Les matières premières et le hedging (16/03/2011)

 

Métaux précieux, matières à usage industriel, produits agricoles, les prix de ces matières premières atteignent des sommets. Comment les entreprises consommatrices peuvent-elles se couvrir contre ces hausses? Que peuvent faire les producteurs pour continuer à en bénéficier ?

Hedging

Les consommateurs de matières premières s’arrachent les cheveux ! Comment faire pour répercuter sur leurs prix de vente, et sans dégâts pour leur part de marché, les hausses de prix énormes que subissent les matières premières ? S’ils ne le font pas ou très peu, parce que la concurrence est forte et risque de leur chiper des parts de marché, ce sont leurs marges bénéficiaires qui vont en souffrirt. Sont principalement concernés les secteurs d’activités qui consomment des matières premières et/ou sont directement touchés par leurs fluctuations de prix : les compagnies aériennes, dont la facture de kérosène est directement liée au prix du pétrole, les aciéries, qui se nourrissent de métaux bruts, mais aussi d’entreprises, comme p. ex. Agfa-Gevaert qui utilise de l’argent dans la fabrication de ses produits et est donc confrontée aux fluctuations de prix de ce métal.

 

Il existe des techniques pour se couvrir contre les brusques fluctuations de prix des matières premières. On les désigne sous le terme «hedging» : souscrire des contrats futures, par lesquels les consommateurs de matières premières s’offrent le droit d’acheter, pendant une période déterminée, une matière première donnée, à un prix déterminé d’avance.

 

Pour les producteurs de matières premières, les hausses de prix sont bien sûr une bonne affaire. Mais ils savent aussi que les fluctuations vont dans les deux sens. Un prix peut rapidement chuter, notamment si un pays en forte croissance (dont la forte demande avait fait monter les prix) devient tout à coup moins demandeur.
Les producteurs peuvent aussi se protéger contre cet effet inverse. A l’aide des futures, ils s’engagent à vendre leurs productions à venir, à un prix défini d’avance.
Le marché des futures est donc un terrain sur lequel producteurs et consommateurs peuvent se retrouver et s’entendre.

 

Pas si simple

Sur le marché des futures, le but des entreprises consommatrices et productrices est identique : réduire l’impact, sur leur activité quotidienne, des soubresauts des matières qu’elles vendent ou achètent. Mais, le marché des matières premières étant très inattendu, comment savoir si c’est le bon moment pour se protéger ? Et dans quelle mesure assurer cette protection ?

 

Dans les années 80 et 90, alors que les prix subissaient de constantes baisses, c’est de manière massive que les producteurs se sont couverts, en vendant leur production future bien avant leur extraction. Mais lorsqu’en 2002-03, les prix entamèrent une hausse incessante, ils se sont vus pris à leur propre piège, privés du bénéfice des hausses de prix (imprévues), pour s’être trop couvert contre les baisses.

 

Aujourd’hui, face à la hausse des prix, les producteurs tentent de fixer au maximum leurs ventes futures à des prix élevés, tandis que les consommateurs tentent d’obtenir que leurs achats futurs ne subissent pas une poursuite de la hausse. Mais comme nul ne sait si la hausse va se poursuivre ou s’arrêter, la question est la même pour les acheteurs et les producteurs : faut-il continuer à se protéger et pour combien de temps ?

 

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