Infrabel perd contact avec la réalité
20/10/2010
Les statistiques officielles d'Infrabel ne sont pas vraiment positives : 11 % de trains connaissent des retards. Ces chiffres ne sont pas bons, car le contrat de gestion actuel prescrit une ponctualité de 90 %. Mais selon notre enquête, la situation est beaucoup plus grave, voire à la limite du désespoir.
35 % des trains en retard, selon notre propre enquête
Test-Achats vient de publier les résultats de l’enquête de satisfaction au sujet de la SNCB, sur base d'un questionnaire rempli par 6 000 personnes. Il en est ressorti que plus de huit répondants sur dix étaient confrontés une fois au moins à un retard au cours de la semaine précédant l’enquête. Et même, un voyageur sur cinq a dû subir plus de cinq retards pendant la semaine en question. Pas moins de 35% des trains affichaient un retard d’au moins 6 minutes.Jusqu’à 60 % de problèmes aux heures de pointe
Le site internet par lequel Infrabel communique toutes les informations sur le trafic ferroviaire, et donc aussi les problèmes, s’appelle Railtime. Pendant six mois, nous l’avons surveillé pour la Gare Centrale de Bruxelles et avons suivi plus de 500 trains pendant les jours ouvrables.Les résultats sont désastreux et confirment la perception du voyageur. Le nombre de problèmes de trains, c'est-à-dire annoncés avec un retard d'au moins 5 minutes (critère de railtime.be), supprimés ou de plusieurs arrêts non desservis, est inacceptable aux heures de pointe.
Le matin, entre 7h30 et 8 h, nous avons compté 40% à 50% de trains à problème. Ensuite jusqu’à 9h, la situation s’aggrave, allant jusqu’à 60% d’embarras pour l’usager ! En fin de journée, la situation n’est pas rose non plus : entre 16h et 18h30, il n’y a jamais eu moins de 30% de trains à problème.
Vers plus de réalisme et un contrôle indépendant
Bref, les chiffres qu’Infrabel communique sont tout sauf réalistes. Des statistiques officielles fiables, acceptées par tous, sont nécessaires pour vérifier si la SNCB atteint effectivement ses objectifs de ponctualité. Ne perdons pas de vue que les chiffres de ponctualité jouent un rôle dans les adaptations tarifaires. Une hausse des tarifs ne peut intervenir que si les résultats sont bons.
En cas de mauvaises prestations, il devrait y avoir des amendes à payer, mais cela ne peut évidemment advenir que si les statistiques sont vérifiées par une instance indépendante. Et pour cela, il faut, pour le moment, encore attendre !

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