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Suppositoires contre la toux à éviter!

10 novembre 2011
Suppositoires contre la toux à éviter!

Attention aux effets secondaires parfois graves des médicaments antitussifs pour les enfants. Leur utilisation doit être réduite.

En Europe, certains suppositoires contenant des dérivés terpéniques sont disponibles sans prescription. Les dérivés de terpène sont par exemple le camphre, le menthol, l’huile essentielle d’aiguilles de pin, la térébenthine…

En Belgique, il s’agit d’Eucalyptine Le Brun (contient de l’eucalyptol) et d’Eucalyptine Pholcodine Le Brun (contient du camphre et de l’eucalyptol), des suppositoires antitussifs pour enfants à partir de 24 mois.

 

Des règles plus sévères pour certains suppositoires

Il ressort cependant d'une analyse de l'Agence européenne des Médicaments, que de tels suppositoires peuvent causer les problèmes neurologiques chez les petits enfants, essentiellement des spasmes. En outre ils peuvent provoquer des lésions anorectales (croissance de tissu précancéreux dans le anus ou rectum).

 

C’est pourquoi l’Agence européenne des médicaments a recommandé, fin septembre 2011, d’adapter les notices des suppositoires avec des dérivés de terpène destinés aux enfants. Ils ne peuvent plus être administrés aux enfants de moins de 30 mois. Leur utilisation doit également être évitée pour certaines catégories d’enfants plus âgés (antécédents de convulsions fébriles ou d'épilepsie ou cas récent de lésions anorectales).

 

Les antitussifs mis en question

Actuellement, l'utilisation de médicaments contre la toux en général est en discussion, en particulier en ce qui concerne les enfants. En mai 2011, la Commission européenne (conseillée par l’Agence des Médicaments) a plaidé pour une utilisation beaucoup plus restreinte des antitussifs chez les enfants. Ainsi selon cet avis, aucun médicament contre la toux ne devrait plus être utilisé pour les enfants de moins de 12 ans. Certains antitussifs ne devraient être vendus uniquement sur prescription médicale. Et les médicaments qui combinent plusieurs substances actives devraient purement et simplement être interdits.

 

Ces propositions ont suscité pas mal de remous. Entre autres, les pharmaciens ont estimé qu'on était allé trop loin. C’est surtout l'introduction d'une contre-indication générale pour les enfants de moins de 12 ans qui a rencontré le plus de résistance. Un des arguments avancés est que les parents chercheraient alors des alternatives à l'extérieur du circuit pharmacien-médecin, des alternatives qui comporteraient encore plus de risques que les anti-toux classiques. Un argument qui ne nous persuade pas véritablement (il n'a pas été dit de quelles "alternatives plus dangereuses" il s’agissait).

La situation aujourd’hui

Entretemps, l’avis de la Commission des Médicaments a été peaufiné. Résumons: — il n’est plus question d'une contre-indication générale en dessous des 12 ans mais d'une contre-indication pour les enfants de moins de 6 ans pour certains médicaments anti-toux; — pour certains sprays et les gouttes pour le nez, la limite d'âge a été remontée de 7 à 12 ans; — tous les médicaments avec de la codéine ou des dérivés de codéine devraient être délivrés sur prescription uniquement, même pour les adultes; — les préparations avec une composition illogique devraient disparaître.

 

Le texte revu a été soumis par l’Agence des Médicaments aux fabricants qui peuvent réagir. Mais l’objectif est donc bien d’arriver rapidement à une restriction de la mauvaise utilisation de toutes sortes d’antitussifs. Nous trouvons que c’est une bonne chose.

Responsabiliser les parents

Selon nous, il faudrait aussi organiser une campagne de sensibilisation vers les parents. Ce sont surtout eux, apparemment, qui considèrent que lorsqu’un enfant tousse (ou est enrhumé), lui administrer un médicament est une nécessité absolue. Alors que ces médicaments n’aident pas, ou peu, à accélérer la guérison, ne protègent pas contre les complications possibles et même, ont des effets secondaires parfois graves.

Un changement de mentalité est tout à fait nécessaire. Tout le monde n’a pas besoin d’un traitement pharmacologique. Qu'il s'agisse d'un médicament classique, d’une préparation à base de plantes ou d’un remède homéopathique, cela ne change rien.
En agissant ainsi, nous conditionnons nos enfants à prendre une pilule à la moindre plainte. Ensuite on s'étonnera de l'évolution sociale préoccupante vers une surconsommation générale des médicaments de toutes sortes.


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