Les pauvres navetteurs bruxellois !
20/10/2010
Railtime le prouve: les statistiques officielles d’Infrabel passent à côté de certaines réalités quotidiennes des navetteurs.
Test-Achats réagit aux chiffres publiés par Infrabel ce mardi soir et tient à rectifier certaines choses. Les chiffres officiels de ponctualité d’Infrabel parlent de 11% de trains en retard, le pire résultat depuis 1998. L’actuel contrat de gestion, valable jusqu’en 2012, prévoit un objectif de ponctualité de 90%. Le contrat de gestion précédent prévoyait encore 95 %. L'objectif a été réduit à 90% et il apparaît selon les chiffres officiels de la SNCB que cela est encore trop élevé.
L'enquête de satisfaction avec 6.000 participants que Test-Achats a récemment publiée montre également que plus de huit répondants sur dix étaient en retard au moins une fois pendant la semaine précédant l'enquête. Un voyageur sur cinq a eu plus de cinq retards au cours de cette semaine. Pas moins de 35% des trains avaient un retard d’au moins 6 minutes. Le gouffre entre la perception et les expériences des voyageurs, d’une part, et les statistiques officielles d’Infrabel, d’autre part, se creuse.
Test-Achats a également étudié le site railtime.be d’Infrabel où les voyageurs devraient recevoir de l'information en temps réel sur les éventuels problèmes de trafic de trains. Tous les trains qui passent via la Gare Centrale de Bruxelles pendant les heures de pointe matin et soir ont été pris en compte durant les six premiers mois de 2010. Cela signifie que plus de 500 trains ont été suivis tous les jours de travail (hors vacances scolaires). Les résultats sont désastreux et confirment la perception du voyageur. Le nombre de problèmes de trains, c'est-à-dire des trains annoncés avec un retard d'au moins 5 minutes (critère de railtime.be), des trains supprimés ou de plusieurs escales non desservies, est inacceptable aux heures de pointe.
Pendant les heures de pointes du matin, entre 7h30 et 8h, nous avons compté 40% à 50% de trains à problème. Entre 8h et 9h, la situation s’aggrave allant de 50% jusqu’à 60%. Entre 9h et 10h, la situation s’arrange à nouveau. « Seulement » 30 à 40% des trains ont eu des problèmes. A aucun moment entre 7 et 10h du matin, moins de 20% de trains à problèmes n’ont été enregistrés.
Au cours de la soirée, la situation n’est pas rose non plus. Entre 16h30 et 17h, plus de la moitié des trains avaient un problème. Entre 17h et 18h, la moyenne était de 40 à 50%. Entre 16h et 18h30, il n’y a jamais eu moins de 30% de trains à problème.
En résumé, les statistiques officielles d’Infrabel sont tout sauf réalistes. Elles ne sont, de plus, pas contrôlées par une partie tierce indépendante, point sensible que la Cour des comptes a pointé du doigt en 2008. Pourtant, un tel contrôle indépendant s’avère nécessaire. Premièrement, des statistiques officielles fiables sont nécessaires pour vérifier si la SNCB atteint effectivement ses objectifs de ponctualité. Ensuite, on ne peut pas perdre de vue que les chiffres de ponctualité jouent un rôle dans les adaptations tarifaires et dans les mécanismes de sanction. Lorsque la SNCB n’atteint pas ses objectifs, ils ne peuvent en principe augmenter certains tarifs et lorsqu’ils ne prestent pas bien, il devrait y avoir des amendes à payer. Quand il s’agit d’argent, il n’est vraiment pas souhaitable d’être juge et partie.

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