Coup d'oeil sur les marchés (11/02/2010)

Tragédie grecque autour de l'euro.

Les marchés boursiers ont vibré en janvier pour la Grèce, la Chine et le président Obama. La grande victime du mois est toutefois la monnaie unique. L’euro a plongé, pour le plus grand profit des détenteurs de sicav obligataires en devises étrangères.

TROIS SOUCIS
· Les marchés boursiers ont entamé janvier comme ils avaient terminé le mois précédent : allegro vivace ! En peu de temps la hausse moyenne des cours, au niveau mondial, a dépassé 4 %. Hélas, la mécanique a commencé à hoqueter dès la mi-janvier. Et à la fin du mois les sicav d’actions mondiales avaient en moyenne perdu 1,4 %. Carmignac Investissement, notre favorite dans cette catégorie, a même perdu 5,8 %. En cause, le poids des actions asiatiques et des mines d’or.
· Comment expliquer ce retournement de situation ?
– Par trois soucis, en premier lieu les problèmes de la Grèce. Faut-il craindre que ce pays n’arrive plus à maîtriser sa phénoménale dette publique alors qu’il fait partie de la zone euro ? Cela nous paraît peu probable, mais les investisseurs ont pris peur. La Bourse d’Athènes a accusé le coup (-6,7 %), mais l’euro aussi. La monnaie unique a perdu pas mal de terrain.
– Ensuite par la douche froide qu’a constitué la mise en garde du président Obama à l’endroit des banques commerciales. Cela ressemble fort à un serrage de vis. Les sicav spécialisées en ont fait les frais (-3,7 %) et les investisseurs craignent que ce ne soit qu’un début. Tout cela pèse sur les cours des actions.
– Enfin, la Chine est confrontée à un sérieux problème : tous les freins sont serrés, mais sa croissance reste forte (voir notre article 'La Chine est devenue incontournable'). Les investisseurs, qui la considèrent comme la locomotive mondiale, craignent qu’elle ne finisse par baisser de régime. Du coup, c’est le secteur des matières premières qui déprime, au point que des sicav spécialisées comme DWS Invest Commodity Plus en finissent par perdre 5,5 % (voir plus loin).
· Les sicav d’actions mondiales sont légion. Si vous cherchez un bon placement bien diversifié, vous pouvez vous tourner vers la sicav bien gérée qu’est Carmignac Investissement A (FR0010148981, ****), disponible entre autres à la Deutsche Bank (1 % de frais d’entrée), chez Keytrade Bank (9,95 EUR) et chez BinckBank (9,50 EUR à l’entrée et à la sortie).

CARMIGNAC INVESTISSEMENT A (en gras) ET INDICE MONDIAL (base 100)

Les gestionnaires de Carmignac savent mieux que quiconque comment naviguer par vent mauvais. Cette sicav parvient à faire mieux que le marché.

Les bourses en janvier 2010

Bourse

     Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

-2.2%

31.9%

Athènes (ATHEX 20)

-7.8%

12.8%

Bruxelles (BEL 20)

-0.3%

31.9%

Francfort (DAX 30)

-6.1%

23.9%

Hong Kong (H.SENG)

-5.2%

39.5%

Lisbonne (PSI 20)

-6.3%

23.1%

Londres (FTSE 100)

-1.8%

28.1%

Madrid (IBEX 35)

-8.3%

29.6%

Milan (FTSE MIB)

-5.8%

22.1%

Nasdaq Composite

-2.3%

34.1%

New York (S&P 500)

-0.6%

19.9%

Paris (CAC 40)

-5.0%

25.7%

Stockholm (OMXS 30)

0.6%

60.9%

Sydney (ASX)

-4.0%

70.3%

Tokyo (Nikkei 225)

2.5%

16.5%

Toronto (S&P/TSX)

-4.1%

36.9%

Zurich (SMI)

