Les médicaments contrefaits en vente libre sur Internet
Tout se vend et tout s’achète sur Internet. Il en est de même pour les médicaments dont l’achat peut néanmoins se révéler dangereux pour la santé. Environ la moitié des médicaments en vente sur Internet sont contrefaits. De plus, vous risquez de les payer (beaucoup) plus cher.
C’est ce qu’il ressort de notre test en ligne. Test-Achats a commandé sur différents sites web trois médicaments délivrés uniquement sur ordonnance : le Tramadol (antidouleur), le Viagra (traitement des troubles de l’érection) et le Xenical (traitement amincissant), trois produits très populaires sur les sites de vente en ligne. S’il fallait remplir un questionnaire médical, les enquêteurs de Test-Achats mentionnaient un profil type d’utilisateur pour ce type de produit dans lequel était insérée une affection qui constituait une contre-indication absolue pour ce médicament. Au total, 16 commandes ont été passées. La commande a été refusée sur 5 sites. Le plus souvent c’était la contre-indication mentionnée qui justifiait le refus. A raison. Finalement, 11 commandes ont été acceptées sur lesquelles 9 ont effectivement été livrées. Ces sites Internet enfreignent la loi en ce qu’ils livrent des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance sans prescription. Et ce, alors même que Test-Achats avait fourni une contre-indication absolue. La fiabilité et la sûreté laissent donc largement à désirer. La majorité des notices n’étaient pas en règle vu qu’elles n’étaient pas rédigées dans la langue du pays de destination. Sur les 9 médicaments reçus, deux ont été envoyés sans notice et sans l’emballage d’origine. Les blisters étaient simplement glissés dans l’enveloppe. Les médicaments commandés en ligne sont plus chers que ceux achetés en pharmacie. En moyenne, la différence s’élève tout de même à 34,5%. Ajoutez-y les frais d’envoi, le coût d’une prétendue prescription et même, dans un cas, la « consultation » : la facture monte… En moyenne, un supplément de 17,60 euros de frais supplémentaires a été payé à chaque commande.
Mort-aux-rats
Un médicament contrefait est une imitation d’un médicament original ou générique dûment autorisé. En théorie, une contrefaçon pourrait être irréprochable au niveau de sa composition. Dans la pratique cependant, comme le constatent de plus en plus souvent les scientifiques et les contrôleurs, ces médicaments posent problème. Il arrive qu’ils soient corrects au niveau des substances actives utilisées, mais pas au niveau des dosages. Certaines ne contiennent aucune trace de substance active. D’autres contiennent, par contre, des substances nocives. Ainsi, la présence de mort-aux-rats a été détectée dans des hypotenseurs. Les médicaments contre les troubles de l’érection, les traitements amincissants, les hormones, les traitements qui stimulent la repousse des cheveux et les traitements contre la malaria figurent en bonne place des médicaments les plus contrefaits. De tels médicaments constituent un danger potentiel pour votre santé.
Les médicaments génériques ne sont pas des contrefaçons
Certains appliquent une définition juridique plus large selon laquelle toute atteinte au droit des brevets est une contrefaçon. Entrent alors dans cette catégorie des médicaments génériques de qualité irréprochable, et fabriqués en toute légalité – par exemple en Inde – et que l’on exporte vers un autre pays du tiers monde. Lorsque les produits transitent par un pays européen où le médicament d’origine est encore protégé par un brevet, il arrive que certaines douanes le saisissent sous prétexte qu’il s’agirait d’une “contrefaçon”. Les personnes à qui ces médicaments étaient destinés se voient donc privées de soins médicaux. Test-Achats estime que la lutte légitime contre la contrefaçon ne peut être utilisée afin de protéger les intérêts commerciaux de certaines entreprises contre la concurrence des médicaments génériques.
La moitié des médicaments vendus sur Internet sont contrefaits
Globalement, on considère qu’un médicament sur dix serait falsifié au niveau mondial. Dans notre pays où les contrôles sont très présents et où la vente se fait par le biais de pharmacies officielles, les médicaments contrefaits sont rares. Hélas, la Belgique est, de par sa situation centrale, une plaque tournante idéale pour les fraudeurs et le marché de contrefaçon des médicaments. Mais il faut aussi compter avec Internet. C’est précisément sur Internet que nous courons le plus de risques d’acheter des médicaments contrefaits dangereux pour la santé. Environ la moitié des médicaments vendus sur Internet sont contrefaits. Test-Achats a pu le vérifier.
Test en ligne: 11 des 16 sites web enfreignent la loi
Test-Achats a commandé sur des sites dits fiables trois médicaments délivrés uniquement sur ordonnance : le Tramadol (antidouleur), le Viagra (traitement des troubles de l’érection) et le Xenical (traitement amincissant).
Trois produits très populaires sur les sites de vente en ligne. S’il fallait remplir un questionnaire médical, les enquêteurs de Test-Achats mentionnaient un profil type d’utilisateur pour ce type de produit dans lequel était insérée une affection qui constituait une contre-indication absolue pour ce médicament. Au total, 16 commandes ont été passées. La commande fut refusée auprès de 5 sites web. Le plus souvent c’était la contre-indication mentionnée qui justifiait le refus. A raison. Finalement, 11 commandes ont été acceptées sur lesquelles 9 ont effectivement été livrées. Ces sites Internet enfreignent la loi en ce qu’ils livrent des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance sans prescription. Et ce, alors même que Test-Achats avait fourni une contre-indication absolue. La fiabilité et la sûreté laissent donc largement à désirer.
Notices pas en règle
Sur les 9 médicaments reçus, deux ont été envoyés sans notice et sans l’emballage d’origine. Les blisters étaient simplement glissés dans l’enveloppe. Sur les sept autres envois, la notice n’était pas traduite en néerlandais dans plus de la moitié des cas. Nous avons reçu des notices en anglais, en allemand, mais aussi en grec et en espagnol. Aucune en français ! Pourtant, il est obligatoire de conseiller et d’informer le patient – et les notices tombent sous cette loi – dans la langue (ou les langues) du pays de destination. Aucune notice n’était donc tout-à-fait réglementaire.
Et un colis plus cher
Les médicaments commandés en ligne sont bien plus chers que ceux achetés en pharmacie. En moyenne, la différence s’élève tout de même à 34,5%. Avec un pic impressionnant pour deux produits qui coûtaient 58% de plus sur Internet ! Ajoutez-y les frais d’envoi, le coût d’une prétendue prescription et même, dans un cas, la « consultation » : la facture monte … En moyenne, un supplément de 17,60 euros de frais supplémentaires a été payé à chaque commande.
Un bon conseil : achetez chez le pharmacien
Les médicaments doivent suivre un long parcours. Ils sont soumis à une batterie de tests et de contrôles avant d’être jugés sûrs pour le consommateur et d’arriver jusqu’aux comptoirs de nos pharmacies.
Achetez donc vos médicaments en pharmacie via la chaîne de distribution régulière ou via le site Internet d’une pharmacie belge autorisée (la liste des sites Internet des pharmacies autorisées en Belgique).

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