Test-Achats

Une personne sur cinq a déjà songé au suicide l'année passée: tendance à la hausse depuis l'enquête de 2003


27/1/2012


La Belgique est un des pays où le taux de suicide est le plus élevé. Chaque jour, de cinq à six Belges mettent fin à leurs jours, ce qui est beaucoup plus que la moyenne européenne. Pourtant, le sujet reste tabou, et peu de personnes suicidaires osent en parler à leurs proches ou solliciter une aide professionnelle. Telles sont les conclusions d’une enquête de Test Santé, le magazine de Test-Achats consacré à la santé. Un répondant sur cinq (22 %) a songé au suicide au moins une fois au cours des douze derniers mois, un pourcentage plus élevé que dans l’étude réalisée il y a neuf ans (19,6 %). Comparé à l'enquête précédente réalisée en  2003, Test-Achats a constaté  une légère tendance à la hausse. 18 % des néerlandophones et 28 % des francophones rapportent qu'ils ont déjà songé au suicide. Près d’un individu sur dix a l’impression de ne pas pouvoir s’ouvrir de ses problèmes auprès de sa famille, et seul un quart des répondants suicidaires ont recherché une aide professionnelle.  Près d’un répondant sur dix affirme avoir essayé au moins une fois de se donner la mort. Chez les néerlandophones, il s'agit de 5,6% et chez les francophones de 12 %. Un répondant sur cent déclare même l’avoir fait au cours des douze derniers mois. Un suicidant sur trois n’a recherché par la suite aucune aide professionnelle. Test-Achats tient à rappeler que la meilleure forme de prévention du suicide consiste à en parler et à briser l’isolement. La psychothérapie est de toute façon recommandée dans ce genre de situations afin de traiter les problèmes sous-jacents. Parfois, une hospitalisation s’avère même nécessaire.

 

Les personnes qui choisissent l’échappatoire du suicide sont accablées par une souffrance psychique insupportable. La vie leur semble trop dure, et le suicide leur apparaît comme la solution à leurs problèmes. La majorité des personnes qui souhaitent en finir avec la vie souffrent de dépression ou d’une autre affection psychique qui les rend plus vulnérables et plus sensibles aux épreuves personnelles que d’autres. En outre, des facteurs de risque supplémentaires sont souvent présents: alcoolisme, toxicomanie, maladie mortelle, isolement social, stress, passé suicidaire ou proches qui se sont donné la mort. Les tentatives de suicide sont plus fréquentes chez les femmes, tandis que les hommes arrivent plus souvent à leurs fins. Le risque de suicide augmente surtout après 65 ans,  lorsque les personnes âgées partent à la retraite, qu’elles connaissent le veuvage ou l’isolement social et qu’elles sont de moins en moins mobiles. Les hommes âgés forment donc le principal groupe à risque. Dans le même temps, on constate ces dernières années la hausse la plus forte de tentatives de suicide chez les jeunes de 15 à 24 ans.

 

Une personne sur cinq a songé au suicide au cours de l’année écoulée


Test Santé a sondé 821 Belges âgés de 18 à 74 ans sur leurs convictions et leurs conceptions quant au suicide ainsi que sur leurs expériences en la matière, qu’il s’agisse des leurs propres ou de celles de membres de leur famille ou d’amis. Les résultats sont représentatifs et inquiétants. Test Santé avait déjà réalisé une enquête similaire en 2003, ce qui lui a permis de comparer les résultats et d’observer une légère tendance à la hausse.

 

Une personne sur cinq (22 %) a songé au suicide au moins une fois au cours des douze derniers mois, un pourcentage plus élevé que dans la même étude réalisée il y a neuf ans (19,6 %). 18 % des néerlandophones et 28 % des francophones rapportent qu'ils ont déjà songé au suicide.  Près d’un individu sur dix a l’impression de ne pas pouvoir s’ouvrir de ses problèmes auprès de sa famille. Seul un quart des répondants suicidaires ont recherché une aide professionnelle, et un quart d’entre eux déclarent avoir pris ensuite des  médicaments contre les problèmes psychologiques sous-jacents.

 

Un répondant sur dix a même une tentative à son actif

Près d’un répondant sur dix affirme avoir essayé au moins une fois de se donner la mort. Chez les néerlandophones, il s'agit de 5,6% et chez les francophones de 12 %. Un répondant sur cent déclare même l’avoir fait au cours des douze derniers mois. Parmi eux, un sur cinq en a conservé des séquelles physiques, permanentes dans 5 % des cas. Un suicidant sur trois n’a recherché par la suite aucune aide professionnelle.

 

L’absence de soins ou de suivi après une tentative de suicide est étonnante, mais aussi et surtout alarmante : la moitié des suicides a été précédée d’une ou de plusieurs tentatives. La probabilité qu’une personne ayant déjà commis une tentative de suicide finisse par décéder de cette cause est 150 fois plus élevée ! D’après Test-Achats, c’est précisément la raison pour laquelle l’aide psychologique doit être  davantage accessible et envisageable.

 

Il est en effet essentiel de s’attaquer aux problèmes sous-jacents. Après tout, il s’agit de personnes qui souffrent littéralement de vivre. Il importe donc de bien comprendre les problèmes à l’origine de ce mal-être. Le conflit interne doit en quelque sorte être neutralisé, de manière à éviter une nouvelle spirale descendante. Une psychothérapie est recommandée dans ce genre de situations. Parfois, une hospitalisation est même nécessaire. Un traitement médicamenteux est généralement prescrit.

 

Le rôle des médias


Pour briser le tabou qui entoure le suicide, il est nécessaire de changer l’image que la société s’en fait. Les médias jouent un rôle important à cet égard. Dans l’ensemble, nos répondants ont une attitude positive vis-à-vis des messages médiatiques. Environ 70 % d’entre eux estiment que les reportages sur le suicide peuvent aider les personnes confrontées à ce type de problème. En revanche, un tiers pensent qu’ils peuvent inciter les suicidaires à passer à l’acte.

 

Malheureusement, nombreuses sont les personnes qui se font une idée totalement fausse du suicide. La moitié pense à tort que les personnes concernées envoient toujours des signaux d’alerte avant de se donner la mort. Quatre sur dix pensent erronément que les suicidaires le resteront toujours. Quatre Belges sur dix croient que les tentatives de suicide visent avant tout à attirer l’attention, ce qui n’est pas toujours le cas. Par rapport à 2003, on constate cependant un léger progrès: le public est un peu mieux informé sur la question.

 

Améliorer la prévention

Malheureusement, il n’est pas toujours possible d’éviter un suicide. Les proches ne doivent donc pas culpabiliser après  coup. Une personne peut être déterminée à mettre fin à ses jours, quelles que soient les tentatives faites pour l’en dissuader; une autre pourra être aidée par la prévention existante. Malgré les efforts déployés actuellement, Test-Achats pense qu’une attention accrue doit être portée à des groupes à risque spécifiques tels que les personnes âgées, les jeunes hommes, les minorités ethniques et les métiers à risque comme les médecins et les agriculteurs. Le tabou dont l’aide psychologique fait l’objet doit également être brisé, pour que les intéressés osent davantage solliciter ce type d’aide.

 
 

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