Le directeur général de Test-Achats fait ses adieux
Après 38 ans de service, Armand De Wasch cède le témoin en tant que directeur général de Test-Achats. A l’occasion de son départ tout proche, Het Nieuwsblad est revenu en sa compagnie sur une carrière digne d’intérêt. Les lignes qui suivent résument succinctement cet entretien.
Le berceau de Test-Achats
Quand, en 1971, Armand De Wasch est entré en fonction comme directeur du service technique de Test-Achats, il était tout sauf un néophyte. En tant que lieutenant de réserve au service médical de l’armée, il avait déjà effectué des prises de sang pour les analyser en laboratoire. C’est d’ailleurs là qu’ont germé les retentissantes enquêtes menées par Test-Achats auprès des laboratoires cliniques dans les années ‘80 et qu’a débuté le combat légendaire mené contre le tristement célèbre – à l’époque – docteur Wynen, à la tête du syndicat des médecins.
Au fil du temps, les tests ont considérablement évolué et l’expérience acquise par A. De Wasch comme ingénieur s’est avérée précieuse pour la mise au point de nouvelles méthodes d’essai. Les premières années, Test-Achats ne comptait qu’une trentaine de collaborateurs (pour quelque 50.000 membres). A l’époque, les “testeurs” apportaient eux-mêmes les produits à tester aux laboratoires, ce qui débouchait parfois sur l’une ou l’autre situation comique comme le jour où, à Grenoble, la douane est tombée sur des valises remplies de viande de volaille qui devait être soumise à un test de dépistage d’antibiotiques… Aujourd’hui, tout se déroule beaucoup plus professionnellement, par le biais d’analystes de marché et d’acheteurs anonymes. D’ailleurs, les fabricants bénéficient toujours d’un droit de regard sur les protocoles d’essai. Il n’y a que les résultats des tests dont ils ne peuvent prendre connaissance que juste avant la publication.
Professionnalisation et internationalisation
Questionné sur ce dont il est le plus fier, Armand De Wasch souligne précisément cette professionnalisation, ainsi que l’internationalisation de l’organisation des consommateurs. Aujourd’hui, elle compte pas moins de 340.000 membres en Belgique et leurs cotisations constituent la seule source de revenus de l’organisation. Il est hors de question, en effet, de recevoir des subventions car elles mettraient son indépendance en péril. Cependant, de l’avis d’A. De Wasch, le nombre de membres atteint petit à petit un plafond. La collaboration internationale constitue donc un impératif car “réaliser des tests coûte de l’argent, beaucoup d’argent”. Ainsi, la mise au banc d’essai de détecteurs de fumée revient très vite à 20.000 €. Et les frais sont même multipliés par dix pour les célèbres crash-tests automobiles – sans compter le prix d’achat des voitures ! Fin des années ‘80, début des années ‘90, l’organisation Test-Achats a décidé de nouer une collaboration avec ses consœurs espagnole, italienne et portugaise – avec qui elle partage encore aujourd’hui son savoir-faire. Depuis lors, notre organisation s’est également érigée en force motrice de l’ICRT (International Consumer Research & Testing) qui réalise chaque année quelque deux cents tests pour le compte d’une quarantaine de pays, dont les États-Unis et l’Australie.
Le marketing grâce à une stratégie ‘pull’ sans cesse moins “agressive”
Armand De Wasch n’a que trop conscience que Test-Achats prête régulièrement le flanc à la critique en raison de ses méthodes de marketing direct. Mais certaines leçons en ont été tirées : “Nous avons remplacé cette technique ‘push’ ressentie comme agressive par une technique ‘pull’ plus douce, basée sur deux piliers : l’e-marketing et les guides de promotion gratuits”.
Du reste, Test-Achats ne se profile plus uniquement comme “vendeur de magazines” mais comme “une grande assurance au bénéfice des consommateurs, une organisation vouant un profond respect à l’information de ses membres et au service presté à leur profit.” Outre les magazines, les abonnés jouissent notamment d’un accès illimité au site web et à son module de comparaison interactif (“Comparer & choisir”), à l’information et aux résultats d’essais les plus à jour, tant en ce qui concerne les appareils que les services, etc. Test-Achats s’emploie en outre à négocier au bénéfice de ses abonnés des tarifs préférentiels pour les appareils et services qu’elle désigne comme Maître-Achat. Et celui qui souhaite par exemple changer de fournisseur d’énergie ou d’opérateur téléphonique peut également faire appel à Test-Achats. Il suffit au consommateur de s’adresser directement au Contact Center pour lui soumettre des questions d’ordre juridique, fiscal ou financier. Selon A. De Wasch, cette approche s’avère fructueuse : “Non seulement le recrutement de membres coûte aujourd’hui beaucoup moins cher qu’auparavant mais en outre, les membres nous restent fidèles plus longtemps.” Car tout compte fait, une organisation de consommateur indépendante ne vit que grâce à ses membres.

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