Le médicament amaigrissant Reductil retiré du marché
27/1/2010
Le Reductil a été introduit sur le marché belge en 2001, comme médicament pour aider à lutter contre le surpoids. D'emblée, nous avons émis de sérieuses réserves quant à sa réelle utilité et attiré l'attention sur la possibilité d'effets indésirables graves. Près de 10 ans plus tard, l'Agence européenne des médicaments a enfin fini par conclure que le Reductil fait sans doute plus de tort que de bien.
Accidents vasculaires cérébraux et infarctus
Le Reductil (sibutramine) est utilisé pour favoriser la perte de poids chez les personnes obèses ou les personnes en surpoids qui présentent d'autres facteurs de risque, tels un diabète de type 2 ou une dyslipidémie (taux anormaux de lipides dans le sang). Suite à une récente étude montrant un risque accru de troubles cardiovasculaires graves, comme des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux (AVC), l'Agence européenne des médicaments (EMA) a procédé à une réévaluation de la sécurité de la sibutramine. Admettant enfin aussi que le médicament n'a qu'une efficacité limitée (perte de poids restreinte et reprise de poids à l'arrêt du traitement), l'agence conclut que la balance bénéfices/risque du Reductil est négative. Sur base des données disponibles, elle a donc demandé la suspension de sa commercialisation.
Une décision tardive
On savait pourtant depuis belle lurette que le Reductil n'est que moyennement efficace, alors que des effets indésirables graves sont possibles. Déjà en 2001 (Test-Santé 46, décembre 2001/janvier 2002), dans un commentaire critique, nous avons cité diverses revues médicales indépendantes, qui estimaient que la sibutramine n'est guère efficace et qu'elle risque d'exposer les utilisateurs à des effets secondaires dangereux. Ainsi, on savait déjà à l'époque que le médicament fait grimper la tension artérielle et augmente le rythme cardiaque. On était donc en droit de se demander si la délivrance d'une autorisation de mise sur le marché pour ce médicament rendait vraiment service aux personnes en surpoids.
Pas la première fois
Il n'est hélas pas exceptionnel que des médicaments qui n'ont qu'une utilité très relative et dont les effets indésirables n'ont pas été correctement évalués, doivent ensuite être retirés du marché. Un autre exemple récent concerne également un médicament anti-obésité, à savoir l'Acomplia (rimonabant). Il a été retiré du marché fin 2008, essentiellement à cause des nombreuses notifications d'effets indésirables psychiatriques, tels que des dépressions, des troubles du sommeil, de l'anxiété et de l'agressivité. Or, là aussi, les risques étaient connus de longue date. Avant même la mise sur le marché de l'Acomplia en Europe, nous avions attiré l'attention sur son utilité restreinte et sur la possibilité d'effets secondaires sérieux (voir TS 68, août/septembre 2005). Il est à signaler que le médicament n'a jamais été autorisé aux Etats-Unis, la FDA ayant estimé que son innocuité était sujette à caution.
Il ne reste à l'heure actuelle qu'un seul "médicament amaigrissant" sur le marché: l'orlistat, sous les noms de marque Xenical (sur prescription) et Alli (disponible sans ordonnance). Nous avons récemment vigoureusement protesté contre le fait que l'orlistat soit désormais aussi disponible en vente libre sous le nom d'Alli. Selon nous, cette décision n'a pas d'avantages en matière de santé publique et n'entraîne que des risques. Nous ne pouvons qu'espérer que, dans ce cas ci, l'avenir démontrera que nous avions tort de nous inquiéter....

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