Des questions ?
Test-Achats est à vos côtés pour:
- traiter toute plainte ou demande
- tout avis juridique et sur la santé


Pas encore abonné(e) ?
Appelez-nous pour un conseil gratuit (mentionnez le code "conseil") au 02 542 33 00
et découvrez tous les avantages de l'affiliation.

Le monde Test-Achats :
En direct

Prothèse de la hanche: nos exigences

9 juin 2011

Actuellement, plus de 1 000 combinaisons d’éléments de prothèse sont utilisées, mais pour bon nombre de ces implants, il n’existe pas de données sur le résultat à long terme. Cette diversité est un problème pour la qualité des soins et est responsable des différences de résultats d’un hôpital à l’autre.


Une réglementation trop laxiste

Le marché belge n’autorise que les implants dotés du label CE, bien que celui-ci ne soit pas un gage de qualité. Les "dispositifs médicaux" comme la prothèse de la hanche ne sont pas soumis à une réglementation aussi exigeante que celle des médicaments. Ils se retrouvent donc très vite sur le marché sans avoir passé de tests rigoureux. Une multitude de nouveaux modèles sont rapidement commercialisés sans garantie de qualité. Ce qui peut se traduire par des défaillances prématurées au niveau de la prothèse.


Un registre national de la hanche

Afin de détecter assez tôt les implants problématiques, plusieurs pays ont établi un système national de contrôle de qualité : un registre national de la hanche. Ces registres recueillent des données sur tous les remplacements de la hanche. Des informations détaillées et individuelles sur l’opération sont enregistrées : le sexe, l’âge et le diagnostic du patient, le type de prothèse, la méthode de fixation, la technique chirurgicale, les réopérations. Les registres fournissent aussi des données fiables sur l’efficacité à long terme (au moins 10 ans) et la qualité des implants. Un tel registre existe en Belgique, mais ne fonctionne pas du tout, car peu de médecins y contribuent.


Diversité des prothèses

Selon une étude de la Mutualité Chrétienne, pas moins de 1 092 combinaisons de prothèses ont été utilisées en 2008. Pour une partie de ces implants, il n’y a pas de données sur les résultats à long terme. De plus, pour chaque type de prothèse, le chirurgien doit refaire son apprentissage, ce qui signifie qu’au début, les résultats de ses interventions seront moins satisfaisants. Il existe aussi une grande différence de choix de prothèses entre les établissements. Dans certains hôpitaux, les médecins placent un même type d’implant à tous leurs patients, dans d’autres, ils en placent plusieurs modèles. Pourquoi ?


De trop grandes différences entre hôpitaux

Cette même étude de la Mutualité Chrétienne montre qu’il y a aussi des différences significatives entre les résultats des hôpitaux : les meilleurs hôpitaux donnent des résultats six fois meilleurs que la moyenne nationale, tandis que les scores les plus faibles donnent des résultats près de cinq fois pire. La même remarque s'applique au prix de l’intervention, pour laquelle il existe de grandes différences entre les hôpitaux et parfois aussi entre les patients d’un même hôpital. La Belgique est plus chère que les autres pays européens, tant au niveau de l’opération que de l’implant lui-même.


Nous exigeons

  • Une meilleure appréciation des prothèses de la hanche avant leur introduction sur le marché est nécessaire. La commercialisation doit suivre un protocole standardisé.
  • Nous prônons le développement d’un registre national obligatoire des arthroplasties de la hanche, recueillant des informations détaillées : sexe, âge, diagnostic du patient, type de prothèse, méthode de fixation, technique chirurgicale, révision...
  • La préférence doit être donnée aux implants ayant obtenu de bons résultats lors d’essais cliniques à long terme et dans les registres.
  • Il faut développer des indicateurs de qualité et les publier par hôpital afin d’informer le consommateur.