Inflation : favorable à vos dettes ? (22/02/2010)
De manière générale, on considère que l'inflation est favorable aux endettés et défavorable aux créanciers.
Car si l’inflation réduit le poids des intérêts et des remboursements payés par l’endetté, elle affecte le pouvoir d’achat du créancier qui les encaisse. Mais la logique tient-elle dans tous les cas ?
Amie, ennemie
· Vous empruntez 200 000 EUR
en 20 ans, à 5 %. La mensualité est de ±1 300 EUR. Si les
revenus de votre ménage sont de 3 900 EUR, vos remboursements pèsent
±1/3. Au fil des ans, vos revenus augmentent, notamment suite à l’inflation
(pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages, les salaires belges s’adaptent à
l’évolution du coût de la vie). Avec une inflation moyenne de 2 % l’an,
dans 10 ans, vos revenus atteindront 4 750 EUR. La mensualité de votre
prêt ne bougeant pas, elle ne pèsera plus que 27 % des revenus. Dans ce
cas, effectivement, l’inflation profite aux personnes endettées.
· Vous épargnez et souscrivez pour
10 000 euros à une obligation en 10 ans. Les
10 000 euros que vous récupérerez à l’échéance ne vous permettront
plus d’acheter la même chose qu’aujourd’hui. L’inflation est alors votre
ennemie.
Pas si simple
Si le
raisonnement est assez limpide, il n’est pas évident dans tous les cas.
· Pour que l’inflation soit effectivement
en faveur de l’endetté, il faut que les salaires suivent la même évolution et
que le prix des immeubles aille aussi dans la même direction. Or il arrive que
ce ne soit pas le cas : si l’économie ne connaît pas de croissance, qu’il y
a pression sur les salaires et que le prix des immeubles ne suit pas la hausse
des prix. Dans ce cas, l’endetté se retrouve avec un revenu global qui ne suit
pas nécessairement l’inflation, il souffre davantage de la hausse des prix et il
lui est plus difficile de rembourser son prêt.
· En outre, notre exemple se basait sur
l’hypothèse d’un taux fixe. Si le taux du prêt est variable, l’inflation faisant
grimper les taux, à l’heure de la révision du taux, les mensualités du prêt
grimperont aussi. Au bout du compte, le poids de la mensualité par rapport aux
revenus peut augmenter.







