Tableau de bord (01/03/2010)

La valse-hésitation des Bourses.

Quelque peu rassurés par les déclarations d’intention de l’Europe à l’égard de la Grèce, l’investisseur en EUR a engrangé 2,8 % sur les Bourses mondiales. Néanmoins, les deux tiers des gains résultent de la hausse du USD face à l’EUR et les indicateurs macro-économiques témoignent d’un risque de reprise plus faible que prévu.

L’euro s’affaiblit…
Si l’Europe s’est engagée à venir en aide à Athènes, Berlin, qui reste le maître à payer de l’Union européenne, semble, elle, décidée à ne pas rendre la vie facile au gouvernement de M. Papandreou. Il est vrai que depuis le début de l’année, la crise liée à la Grèce a permis à l’euro de se déprécier de 4,9 % face au dollar, mais aussi face à d’autres devises. Et en février, l’euro a encore perdu 2,6 % face au dollar canadien et 4,9 % face à la couronne suédoise, alors que le yen et le dollar australien sont montés à des niveaux rarement approchés ces dernières années. Cet affaiblissement de l’euro est loin de déplaire aux exportateurs allemands, qui restent le moteur de l’économie teutonne. Ces craintes liées à l’euro nous semblent toutefois surfaites. Comme l’a souligné à juste titre la BCE, les déficits et l’endettement de la zone euro sont dans l’ensemble inférieurs à ceux des autres grandes nations industrialisées. En outre, les montants que doit financer la Grèce sont loin d’être gigantesques et, dans le pire des cas, le pays pourrait faire appel au FMI. Peut-être plus grave pour l’économie mondiale est l’essoufflement de la reprise. Après un bon 3ème trimestre, dopé par divers stimuli, l’économie européenne n’a réussi qu’un petit 0,1 % de croissance au 4ème trimestre. Il est vrai qu’au-delà du taux de chômage élevé, le Vieux-Continent est confronté à une montée en flèche des conflits sociaux, qui pèsent sur le climat des affaires et la confiance des entrepreneurs. Scénario semblable aux Etats-Unis, où les ventes de maison ont chuté malgré l’extension des aides au premier achat et où le nombre de chômeurs augmente. Dès lors, le scénario d’une croissance molle pour 2010 reste le plus probable.

Tableau des devises

Code
ISO

Cours
en euro
26/02/10

Evolution en % sur

Fluctuations

Perspectives

1 mois

1 an

5 ans

1 an

Long terme

DKK

0.1344

0.04

0.10

0.00

faibles

=

=

GBP

1.1155

-3.24

-0.60

-23.11

fortes

-

++

SEK

0.1030

5.13

17.71

-6.69

modérées

+

++

CHF

0.6830

0.07

1.06

4.98

modérées

=

++

NOK

0.1240

1.55

11.02

1.89

fortes

=

=

USD

0.7327

1.84

-6.94

-2.75

fortes

-

++

CAD

0.6933

2.67

11.72

13.10

fortes

=

++

AUD

0.6561

2.60

30.45

9.71

fortes

=

--

NZD

0.5117

0.88

29.75

-6.87

fortes

+

--

JPY

0.8245

3.90

2.47

14.13

fortes

=

++

Inflation et taux d'intérêt en % (26/02/2010)

Devise

Inflation
mois

Taux
3 mois

Trend

Taux
5 ans

Trend

Taux
10 ans

Trend

EUR

1.0

Jan

0.65

=

2.03

+

3.30

+

DKK

2.0

Jan

0.95

=

2.03

+

3.10

+

GBP

3.5

Jan

0.61

=

2.31

+

3.84

+

SEK

2.6

Jan

0.12

=

2.19

+

3.01

+

CHF

1.0

Jan

0.25

=

0.64

+

2.02

+

NOK

2.3

Jan

2.17

+

2.73

+

3.47

+

USD

2.6

Jan

0.24

=

2.04

+

3.43

+

CAD

2.0

Jan

0.43

=

2.24

+

3.27

+

AUD

2.1

Déc

4.10

+

4.91

+

5.37

+

NZD

2.0

Déc

2.93

+

4.51

+

5.50

+

JPY

-1.3

Jan

0.33

=

0.42

+

1.02

+

   Nos prévisions portent sur un horizon d’environ 6 mois.

