Test-Achats

Comptes à vue : plus chers, moins transparents pour des consommateurs peu mobiles


De nombreuses banques ont augmenté leurs tarifs et durci leurs conditions. Deutsche Bank et Argenta proposent toujours les comptes les moins chers, même s'ils sont moins avantageux qu'avant. Comparer les comptes à vue s'est une nouvelle fois révélé être un vrai casse-tête tant les structures tarifaires des banques sont compliquées. Les grands perdants sont les consommateurs, qui vont rarement voir ailleurs si leur banquier y est.
Depuis 2004, le "dossier personnel de mobilité bancaire", sorte de vade-mecum des démarches à entreprendre, est censé les aider. Mais la sauce ne prend pas. En outre, la mobilité se heurte à un autre grand obstacle : l'intrication des services financiers. L'association plaide pour que la mobilité bancaire soit coulée dans une loi. Test Achats rappelle que les consommateurs désireux de rechercher les comptes à vue les plus intéressants, peuvent le faire sur www.test-achats.be  via le seul simulateur tarifaire disponible en Belgique.


Coût global : les utilisateurs traditionnels trinquent

Certaines banques, dont Dexia et la Banque de la Poste, ont modifié leur offre, rendant la comparaison avec la précédente enquête difficile. Mais les profils de Test-Achats, eux, n'ont pas changé. L'association calcule le coût global des comptes à vue en fonction de trois profils d'utilisateurs : traditionnel, actif et électronique. Ces profils correspondent à trois cocktails d’opérations et de services différents : retraits, paiements électroniques, chargement proton, etc.

Force est de constater que les mêmes services se paient plus chers, sauf rares exceptions. Ceux qui trinquent le plus sont les utilisateurs traditionnels, qui voient leurs coûts grimper de 21 % par rapport à 2007. Cette hausse importante s’explique en partie par la récente obligation d’équiper toutes les cartes de banques de la fonction Maestro. Décision qui s’inscrit dans le processus d’harmonisation des paiements au sein de l’UE (SEPA). En clair, les personnes qui n'effectuent pas de paiements à l'étranger sont pénalisées, puisqu'elles sont obligées de payer un service dont elles n'auront aucun usage.


Des conditions qui se resserrent

Au-delà du prix, les clients se voient proposer des offres moins favorables. Subrepticement, des clauses plus restrictives ont fleuri dans les conditions tarifaires des banques. Deux exemples :

- Le bonus banking : grâce à ce système prévu par quelques banques, l'utilisateur se voit accorder des ristournes sur les frais engendrés par son compte chaque fois qu'il réalise telle ou telle opération, un paiement via Bancontact par exemple ou un virement par internet banking. Chez Dexia, qui le proposait avec un de ses packages, il disparaît purement et simplement. Et Axa Banque met fin à la ristourne (0,05 €) accordée à chaque paiement avec la carte de débit.

- Les taux d’intérêts créditeurs (solde positif) : la plupart des banques ont revu leurs taux, déjà bas, à la baisse et les assortissent de clauses plus restrictives. Chez Argenta, ils passent de 3,15 % à 0,10 % pour le compte internet, et de 1,60 à 0,10 % pour le compte Giro. Autant dire rien, car il faut encore retrancher le précompte mobilier de 15 %. Plus subtiles, CBC et KBC ne modifient pas leur taux, mais font passer la tranche improductive d'intérêts de 1 500 à 2 000 €.


Test-Achats réclame plus de transparence dans les tarifs

Les banques sont légalement tenues de mentionner certains coûts dans leurs tarifs. Mais elles sont libres de les présenter comme elles l'entendent. Et elles ne se gênent pas : tableaux, prospectus, feuillets, cartons d'invitation peu détaillés ou véritables revues de plus de 20 pages.

Les documents tarifaires sont de véritables labyrinthes truffés de notes de bas de page, et rédigés dans un vocabulaire maison aux accents kafkaïens. Même au sein d'une seule banque, choisir parmi les différentes formules n'est pas chose aisée.

Dans ces conditions, comparer les offres n'est certainement pas à la portée de la majorité des consommateurs. D'autant que de plus en plus de banques tentent de les attirer avec des publicités vantant des comptes à vue "gratuits", qui sont loin de l'être en réalité. Quelques exemples :

– Le compte "gratuit" de Record Bank ? Les retraits aux distributeurs qui ne sont pas ceux de la banque (ou d'ING) coûtent la bagatelle de 0,70 €.
– Le compte "gratuit" de la Citibank ? Il ne concerne que les clients dont le solde total moyen annuel (tous produits confondus) est supérieur à 10 000 €.
– Le compte internet @BPO de la Banque de la Poste, "gratuit" ? Uniquement si le compte présente des mouvements créditeurs de 500 € par mois. De plus, la carte de crédit, les retraits aux guichets automatiques (à partir du 25e) et les virements papiers sont payants.
– Le compte web "gratuit" de la banque Delta Lloyd ? Il coûte 50 € par an s'il n'y a pas minimum 500 € d'opérations créditrices par mois. Et les opérations qui ne sont pas effectuées via internet coûtent 2 € pièce !


La mobilité bancaire selon Test-Achats et dans la loi …

Test-Achats a toujours plaidé pour un principe de portabilité des numéros de compte similaire à celui des numéros de GSM. Mais l'association se heurte à un véritable mur auprès du monde bancaire. Et le processus d'uniformisation des moyens de paiement dans l'UE (SEPA) lui a donné du grain à moudre, puisque désormais les numéros de comptes doivent être assortis d'un code BIC propre à chaque banque.

Dans ce contexte, Test-Achats a réfléchi à un système qui faciliterait la mobilité bancaire tout en étant compatible avec SEPA. A l'instar des contrats de gaz et d'électricité, la nouvelle banque se chargerait de tout : transfert des domiciliations et ordres permanents, communication du nouveau numéro de compte aux payeurs habituels, etc. Pour ce faire, l’ancienne banque lui communiquerait toutes les données nécessaires. Cette procédure serait coulée dans une loi. Et bien sûr, elle serait totalement gratuite pour les consommateurs.

Pour un calcul précis qui reflète vos habitudes bancaires, utilisez notre module de calcul. Les résultats sont assortis d’informations complémentaires sur les banques sur www.test-achats.be.  

 
 

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