Qualité de vie dans les villes vue par leurs habitants
Lorsqu'on sillonne la campagne de notre plat pays, on a parfois l’impression que tout le monde a fui les villes pour s’installer sur les terrains convoités “à l’extérieur”. Test-Achats a réalisé une enquête sur les facteurs influençant positivement et négativement la qualité de vie dans les villes. En ce qui concerne la qualité de vie calculée par Test Achats de manière globale (indice sur 100), le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats pour la Belgique sont très contrastés : 72/100 pour Hasselt, aussi classée meilleure ville des 4 pays scrutés, à 48/100 pour Charleroi, classée bonne dernière des 20 villes belges et parmi les dernières des 76 villes examinées (68 sur 76). Les éléments qui pèsent le plus dans la balance pour les citadins de ces villes sont le sentiment d’insécurité, le logement, l’emploi, la mobilité et l’environnement, mais tout cela varie très fort d’une situation socio-économique à l’autre. Le classement général des 76 villes européennes se retrouve intégralement sur www.test-achats.be .
Donner la parole aux citadins : plus de 2000 belges, 10.000 européens …
L'enquête a été menée dans 4 pays (Belgique, Espagne, Italie et Portugal). Vingt villes belges ont été étudiées, dont 9 en Flandre, 10 en Wallonie et Bruxelles. Les habitants étaient invités à exprimer leur degré de satisfaction (ou non) sur 11 aspects pouvant avoir une influence sur la qualité de la vie : logement; soins de santé; enseignement; mobilité et transport; paysage urbain; emploi et marché du travail; environnement et pollution; sécurité et criminalité; magasins et services; culture, loisirs et sport; gestion, administration et planification urbaines. Il a été demandé aux personnes participant à l’enquête quels étaient les aspects qui influençaient le plus la qualité de vie dans une ville. En Belgique, les cinq aspects les plus souvent cités sont – par ordre d’importance – la sécurité et la criminalité (20%) ; le logement (15%) ; l’emploi et le marché du travail (11%) ; la mobilité et les transports (11%) et l’environnement et la pollution (9%). Ces critères peuvent être considérés comme les priorités dans la politique urbaine. Par ailleurs, Test Achats a réussi à calculer sur base de tous ces résultats, un indice global de qualité de vie (sur 100), obtenu par pondération sur base de l’importance donnée par les participants aux différents critères.
Santé, enseignement, emploi ? Assez positif en Belgique …
Les soins de santé sont le domaine où la satisfaction des belges est en moyenne la plus élevée (indice globale de satisfaction de 8,1 sur une échelle de 1 à 10). En particulier, les villes pour lesquelles la satisfaction concernant les hôpitaux est la plus élevée sont les villes de Louvain (9,0), Alost (8,6), Bruges (8,4) et Gand (8,3). Par contre, les villes d’Arlon (6,7), Sambreville (6,7) et Wavre (6,0) sont en queue de peloton.
L’évaluation globale de l’enseignement dans les villes belges est également en moyenne assez positive (7,7). Les scores sont cependant plus élevés en moyenne dans les villes flamandes (8,1) que dans les villes wallonnes (7,4) et à Bruxelles (7,0). Louvain (8,6), Bruges (8,4), Courtrai (8,3) et Hasselt (8,2) sont les villes les mieux classées tant en Belgique que parmi les autres villes faisant partie de l’échantillon. Les villes de Liège (7,2), Bruxelles (7,0) et Charleroi (6,8) sont les dernières du classement en Belgique.