-0.4%

23.6%

(1) en %, après conversion en euro, fin janvier 2010

TOUR D'EUROPE
· Les problèmes de la Grèce font qu’il n’y a rien d’étonnant au fait que les sicav d’actions de la zone euro aient déçu elles aussi. Leur recul moyen est de 4,3 %. Fortis L Fund Equity Euro (**) a perdu, elle, 5,1 % du fait notamment du recul de ses valeurs financières, entre autres l’espagnole Banco Santander (-10,8 %) et l’italienne Intesa Sanpaolo (-11,8 %). N’investissez pas sur ce marché. La plupart des Bourses européennes, même celle de Francfort, sont devenues chères.
· Même conseil pour les sicav misant sur les actions européennes. Le recul limité (-1,1 %) de cette catégorie est dû essentiellement aux bonnes prestations des Bourses scandinaves et suisse... après change en euros. Retenons les bonnes prestations d’AXA Rosenberg Pan-European Small Caps Alpha (*, +1,7 %), de Puilaetco Dewaay High Growth Europe (*, +2,5 %), de Share Europe Selection (Banque Degroof, ***, +1,3 %) et de Threadneedle European Smaller Companies (disponible entre autres auprès de la Deutsche Bank, ***, +0,9 %). Toutes ont satisfait leurs détenteurs grâce au fait que le secteur financier ne pèse que peu (-3,5 %) dans leur portefeuille par rapport aux secteurs pharma (+1,2 %) et de la consommation (+0,9 %). Des secteurs plutôt défensifs qui ont bien résisté en janvier.
· Les grands vainqueurs du mois passé sont les sicav d’actions d’Europe de l’Est (+4,2 %). Si une sicav comme BlackRock Emerging Europe A (disponible entre autres auprès de Deutsche Bank, **, 6,2 %) a si bien presté, c’est parce qu’elle investit surtout en Russie (+6,3 %) et en Turquie (+7,6 %), les deux meilleurs marchés boursiers de janvier. Le fournisseur de matières premières Norilsk Nickel (+14,5 %), le sous-traitant Novatek (+12,5 %) et le groupe de télécom Mobile Telesystems (+8,5 %) ont accompli l’essentiel du travail, l’appréciation des devises locales par rapport à l’euro a fait le reste.

  ACTIONS D’EUROPE DE L’EST (en gras) ET INDICE MONDIAL (base 100)

Les actions d’Europe de l’Est font du bon travail depuis l’an passé. Les économies de ces pays sont en relative bonne santé et leurs marchés boursiers bon marché.

· Les sicav d’actions turques EMIF Turkey (CBC-KBC, *) et KBC Equity Turkey ont gagné 8,2 %. Aucune autre sicav de notre sélection n’a fait aussi bien le mois dernier. Grâce au holding Haci Ömer Sabanci (+17,4 %) et à la banque Yapi Kredi Bankasi (+15,3 %) surtout. Cette dernière institution a été couronnée “banque turque de l’année 2009” par une publication professionnelle internationale, ce qui a suscité l’intérêt à son endroit.
· Nous n’investirions pas en sicav régionales misant sur les pays d’Europe orientale. La répartition entre ces différents pays ne nous satisfait pas. Par contre, vous pouvez conserver vos parts de sicav spécialisées en actions russes. L’économie russe se rétablit et la Bourse de Moscou est encore relativement bon marché. Nous sommes actuellement en train d’analyser ce marché et les sicav disponibles afin de voir si elles méritent une place dans nos portefeuilles types.
· Retour à la maison où, une fois n’est pas coutume, nous avons tout lieu de nous réjouir quand on voit ce qui se passe dans les pays voisins: la Bourse de Bruxelles a réussi à gagner 1,3 % en janvier. Les sicav d’actions belges, elles, ont gagné en moyenne 1,4 %. La palme revient à KBC Equity Flanders (***, +5,3 %) et à Fortis B Fund Vlam-21 (*, +4,8 %), deux sicav qui misent sur les actions flamandes comme Afga-Gevaert (+15,9 %) et Nyrstar (+20,4 %). Ces entreprises ont procédé à de lourdes restructurations, elles en cueillent les fruits. A notre avis, les actions belges doivent être réservées aux investisseurs au profil dynamique et à l’horizon temporel de 10 ans. Notre préférence va à l’excellente Hermes Belgian Growth (Banque Delen, BE0172066855, ****, +2,9 %), qui n’investit quasiment pas en valeurs bancaires.

BOURSE DE BRUXELLES (en gras) ET INDICE MONDIAL (base 100)

Les valeurs financières ont pesé de tout leur poids sur la Bourse de Bruxelles (en gras), mais depuis l’an dernier une reprise s’est amorcée.

