Secteur pharma: à la santé de votre portefeuille (08/09/2010)

 

En investissant dans le secteur pharmaceutique, vous diversifiez votre portefeuille et misez sur les marchés qu'ouvre le vieillisement de la population.

Le secteur de la santé présente un caractère défensif et il est... en bonne santé financière ! De plus, certaines valeurs sont affichées à des prix intéressants.

 

Marché

Investir dans le secteur de la santé via une sicav d’actions, cela revient à miser sur les grands noms du secteur pharmaceutique comme les américaines Johnson & Johnson et Pfizer et les européennes Novartis et Roche.
Le contexte dans lequel évoluent ces sociétés est connu. Elles sont confrontées d’une part à l’expiration de leurs brevets, ce qui revient à perdre l’exclusivité sur les spécialités qu’elles vendent et attise la concurrence des médicaments génériques, et les réglementations deviennent de plus en plus strictes. Mais d’autre part cette situation n’est pas neuve et elles peuvent compter sur des bilans sains et d’importantes réserves de cash. Les réductions de coûts ainsi que les fusions de ces dernières années les ont rendues plus compétitives que jamais. Enfin, il y a le contexte général : la population vieillit, les marchés des pays émergents s’ouvrent, bref les chiffres d’affaires devraient se développer.

 

Diversification

Ce qui rend ce secteur intéressant, c’est son caractère défensif. En d’autres termes, les bénéfices du secteur pharma ne sont pas très sensibles aux aléas de la conjoncture – ils le sont moins que les autres en tous cas. La chose n’est pas passée inaperçue : les investisseurs ont bien noté que lorsque les marchés boursiers ont trébuché (-40 % en 2009), le secteur pharma a fait de la résistance (-9 %). Avoir une sicav d’actions pharma dans un portefeuille bien diversifié est donc parfaitement légitime.
Ce n’est pas tout. La valorisation boursière de nombre de sociétés du secteur est à notre avis inférieure à ce qu’elle pourrait être. Beaucoup de mauvaises nouvelles, comme les expirations de brevets, sont déjà intégrées dans les cours, comme on dit. Et le niveau des dividendes (environ 4 % en moyenne) est loin d’être inintéressant.

 

Nos conseils

Les sicav investissant en valeurs pharmaceutiques sont réparties géographiquement. Celles dont l’appellation comprend le mot ‘world’ ou dont la valeur est exprimée en dollars investissent environ 60 % de leur avoir en actions américaines, à savoir les vedettes Johnson & Johnson, Pfizer et Merck & Co; le Japon (Takeda) suit avec 10 % environ et le reste est investi en valeurs européennes comme Roche et Novartis (Suisse) ou GlaxoSmithKline et AstraZeneca (Royaume-Uni). Ce sont d’ailleurs ces valeurs aussi que l’on retrouve dans les portefeuilles des sicav pharma européennes.

Ne vous braquez pas trop sur l’aspect géographique des choses. Les entreprises pharmaceutiques européennes sont actives aux Etats-Unis et inversement. La répartition géographique est donc plus une donnée historique qu’un fait économique.

Comme l’excellente Fortis B Equity Pharma Europe est passée de vie à trépas, nous vous conseillons le tracker coté en Bourse SPDR MSCI Europe Healthcare, autrefois StreetTRACKS MSCI Europe Healthcare, qui capitalise ses rentrées et investit dans une trentaine d’actions.
Nous ne sommes plus acheteurs de Fidelity Global HealthCare A. Ces dernières années cette sicav a fait mieux que la concurrence – en ce sens qu’elle a fait des pertes inférieures –, mais elle ne fait pas la différence face au tracker SPDR sur le plan du rapport entre risque et prestations. N’achetez donc plus, mais vous pouvez conserver.
Les sicav qui ne misent pas (essentiellement) sur les grands noms du secteur, comme BlackRock World Healthscience, dont la spécialité est plutôt la biotechnologie, ou Pictet Generics doivent à notre avis être laissées de côté. Le risque qu’elles présentent est nettement plus élevé que la moyenne, tout comme la valorisation des sociétés en portefeuille, comme Celgene et Genzyme.

 

A éviter

Pour terminer, une remarque. L’offre en sicav pharma est fort large et elle comprend quelques individus à éviter. Par exemple des sicav gérées activement qui non seulement font moins bien que celles alignées sur un indice, mais en arrivent aussi à détruire de la valeur au lieu d’en créer. La raison en est double : soit elles réclament des frais trop élevés, soit leurs gestionnaires font de mauvais choix. Nous vous conseillons donc d’éviter Delta Lloyd Pharma Fund (Delta Lloyd Life, branche 23), ING (L) Invest European Health Care, ING (L) Invest Health Care et Robeco Health Care Equities (EUR) D. Si vous détenez des parts d’une de ces sicav, mieux vaut vendre et vous tourner vers le tracker SPDR. C’est le meilleur moyen de vous ménager une bonne position dans le secteur pharma.

 

Pour comparer les performances des sicav entre elles, cliquez ici.