Bientôt des steaks clonés dans nos assiettes ?
Le 11/1/2008, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu un avis scientifique préliminaire favorable à ces nouveaux types d’aliments qui ne présenteraient «aucune différence significative» par rapport à ceux issus d’animaux reproduits par voie naturelle. Elle estime que « la viande et le lait issus d’animaux clonés sains et de leur descendance présentent la même composition et la même valeur nutritionnelle que les produits issus d’animaux élevés de manière traditionnelle » et juge « très improbable qu’il existe une quelconque différence en termes de sécurité alimentaire ». Elle reconnaît toutefois que les données scientifiques sur lesquelles elle a fondé son étude sont encore limitées vu le caractère récent de cette biotechnologie.
Le 15/1/2008, la FDA américaine (Food and Drug Administration) a donné de son côté le feu vert à la commercialisation de tels aliments. Une décision, ajoute la FDA, qui intervient après des années d’études détaillées et d’analyses. Et elle ajoute qu’elle n’imposera pas la mention de cette caractéristique sur l’étiquette des produits vendus au consommateur. Le sous-secrétaire américain à l’Agriculture paraît pourtant moins enthousiaste puisqu’il a déclaré « encourager les éleveurs recourant à cette technique de maintenir le moratoire volontaire sur la commercialisation de tels aliments ».
Le clonage, c’est quoi ?
Tout le monde se rappelle de la naissance de la brebis Dolly, premier mammifère cloné né en 1997 en Grande-Bretagne. Depuis lors, l’industrie biotechnologique américaine a investi énormément dans le clonage pour parvenir à reproduire un cheptel doté des meilleures qualités génétiques. Pour faire bref, cette technique consiste à transférer le noyau (contenant l’ADN) d’une cellule adulte dans un ovule dont on a préalablement retiré le noyau, afin de créer un embryon qui sera le clone de l’animal adulte ayant fourni son ADN. Il s’agit donc, par exemple, de créer le clone d’un taureau d’élite ou d’une vache laitière hautement productive et de commercialiser la viande ou le lait de leur descendance. Le nombre de sociétés recourant à cette technique est encore très limité aux USA et les spécialistes estiment qu’il faudra encore au moins 5 ans avant que de tels aliments soient systématiquement proposés aux consommateurs. Actuellement, l’on estime à 600 environ le nombre d’animaux clonés aux USA, principalement des bovins.
Que penser de tout cela ?
- A la lecture de ces données, on ne peut s’empêcher, même si comparaison n’est pas raison, de faire le rapprochement avec ce que nous avons connu et connaissons dans le domaine des OGM.
- Test-Achats n’est pas opposé, par principe, au progrès technologique et aux avancées dans la science. Mais nous estimons que de telles innovations ne méritent ce nom que si elles apportent un bénéfice réel au consommateur, que ce soit en termes de santé, de nutrition ou d’ordre environnemental. Et il faut bien admettre que, dans l’état actuel des choses, tout est à prouver dans ce domaine.
- L’attitude quelque peu contradictoire de l’EFSA (il n’y a pas de danger…mais l’on manque de recul et de données suffisantes) n’est pas faite pour nous rassurer ni le consommateur avec nous. Jouerait-on une fois de plus à l’apprenti sorcier ?
- D’un strict point de vue économique se pose également la question : « Avons-nous besoin de nouvelles sources d’approvisionnement en viandes et lait ? ». La réponse, pour ce qui concerne l’Union européenne est claire : non ! Et que l’on ne nous avance pas l’argument de la faim dans le monde…on sait trop que cette problématique n’est pas question de quantité mais bien d’accessibilité à une alimentation correcte.
- Nous plaidons donc pour une application réaliste du principe de précaution avant toute autorisation de commercialisation.

Favoris
Email
Google
Myspace
Facebook
Live
Del.icio.us
Twitter