PROFITEZ DU RECUL
· Les (multiples) sicav d’actions chinoises ont perdu plus de 5 %. Fortis L Equity Fund China (-6,9 %) est la plus mal lotie du fait de ses gros investissements dans des valeurs financières comme Bank of China (-8,8 %), China Construction Bank (-7,6 %) et I&C Bank of China (-8,9 %). Ces valeurs ont souffert de l’annonce par les autorités chinoises de mesures restrictives : augmentation des réserves obligatoires, limitation de l’octroi de crédit.
· Les valeurs chinoises ont connu un mauvais mois de janvier du fait de la volonté exprimée par les autorités locales d’encadrer mieux la croissance économique. Les investisseurs (étrangers) n’ont pas tardé à prendre leur bénéfice. Pas nous. A nos yeux, la Chine reste fondamentalement intéressante et nous profiterions même du recul enregistré en janvier pour prendre position sur ce marché, idéalement via la sicav Fidelity China Focus A (LU0173614495, ****, -5,8 %). Pour en savoir plus, voir notre article 'La Chine est devenue incontournable'.

MATIÈRES PREMIÈRES
· La contre-performance chinoise en janvier n’est pas restée sans conséquence sur le marché des matières premières où le recul moyen est de 4 %. Cela n’a rien d’étonnant vu que la hausse intervenue précédemment sur ce marché était essentiellement alimentée par le grand appétit de la Chine. La volonté des autorités locales de mieux encadrer la croissance économique a fait naître chez les investisseurs la crainte de voir le pays demander moins de matières premières. Une crainte qui a pesé sur les prix vu que certains gros investisseurs, notamment des sicav, se sont empressés de prendre leur bénéfice et donc de réduire leurs positions. C’est DWS Invest Commodities Plus (Deutsche Bank, -5,5 %) qui a perdu le plus de terrain. Cette sicav n’investit (quasiment) pas en actions mais directement en matières premières. Elle n’a pu échapper à la baisse des prix du zinc (-14,8 %), du grain (-9,8 %) et du soja (-10 %). Entre autres. Nous ne sommes pas acheteurs de parts de ces grandes sicav de matières premières, même si leur diversification est fort large. Toutes les matières premières ne sont pas intéressantes à suivre et plusieurs actions de ce secteur sont devenues (fort) chères.
· On notera le recul des sicav de mines d’or. SGAM Equities Gold Mines A (SG Private Banking, LU0006229875, **), qui n’investit que dans les actions de grandes sociétés minières, a perdu 8,5 %. C’est la plus mauvaise performance de notre tableau. Goldcorp (-11 %), Randgold Resources (-10 %) et Kinross Gold (-9,2 %) ont souffert surtout de prises de bénéfice lorsqu’il s’est avéré le mois dernier que la perspective de voir (re)monter le dollar à court terme avait pour effet de mettre le prix de l’or sous pression. Les amateurs de sensations fortes peuvent profiter de leur récent repli pour acheter des parts de sicav de mines d’or. Nous vous en disons davantage dans notre article 'Amateur d'or ch. b. placement'.

 

Les secteurs en janvier 2010

Secteur

     Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

-2.7%

53.0%

Pharma

1.2%

17.4%

Télécom

-2.8%

19.7%

Technologie

4.9%

37.6%

Consommation

1.0%

36.2%

Distribution

2.6%

41.1%

Utilité publique

-2.9%

11.0%

Dans le monde

Finance

-1.2%

46.6%

Pharma

3.0%

13.2%

Télécom

-0.9%

11.3%

Technologie

-3.1%

45.8%

Consommation

1.6%

31.0%

Distribution

1.4%

30.1%

Utilité publique

-1.1%

9.5%

(1) en %, après conversion en euro, fin janvier 2010

 

