L’Europe est devenue un peu plus allemande (31/01/2012)

 

Un nouveau sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union européenne s’est tenu ce 30 janvier à Bruxelles. A cette occasion, 25 des 27 états membres, l’Angleterre et la République Tchèque passant leur tour, se sont engagés à adopter une législation plus contraignante concernant les déficits publics.

Concrètement, les sanctions à l’encontre d’un pays qui affiche un déficit supérieur à 3 % du PIB seront quasi automatiques afin d’éviter les petits arrangements entre amis qui avaient de facto débouché sur la non application des sanctions prévues par la traité de Maastricht. Par ailleurs, les états s’engagent à œuvrer pour un budget à l’équilibre ou en surplus. Cette « règle d’or » devra être bétonnée législativement dans chaque pays pour empêcher les Gouvernements de s’exonérer de cette contrainte. Clairement, suivant la volonté allemande, l’Europe s’est engagée dans une rigueur budgétaire sans précédent et unique au monde à cette échelle.

Nous sommes sceptiques concernant cette décision. Entre les engagements stricts pris ce 30 janvier à Bruxelles et l’application effective de ceux-ci, des différences notables peuvent apparaître et cela risque surtout de prendre du temps. Ensuite, si un engagement ferme et crédible de grande discipline budgétaire peut rassurer à long terme, cela n’apporte aucune solution dans l’immédiat. Enfin, cette très grande orthodoxie budgétaire voulue par l’Allemagne menace la croissance du vieux continent ces prochaines années. Car sur le front conjoncturel, l’Europe n’avance pas.

Consacré normalement au problème du chômage dans l’Union européenne, le sommet de Bruxelles n’a débouché que sur des déclarations de bonnes intentions dans ce domaine. Tout au plus, le communiqué des Etats membres de la zone euro est marqué de l’empreinte allemande, l’Allemagne érigeant la dévaluation salariale comme la solution au manque de compétitivité de l’Europe. Mais de nouveau, si cette politique portera ses fruits à moyen et long terme, dans l’immédiat, cela déprimera la demande domestique.

Clairement, pour les entreprises, le vieux continent sera un marché difficile dans les prochaines années. C’est pourquoi, globalement, nous préférons les actions et sicav d’actions américaines. Alors que l’économie américaine commence à se rétablir de la crise, les actions y sont globalement bon marché.

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