La publicité trompeuse sur la sellette
« Brûler rapidement les graisses », « Maigrir de 5 kg en une semaine », « Un ventre plat », etc. Ceux qui s'astreignent à un régime ne connaissent que trop bien ce genre de… salades. Et pourtant, des publicitaires et commerçants roublards parviennent encore à vendre aux gens l'illusion d'une méthode d'amaigrissement ultrarapide, et souvent très coûteuse. Peuvent-ils s’en tirer impunément ? Et comment pouvez-vous contribuer à lutter contre la publicité trompeuse ?
« Perdre 7,5 kg avec la méthode de D. Glazerre »
« Perdre jusqu'à 7,5 kg – sans opération – sans effort » : D. Glazerre vante sa toute dernière méthode d'amaigrissement dans un quotidien populaire. La publicité montre des photos de personnes avant et après le régime et propose le produit Slimuntia. Y sont joints un bon de commande, accompagné d’une garantie, un cadeau gratuit à la commande d’une cure et les données de contact.
Un consommateur a introduit une plainte auprès du Jury d'éthique publicitaire (JEP). Estimant que le message publicitaire comportait des éléments rédactionnels (texte, affirmation, slogan) et visuels (image, dessin, photo) non conformes à la législation ou aux codes en vigueur, le JEP a prié l'annonceur de ne plus publier cette annonce sous quelque forme que ce soit. En outre, l'annonceur devra soumettre au jury ses campagnes ultérieures pour la même marque, et ce pendant un an. Les médias concernés ont été avertis, afin qu'ils respectent cette exigence.
Le JEP pour plus d'autodiscipline
Le Jury d'éthique publicitaire a été créé en 1974 par le secteur de la publicité. C'est donc d'une instance autodisciplinaire. Il vérifie la conformité des messages publicitaires avec les règles d'éthique publicitaire (non seulement la législation mais aussi les codes de conduite et les recommandations). Il examine les plaintes que lui soumettent les consommateurs, mais aussi les demandes d’examen préalable des annonceurs. En tant que consommateur, vous pouvez introduire une plainte auprès du JEP à propos de la publicité diffusée par les médias (journaux, revues, affiches, radio, télévision, cinéma, internet, dépliants, etc.).
Il y a un jury de première instance et un jury d'appel. Le nombre de membres est passé de huit à douze depuis le 1er juillet 2009 (le président non compris) : six représentants du secteur publicitaire et six de la société civile (dont deux désignés par Test-Achats). Les déibérations sont secrètes. Soit le jury formule un "avis de réserve" en laissant à l’annonceur, à l’agence et aux media la responsabilité de la suite à y donner, soit l'annonceur est contraint de modifier ou de mettre fin à une campagne. Les décisions sont susceptibles d'appel devant le jury d'appel.
Des plaintes ?
En tant que source d'information, la publicité se doit d’être honnête et clairement indentifiable en tant que telle. Le consommateur achète les produits qu'elle vante et est donc en droit de signaler des infractions aux règles en matière de publicité. Si vous estimez qu'une formulation est ambiguë ou confuse (par ex. en raison d'omissions, de mentions en petits caractères dans le cadre d’une promotion...) ou qu'une publicité est choquante, dénigrante ou mensongère, n'hésitez pas à déposer une plainte auprès du JEP en la motivant par rapport au contenu de la publicité (termes, slogans, affirmations, images...).
Vous pouvez remplir un formulaire de plainte en ligne sur le site du JEP. Vous pouvez aussi l'envoyer par courrier (avenue Louise, 120 bte 5, 1050 Bruxelles) ou par fax (02 502 77 33).
Le jury examine la publicité et décide si elle est conforme aux principes de base en matière de pratiques publicitaires, la législation et les codes en vigueur et s'il faut ou non la modifier ou la supprimer. En matière de décence et de bon goût, le jury ne peut qu'émettre un avis de réserve. L'annonceur et le support peuvent décider d’y donner suite ou non.

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