Un élément important dans la qualité de vie est l’opportunité de trouver un emploi dans sa propre ville ou du moins à une distance raisonnable de son domicile. Il ressort de l’enquête que 89% des bruxellois travaillent dans leur propre ville ; ce qui est bien plus que dans toutes les autres villes. 69% des anversois, 67% des liégeois et 67% des brugeois travaillent dans leur ville. En bas du classement, c’est 30% des habitants de Sambreville, 23% des habitants de Braine-l’Alleud et seulement 19% des habitants de Wavre qui travaillent dans leur propre ville. En moyenne, les citadins des villes belges étudiées ont besoin d’un peu moins d’une demi-heure (29 minutes) pour se rendre sur leur lieu de travail. Toutefois, ce sont dans des villes comme Braine-l’Alleud (38 minutes), Namur (38 minutes), Mons (37 minutes) et Wavre (36 minutes) que le trajet entre le domicile et le lieu de travail prend le plus de temps. La durée moyenne de trajet d’un bruxellois est de 27 minutes. La ville de Courtrai est celle où les trajets durent le moins longtemps (23 minutes).
Au final, les villes belges qui ont reçu la meilleure évaluation concernant l’emploi et le marché du travail sont Louvain (6,4), Courtrai (6,4) et Hasselt (6,3). Les villes situées en bas de classement sont les villes de Mons (3,9), Sambreville (3,7) et Charleroi (3,5).
Transport public : la gratuité paie
La mobilité et le transport sont très souvent désignés comme talon d'Achille de la qualité de vie des villes. Les citadins belges attribuent en moyenne un score de 6,2 à cet aspect. Evidemment, cela dépend beaucoup de la façon dont on se déplace. L’un dans l’autre, peu de répondants se disent adeptes des transports en commun. Seuls les Bruxellois sont pour plus de la moitié (54 %) des utilisateurs fréquents des transports en commun (les utilisent souvent ou presque toujours). Et 32 % les emploient (quasi) exclusivement pour se déplacer. Manifestement, les initiatives d’amélioration et d’extension du réseau de transport de la STIB sont payantes. Seuls 14 % des Bruxellois disent ne (presque) jamais emprunter les transports en commun. En ce qui concerne le taux de satisfaction, Hasselt sort du lot. Ce taux y est très élevé pour presque tous les critères (horaire, fréquence, trajets, confort, sécurité, prix, facilité de déplacement, etc.). Aucune autre ville ne fait mieux sur ce plan. Sources manifestes de mécontentement : les horaires et la fréquence dans quelques plus petites villes wallonnes (surtout Marche-en-Famenne, Sambreville et Wavre) et la sécurité sur le réseau à Anvers, Charleroi et Sambreville. D’une manière générale, les villes qui s’en sortent le mieux en matière de mobilité sont les villes d’Hasselt (7,6), Genk (7,4), et Bruges (7,0). Signalons les trois scores les moins élevés en Belgique de Bruxelles (5,5), Arlon (5,5) et Mons (5,4).
Sentiment d'insécurité : il est « lourd » !
Test-Achats a également recueilli les impressions des citadins à propos du sentiment d’ (in)sécurité. A Charleroi, tout le monde ou presque (90%) dit se sentir (plutôt) en insécurité la nuit, que ce soit en rue ou dans les endroits publics. Un sentiment également prédominant chez bon nombre d'habitants d'autres villes wallonnes ainsi que chez de nombreux Bruxellois (68%). Du côté flamand, la majorité des habitants de Malines (64%), Anvers (63%) et Alost (58%) ressentent la même chose la nuit. Notons que ce sentiment d'insécurité est aussi présent en journée dans certaines villes. C'est le cas pour 53 % des habitants de Charleroi qui se sentent (plutôt) en insécurité la journée. Et dans les villes suivantes, ce pourcentage est d'environ un tiers de la population : Anvers, Bruxelles, Liège, Mons, Sambreville et Verviers.
Administrations publiques : malheureusement, des confirmations …
Globalement, la satisfaction concernant les administrations communales est assez faible (5,9). Les villes qui reçoivent la meilleure évaluation en ce domaine sont, par ordre de satisfaction, Hasselt (7,1), Genk (7,0), Bruges (6,9) et Marche-en-Famenne (6,8). Par contre, les villes les moins bien évaluées sont les villes de Namur (5,0), Alost (4,8), Sambreville (4,6), Charleroi (4,3). Soulignons en particulier trois points faibles des administrations communales dans les villes belges : la coordination entre les différents départements (5,8), la réponse aux besoins des citoyens (5,4) et le niveau de transparence (5,3). Cela semble confirmer certaines enquêtes passées de Test Achats sur le terrain des administrations communales, notamment juste en prélude des dernières élections communales de 2006.