MÉFORME DE L'EURO
· A toute chose malheur est bon puisque le mois de janvier fut excellent pour les détenteurs de parts de sicav d’obligations en devises étrangères. La raison première en est bien évidemment la méforme de l’euro, sévèrement malmené lorsqu’on a appris que la Grèce commençait à patauger devant l’ampleur de sa gigantesque dette publique. Le problème grec s’est rapidement étendu et les marchés obligataires se sont inquiétés de savoir si d’autres pays de la zone euro ne représentaient pas, eux non plus, un risque accru. Quels pays? Ceux qui voient leurs finances publiques se détériorer et leurs difficultés pour rester compétitifs dans la zone euro augmenter, à savoir le Portugal, l’Espagne et l’Italie.
· L’euro est incontestablement entré dans une zone de turbulences et cette situation pourrait durer quelque temps. Vous pouvez donc vous attendre à voir certaines devises étrangères faire de curieux sauts de carpe dans les mois à venir. Ne vous laissez pas tenter de jouer à ce petit jeu. C’est temporaire. Ainsi le yen a gagné 6 % en janvier. C’est tout bénéfice pour les sicav obligations en yens comme ING (L) Renta Fund Yen (**) et Parvest Japan Yen Bond (Fortuneo, **), les meilleurs du lot (+5,9 %). Il faut cependant reconnaître que la marche en avant de la devise japonaise est due surtout à la méforme de l’euro plutôt qu’à tout autre facteur. Le gouvernement japonais est plus que jamais décidé à mettre tout en épreuve pour sauvegarder la capacité concurrentielle du pays. Elle ne passe évidemment pas par une appréciation de la devise ! Nous vous déconseillons d’acheter des parts de sicav obligataires en yens.

YEN JAPONAIS EN EURO

Nous ne partageons pas du tout l’optimisme qui entoure en ce moment le yen japonais. Sa hausse par rapport à l’euro est exagérée.

Les devises en janvier 2010

Code ISO

Cours (1)
 (en euro)

    Evolution (2)

    Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1343

-0.1%

0.1%

=

=

SEK

0,0980

0.4%

4.2%

+

++

NOK

0,1221

1.2%

8.1%

=

=

CHF

0,6825

1.2%

1.5%

=

++

GBP

1,1529

2.4%

2.5%

-

++

USD

0,7195

3.2%

-7.8%

-

++

CAD

0,6752

1.6%

7.3%

=

++

AUD

0,6395

2.0%

28.9%

=

--

NZD

0,5072

0.0%

28.2%

+

--

JPY

0,7936

6.0%

-8.7%

=

++

(1) fin janvier 2010 ; p.ex. 1 USD vaut 0,7195 euros, 100 JPY valent 0,7936 euros ;
(2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

INFLATION ET GRÈCE
· Il fallait se lever tôt pour trouver de rendements négatifs sur le marché des sicav d’obligations. Seule catégorie décevante, les sicav d’obligations liées à l’inflation (-0,7 %). Des sicav comme Invesco Euro Inflation-Linked Bond (Deutsche Bank, **) et Petercam L Bonds EUR Inflation Linked ont perdu 1,2 %. La raison de ces contre-performances... la Grèce. Le marché grec est un des rares au sein de la zone euro où l’on trouve ce type d’emprunt public. De ce fait, le portefeuille de ces sicav comprend relativement beaucoup d’obligations grecques et le mois de janvier n’a pas été de tout repos.
· Les sicav d’obligations liées à l’inflation restent un placement intéressant pour ceux qui veulent se prémunir contre une résurgence de l’inflation et préserver prioritairement leur pouvoir d’achat.

MAUVAIS DÉPART
· 2010 a plutôt mal commencé pour les fonds d’épargne-pension. Même un instrument comme Pricos Defensive (CBC-KBC, BE0942006397, **), qui appartient à la catégorie défensive et investit surtout en obligations, a perdu 1 %. Ce sont les actions que ce fonds a en portefeuille qui lui ont joué ce mauvais tour. Des actions du secteur financier surtout comme Banco Santander (-10,8 %) et BNP Paribas (-6,7 %). Comme on retrouve le même type de sélection auprès de la version dynamique du même Pricos (BE0026535543 , **, -2,4 %), ce dernier est aussi celui qui perd le plus de terrain dans sa catégorie.
· Les fonds d’épargne-pension ne sont rien d’autre que des sicav mixtes offrant un avantage fiscal. C’est précisément ce qui les rend intéressants. L’important est de choisir dans la catégorie qui vous convient le mieux. Vous voulez miser sur le potentiel de la Bourse (fonds dynamique) ou bien vous préférez la sécurité qu’offrent les obligations  Sachez cependant que même le fonds le plus défensif, Dexia Pension Fund Defensive (**), comprend des actions et présente donc un risque.