… et les Bourses hésitent
Les marchés ont évolué en dents de scie le mois passé. Pourtant, hormis les fausses notes de L’Oréal (-0,6 %), Daimler (-8,1 %), Tessenderlo (-5,2 %)…, les résultats du dernier trimestre 2009 étaient conformes aux attentes et bon nombre de sociétés ont enregistré une hausse de leur bénéfice au 4ème trimestre, une première depuis mi-2007 ! Cette hausse se chiffre même à plus de 70 % pour les sociétés américaines. Toutefois, si on exclut le secteur financier dont les résultats avaient été catastrophiques au 4ème trimestre 2008, la progression bénéficiaire se limite à une dizaine de pour-cent et résulte surtout des réductions de coûts. Dans les trimestres à venir, si les banques devraient encore profiter du différentiel croissant entre les taux à long terme et les taux à court terme, il n’en demeure pas moins que de nouvelles provisions devront encore être comptabilisées et, qu’à plus long terme, les futures réglementations (Bâle III, taxe Obama,…) raboteront inévitablement leur rentabilité. Les incertitudes liées aux prix obtenus pour les cessions d’activités exigées par la Commission européenne, e.a. chez Dexia (-11,7 %) et KBC (+5,2 %), constituent un risque supplémentaire. Aussi, au vu des prévisions très timides, voire contradictoires, des sociétés pour 2010, des chiffres de l’emploi médiocres, de la situation budgétaire des Etats et des importantes capacités de productions inutilisées, l’hésitation des Bourses – qui tablent toujours sur une hausse de 20 à 25 % des bénéfices – semble naturelle. Si l’investisseur en EUR a encore réussi à gagner 2,8 % sur les Bourses mondiales depuis le début de l’année, il le doit en grande partie à la hausse du dollar. Signe révélateur, depuis janvier, ce sont les secteurs les plus cycliques qui affichent les moins bonnes performances, à l’instar de l’automobile (-1,5 %), du pétrole (-0,3 %), de la sidérurgie et non-ferreux (+0,5 %) ou de la construction (-2,2 %), alors que les secteurs les plus défensifs gagnent 4 à 5 %. Parmi ceux-ci, épinglons les pharmaceutiques (+4,9 % depuis le 1/1/10) que nous conseillons toujours, les distributeurs (+5,6 %) ou encore le secteur alimentaire (+4,2 %) qui vient de profiter des bons résultats publiés e.a. par les brasseurs Heineken (+1,1 %) et Carlsberg (+4,5 %). Bien que leur marché, mature, soit en déclin, les deux brasseurs parviennent à limiter la casse en se développant dans les marchés émergents, tout en relevant leurs prix et en sabrant dans les coûts. Bons résultats aussi pour Krafts Foods (+2,8 % ; achetez) qui poursuit sa stratégie judicieuse et vient de mettre la main sur Cadbury. A noter enfin que nous achetons toujours certaines valeurs pétrolières. D’une part, les stocks élevés et les marges de raffinage déprimées ne devraient pas perdurer et d’autre part, les perspectives à long terme restent intactes. La hausse de la demande des pays émergents, la fin du pétrole bon marché et la diversification vers le renouvelable devraient en effet soutenir le secteur, en outre peu endetté. Notre action favorite est Chevron (+0,3 %), vu sa capacité à augmenter ses réserves tout en rémunérant ses actionnaires.

Les Bourses mondiales en un clin d’oeil (26/02/10)

Bourse de (1)

Evolution (%) sur (2)

P/E
(3)

1 mois

1 an

5 ans

Europe

-0.8

50.9

2.6

13.0

Zone euro

-1.6

42.9

1.7

12.6

Belgique

0.0

45.3

-0.4

13.7

Pays-Bas

-1.8

61.7

1.6

14.1

Allemagne

0.0

36.9

4.0

13.0

France

-0.7

44.4

2.8

13.5

Grande-Bretagne

0.0

49.1

0.2

13.7

Suisse

3.1

46.7

6.4

13.4

Italie

-3.5

41.3

-2.7

10.2

Espagne

-5.2

32.5

3.0

9.9

Portugal

-4.5

33.9

2.5

13.1

Etats-Unis

5.2

43.6

0.4

14.5

Canada

7.7

63.8

9.1

21.0

Australie

4.4

91.6

9.2

16.6

Japon

3.1

23.1

-0.9

29.7

Brésil

5.1

91.1

27.4

16.4

Europe de l’Est

-3.6

99.8

10.0

13.1

Inde

1.4

97.9

18.2

20.0

Hong-Kong

6.0

54.3

10.3

16.9

  (1) Indices return Datastream; (2) En euro sur base annuelle;
  (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels).

Les secteurs en un clin d’oeil (26/02/10)

Secteurs (indices mondiaux) (1)

Evolution (%) sur (2)

P/E
(3)

1 mois

1 an

5 ans

Financier

2.8

72.2

-1.4

17.2

Biens de consommation

2.4

46.1

6.5

22.1

Alimentation et boissons

2.6

46.8

9.1

18.5

Distribution

4.1

43.4

3.3

18.7

Santé & pharmacie

2.2

32.3

3.5

15.0

Pétrole & gaz

1.7

39.1

7.4

15.6

Serv. Aux collectivités

-0.2

20.9

7.1

12.7

Chimie

3.9

61.5

9.4

27.6

Automobile

0.0

45.6

1.8

48.8

Sidérurgie, non-ferreux

4.8

101.0

14.2

23.6

Construction

-0.3

59.4

3.6

15.9

Immobilier

5.0

67.3

1.9

24.2

Industries, services div.

3.8

61.5

3.7

20.1

Médias

4.3

51.8

-3.0

20.0

Voyages & loisirs

4.1

39.6

-0.8

22.0

Opérateurs télécom

1.8

18.0

3.9

12.6

Haute technologie

4.7

60.3

3.4

24.1

  (1) Indices return Datastream; (2) en euro sur base annuelle;
  (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels).