Sténose de la carotide: notre dossier
3/9/2009
La sténose de la carotide est une affection très courante, qui peut provoquer une attaque d’apoplexie susceptible d’entraîner la mort ou une paralysie permanente.
Symptomatique ou asymptomatique ?
Les artères carotides transportent le sang jusqu’au cerveau. Un dépôt gras et épais peut former une «plaque» sur la paroi interne de ces artères. Les médecins parlent alors d’une sténose de la carotide.
Cette plaque peut rester stable et n’est pas toujours accompagnée de symptômes. On parle alors de «sténose carotidienne asymptomatique».
Les problèmes les plus sérieux se posent lorsque la plaque se déchire et devient instable (sténose carotidienne symptomatique). Le caillot de sang qui apparaît peut en effet se déplacer et empêcher complètement l’apport de sang au cerveau (ou à une partie du cerveau) et provoquer une attaque d’apoplexie susceptible d’entraîner la mort ou une paralysie.
Intervention = risque
Un rétrécissement de la carotide exige parfois une intervention chirurgicale d’urgence. C’est le cas lorsque des signaux d’alerte indiquent une attaque d’apoplexie, forte ou légère: brusque diplopie, commissure des lèvres tombantes, vertiges soudains, propos incohérents, etc.
Dans le passé, surtout, les chirurgiens procédaient à une intervention par voie ouverte, en ouvrant l’artère carotidienne. Il y a quelques années, l’opération fermée, à l’aide de ce qu’on appelle des stents, est apparue comme une alternative. Depuis, la technique a été perfectionnée : elle a toujours recours aux stents, mais elle utilise aussi un «filtre» protecteur pour éviter les attaques d’apoplexie pendant l’opération. Ce filtre capture les éventuels petits caillots de sang qui pourraient se détacher, avant qu’ils puissent atteindre le cerveau.
Si, lors d’un examen, le médecin découvre un rétrécissement de l’artère carotidienne où la plaque est stable, il doit peser soigneusement le pour et le contre d’une éventuelle opération. Une intervention chirurgicale au niveau de la carotide comporte en effet toujours des risques. Si la plaque ne provoque pas de symptômes, le risque d’apoplexie n’est généralement pas assez important pour justifier une opération. Il est alors préférable de prescrire des antiagrégants et des statines, en combinant ce traitement avec un mode de vie plus sain et une plus grande activité physique.
Choisir un chirurgien expérimenté
Dans la pratique, le choix entre l’opération et le traitement médicamenteux dépend davantage des possibilités offertes en matière de chirurgie vasculaire que du risque. En Angleterre, le nombre de chirurgiens est très faible, de sorte que l’on n’opère pas assez et trop tard. Dans notre pays en revanche, où l’on compte de nombreux chirurgiens vasculaires, on opte trop souvent et trop vite pour l’opération.
Si vous devez vous faire opérer, choisissez dès lors un chirurgien expérimenté. En l’absence de symptômes d’apoplexie, demandez éventuellement l’avis d’un autre médecin, votre médecin traitant ou un neurologue, par exemple.
La chirurgie vasculaire s’apparente à un sport de haut niveau: ceux qui s’entraînent beaucoup sont plus performants. Elle requiert un haut niveau de compétence et beaucoup d’expérience. Un bon chirurgien effectue suffisamment d’opérations, mais elles ne sont jamais superflues.

Favoris
Email
Google
Myspace
Facebook
Live
Del.icio.us
Twitter