d’un classement qui en comprend une trentaine. Et comme si cela ne suffisait pas, Test Achats constate la Belgique est également largement dépassée au niveau technique en ce qui concerne les vitesses d’envoi, de téléchargement. De plus, les opérateurs en Belgique continuent de mener une politique obsolète de plafonds au volume de transfert mensuel que l’on ne trouve plus dans les autres pays. Ces chiffres sont éloquents pour démontrer que si le prochain Gouvernement veut vraiment un accès à internet pour tous, l’Etat belge doit changer son attitude vis-à-vis du marché et diminuer drastiquement sa participation dans Belgacom dans les meilleurs délais.
La comparaison internationale qui tue … la Belgique !
Test-Achats a comparé les tarifs de différents fournisseurs dans huit pays européens (Belgique, Allemagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Espagne et Royaume-Uni) et ce, pour trois types d'utilisation d'internet (light, normal, intensif) ainsi que pour un "package", combiné de deux services (internet + téléphonie fixe illimitée). Les constatations sont éloquentes :
1. La Belgique n'est plus du tout compétitive par rapport aux autres pays européens et nous avons été rattrapés en ce qui concerne la vitesse d'envoi et de téléchargement.
2. Belgacom et Telenet demandent 3 à 4 fois plus cher que les fournisseurs les plus avantageux pour les trois types d'utilisateurs d'internet.
3. Les formules ADSL de notre ancien opérateur monopolistique Belgacom comptent parmi les plus faibles de notre étude tout en étant onéreuses. Et contrairement à ce qui s'est passé dans les autres pays de la comparaison, les prix n'ont pas baissé ces dernières années.
4. Même les opérateurs alternatifs ne proposent aucune formule ADSL spectaculaire vu que tous dépendent toujours, d'une façon ou d'une autre, de Belgacom.
5. Les connexions internet à haut débit par le câble sont techniquement correctes mais chères.
6. En Belgique, comme au Portugal et chez certains opérateurs britanniques, les fournisseurs fixent, pour chaque profil, des limites strictes de volume de transfert mensuel alors que partout ailleurs, les opérateurs offrent un accès illimité à tous leurs clients.
7. Nos formules combinant l'internet rapide et la téléphonie fixe illimitée se classent dans la moyenne, mais leur prix est deux fois plus élevé qu'en France, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas.
La cause : l’Etat belge est entièrement responsable à plusieurs niveaux …
Selon Test-Achats, la concurrence est insuffisante en Belgique. Il n'y est nullement question d'un marché libre de l'internet mais d'un duopole de fait de Belgacom (ADSL) et de Telenet (câble). Ces deux fournisseurs disposent de leurs propres réseaux et produits et peuvent, de ce fait, maintenir les prix à un niveau artificiellement élevé. Résultat, Belgacom et Telenet sont 3 à 4 fois plus chers pour les trois profils d'utilisateurs que les fournisseurs les plus avantageux.
L'absence de concurrence a plusieurs causes selon Test-Achats :
1. L'Etat détient plus de la moitié des parts de Belgacom et une participation dans Telenet, ce qui l'empêche de faire preuve d'objectivité.
2. De plus, notre pays n'a pas bonne réputation auprès des nouveaux acteurs susceptibles de se lancer sur le marché parce que les directives européennes y sont systématiquement transposées en retard et de manière incorrecte, ce qui nuit à l'innovation.
3. Par ailleurs, la répartition des compétences entre les différentes instances effraie les fournisseurs potentiels.
4. Il appartient à l'IBPT (Institut belge des Postes et des Télécommunications, le régulateur belge) de rectifier le tir, mais ce dernier n'a pas assez de poids. Il manque cruellement de moyens financiers et de personnel. En outre, une enquête a démontré que l'IBPT est trop sous l'emprise du monde politique. L'IBPT pourrait prendre des sanctions, mais dans les faits n'y a que rarement recours.
Il faut que cela change …
Selon Test-Achats, il est grand temps d'entamer les changements suivants :
- le réseau local doit être géré par un organe indépendant;
- les autorités doivent réduire sensiblement leur participation dans Belgacom;
- l'IBPT doit mener une politique forte et obtenir les moyens, les compétences et la force juridique nécessaires.
Si ces conditions ne sont pas réunies, on ne pourra que continuer à établir un constat d’échec des gouvernements successifs, et donc de l’Etat belge, pour promouvoir l’accès à l’internet pour tous, retardant ainsi l’entrée définitive de la population belge dans la société de l’information.
A titre de comparaison, la présente enquête établit le bon bulletin de la France où un tiers des lignes ont été « débouclées » ou « dédoublées ». Le débouclage de la boucle locale détenue actuellement sans partage par Belgacom à un prix acceptable est l’enjeu du débat. C’est un défi majeur pour le prochain Gouvernement.

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