L'Inde sort de l'ombre chinoise (11/03/2010)
Une opportunité de diversification supplémentaire pour certains investisseurs.
L’Inde est souvent considérée comme la petite sœur de la Chine. A tort. Sa croissance économique forte, couplée à une démographie saine et des autorités qui prennent de plus en plus les choses en main, laisse entrevoir le meilleur pour l’avenir. Les amateurs de placements à long terme peuvent investir en actions indiennes. Notre préférée est la sicav spécialisée de l’écurie Franklin Templeton.
· Lisez n’importe
quelle analyse sur l’Inde dans n’importe quelle publication. Il y a de fortes
chances pour qu’il y soit fait référence à la Chine. Ces deux économies
asiatiques connaissent une croissance exemplaire grâce notamment à une
population motivée et sans cesse mieux formée. Mais alors que la Chine doit
lever le pied pour tempérer son expansion, l’Inde, elle, ne songe qu’à placer la
barre toujours plus haut. Son taux de croissance attendu pour cette année est de
6,5 à 7 %, parfaitement en ligne avec ses prestations ces dix années
(7 % en moyenne). Même l’an dernier, en pleine crise, ce taux s’est
maintenu à un honorable 5,5 %, grâce à l’intervention de l’Etat qui a
multiplié les travaux d’infrastructure, l’aide au crédit immobilier et aux
exportations.
· La Chine reste une
économie dirigiste. L’Etat y est omniprésent. L’Inde, elle, a opté pour un
modèle de développement plus occidental favorisant la libre concurrence mais en
pratique, certaines activités sont encore subventionnées (l’alimentation et
l’énergie par exemple), la bureaucratie pèse toujours sur les affaires et
l’investissement étranger est encore parsemé d’embûches. Les entreprises
étrangères qui souhaitent investir en Inde sont souvent contraintes de
s’associer à un partenaire local.
·
La Chine ne sait trop quoi faire de son argent du fait du taux d’épargne élevé
de sa population et de l’importance de ses réserves en devises. L’Inde par
contre est déficitaire. C’est le plus endetté des pays BRIC
(Brésil-Russie-Inde-Chine).
POUR ET
CONTRE
· Les bonnes
performances économiques de l’Inde, même pendant la crise, ne sont pas
uniquement dues aux interventions de l’Etat. La croissance y est moins
dépendante des exportations que dans certaines autres économies émergentes. La
production industrielle croît au rythme endiablé de quelque 10 % par an.
Les banques n’ont pas été touchées par la crise financière. Et le consommateur
local, fort de la hausse de son pouvoir d’achat, n’hésite pas à
emprunter.
· La forte croissance du
crédit en Inde est d’ailleurs un puissant facteur de soutien pour le futur
économique du pays. A condition toutefois que le pays relève avec succès
quelques défis. En premier lieu son inflation galopante (15 %) qui cause
bien des soucis à la banque centrale du pays. D’autant que 40 % environ de
la population vit sous le seuil de pauvreté de 1,25 dollar par jour. Le
gouvernement ne peut donc se permettre de supprimer les subsides au secteur
alimentaire – à défaut de quoi les prix à la consommation
exploseraient – même s’ils pèsent sur les finances publiques.
D’autres
problèmes pourraient cependant être résolus plus vite. De nouvelles lois ont été
promulguées qui permettent désormais aux entreprises étrangères d’investir plus
facilement et d’augmenter le degré de concurrence, donc la compétitivité de
l’économie. Il a – enfin – été décidé d’investir dans l’infrastructure, ce
parent pauvre qui plus d’une fois a fonctionné comme un goulet d’étranglement
économique. Bien évidemment, tout cela est fort coûteux et prendra donc du
temps.
· A notre avis, le potentiel
économique du pays est tel qu’il est légitime de songer à y investir. Mais comme
les défis décrits plus haut ne sont pas à négliger et que la Bourse de Bombay a
déjà bien progressé (voir plus loin), ne misez pas plus de 5 %, et ce via
une sicav d’actions spécialisée.
UN CHOIX GÉNÉREUX
· La Bourse de Bombay est du type tardiflore.
Jusqu’en 2004 elle ne pesait guère plus que la Bourse de Bruxelles, mais elle
fait aujourd’hui quatre fois plus ! De plus en plus d’investisseurs (étrangers)
apprennent à découvrir les actions indiennes. L’an dernier la Bourse a gagné
87 %, mais c’était après une année 2008 catastrophique (-63 %).
L’amplitude de ces extrêmes montre bien qu’il s’agit d’un placement sportif.
Mais l’évaluation actuelle des actions et les résultats des entreprises montrent
qu’il y a du potentiel.
· Les
principaux secteurs sont la banque (Icici Bank, State Bank of India), l’énergie
(Oil and Natural Gas, Cairn Energy) et l’industrie classique (Reliance
Industries, Jindal Steel & Power). Ces actions se retrouvent dans quasiment
toutes les sicav.
· Le choix en
sicav spécialisées est généreux. La plupart des sicav suivent des trajectoires
comparables. Une seule devrait à terme faire mieux que le marché indien sans
pour cela prendre des risques inconsidérés, Franklin Templeton India
Fund. C’est notre favorite. Ses gestionnaires osent faire des choix, par
exemple celui d’investir moins que la moyenne dans le secteur financier et plus
dans le secteur énergétique. De plus, cette sicav peut être achetée sans frais
d’entrée à la Deutsche Bank. Et, à moins que vous ne teniez absolument à
investir en dollars US (LU0231203729), nous vous conseillons d’opter pour la
version en euros (LU0231205187). A terme, les deux devraient cependant dégager
un rendement identique après change.
CROISSANCE TRIMESTRIELLE EN INDE ET DANS LA ZONE EURO (en %)

L’économie indienne affiche des prestations dignes d’intérêt et à notre avis cela ne peut que se confirmer.