Les villes flamandes mieux appréciées
De nombreuses villes, wallonnes surtout, devront faire des efforts pour renverser la tendance et créer un sentiment de fierté des habitants pour leur ville. En Flandre, la satisfaction générale est plus grande pour presque tous les critères. Voici quelques exemples frappants. Ensemble, les villes flamandes obtiennent 6,7 sur une échelle de 1 à 10 en ce qui concerne la mobilité et le transport, contre 5,8 pour les villes wallonnes et 5,5 pour Bruxelles. Et on trouve le même type de différences pour le paysage urbain (villes flamandes :7; villes wallonnes :6,1; Bruxelles : 6,1), la satisfaction à propos de l'emploi (villes flamandes : 6,1; Bruxelles : 5,1; Wallonie : 4,5), la satisfaction à propos de la sécurité (villes flamandes : 6,4; villes wallonnes : 5,7; Bruxelles : 5,3) et la satisfaction sur la gestion, administration et planification urbaine (villes flamandes : 6,4; villes wallonnes : 5,4; Bruxelles : 5,2). Pas étonnant dès lors qu'en moyenne, 67 % de Wallons déclarent qu'ils préféreraient habiter dans le Platteland. A Bruxelles, ce sont 61 % des habitants qui souhaiteraient vivre en dehors de la capitale. Et seuls 37 % des flamands disent souhaiter quitter leur ville et son agitation.
Hasselt en tête de tous les classements !
Les villes concernées par cette enquête sont classées selon un indice global de "qualité de vie" (sur 100), obtenu par pondération sur base de l’importance donnée par les participants aux différents critères. Hasselt, Louvain et Bruges obtiennent les indices les plus élevés (72). La qualité de vie y est donc la meilleure. Hasselt est la seule ville à rester dans le groupe de tête pour tous les critères, au contraire de Charleroi, à la traîne pour presque tous les critères. Marche-en-Famenne (65) est la seule ville wallonne à se glisser dans le groupe des villes aux meilleurs résultats. En revanche, Alost (58) est la ville flamande dont les résultats sont les plus décevants. Quant à la capitale, ses résultats sont tout aussi peu positifs (56). Il est quand même encourageant de noter que d’après les répondants, en 5 ans, les choses ont bien évolué pour pas mal de villes : Louvain (61 %), Arlon (57 %), Hasselt (56 %), Malines (55 %), Marche-en-Famenne (52 %). Mais pour certaines autres, le signal est toujours clairement au rouge : 44 % des habitants de Bruxelles et 51 % des Carolorégiens disent avoir vu la qualité de vie dans leur ville baisser au cours de ces 5 années.
Comparaisons internationales
Lorsqu’on regarde le classement des villes belges parmi l’ensemble des villes de l’échantillon européen, il est frappant de noter que nos villes tiennent en général très bien la comparaison et ce, pour tous les critères. La moyenne de notre indice global de qualité de vie pour les villes belges est de 62 (sur 100) contre 54 pour l’Italie et l’Espagne et 53 pour le Portugal. Les cinq premières places du classement sont occupées par des villes belges Hasselt (1e place), Louvain (2e place), Bruges (3e place), Genk (4e place) et Gand (5e place). Bruxelles se situe en milieu de classement (30e place). Les villes wallonnes de Marche-en-Famenne (9e place), Arlon (12e place), Braine-l’Alleud (13e place), Wavre (14e place) et Namur (15e place) se trouvent dans les quinze premières places. La seule ville belge située dans les dix dernières places est la ville de Charleroi (68 sur 76).

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