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Les feux au bioéthanol : du déco mais à quel prix ?

19 janv. 2009
Dans la plupart des salons d’aménagement de l’intérieur, nous voyons apparaître à l’heure actuelle des feux au bioéthanol. Or, l’utilisation de ces feux au bioéthanol est loin d’être sans risque.

Forts d’un marketing savamment orchestré, les revendeurs se targuent de nous vendre un feu qui : 1. fonctionne sans cheminée ou conduit de fumées, 2. ne nécessite ni travaux de raccordement ni électricité, 3. est mobile, 4. est sans odeur, sans fumée, sans gaz, sans CO et parfois même sans CO2, 5. est écologique et 6. peut servir de chauffage d’appoint.


Ce feu miraculeux est-il seulement vrai ?

Plusieurs aspects doivent être clarifiés, notamment sur les risques pour la santé. Soulignant les risques d’intoxication, brûlures et d’incendie pouvant être occasionnés par l’utilisation de ces foyers, en raison de la nature du combustible et de la conception des foyers, Test-Achats exige du gouvernement le rappel ainsi que l’interdiction de la commercialisation des cheminées au bioéthanol ne répondant pas à l’obligation générale de sécurité prévue dans la loi relative à la sécurité des produits, et ce dans l’attente d’une réglementation. L’organisation de consommateurs insiste également sur le fait que cette réglementation doit être élaborée dans les plus brefs délais.


Le bioéthanol, un combustible vert ?

Le préfixe bio du bioéthanol ne signifie en rien qu’il est issu de l’agriculture biologique mais simplement qu’il est fabriqué à base de matières végétales. Certes, celui-ci étant issu de matières végétales, le bioéthanol est moins polluant à la base que les combustibles fossiles. Cependant, la fabrication du bioéthanol nécessite une quantité non négligeable de carburant (pour semer, récolter, transformer la matière première). De plus, le bioéthanol n’a pas un grand pouvoir calorifique, c’est-à-dire que la combustion d’une unité de bioéthanol produit moins de chaleur que la combustion d’un combustible fossile. Enfin, la production actuelle de bioéthanol est insuffisante au regard de la demande (il n’y en a déjà pas suffisamment pour en mélanger plus de 5 à 10% à l’essence). Son prix devrait également rester très élevé.


Le bioéthanol, un combustible bon marché ?

Bien que le bioéthanol ait un faible pouvoir calorifique en comparaison d’autres combustibles fossiles, l’avantage de ce type de feu est qu’il a un excellent rendement étant donné que la chaleur est directement envoyée dans l’air. Cependant, si l’on compare le prix de l’énergie fournie par ces combustibles, force est de constater que le bioéthanol est une énergie fort coûteuse. Entre 0,33 et 1 € par kWh pour le bioéthanol contre 0,0625€ par kWh pour le mazout.

 

Sans fumée et sans risque sanitaire ?

Le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE – France) a réalisé des essais sur quatre modèles différents et représentatifs du panel actuel des cheminées au bioéthanol. Afin de connaître la production de monoxyde de carbone, d’oxyde d’azote et de composés organiques volatils par ces foyers, des essais en conditions réelles ont été réalisés. La quantité de monoxyde de carbone a été mesurée pour ces feux en fonctionnement dans une pièce normalement ventilée. Ces essais ont montré que, pour trois des quatre foyers, la valeur seuil en monoxyde de carbone était dépassée.

Certains appareils de combustion mobiles fonctionnant au gaz ou au pétrole possèdent un système de sécurité basé sur la mesure du dioxyde de carbone (la mesure du monoxyde de carbone via des détecteurs nomades étant très peu fiable, elle est déduite de la mesure du dioxyde de carbone). Une fois la valeur seuil dépassée, l’appareil se met en sécurité et la combustion est arrêtée. Ce n’est actuellement pas le cas pour les cheminées au bioéthanol.

Le monoxyde de carbone n’est pas le seul gaz dangereux qui pourrait être produit lors de la combustion du bioéthanol. L’air ambiant étant composé à 78% d’azote, la combustion du bioéthanol amène la production de monoxyde et de dioxyde d’azote. Les essais ont montré une production de dioxyde d’azote supérieure aux seuils fixés par l’Organisation Mondiale de la Santé lors du fonctionnement des quatre foyers.

Enfin, les composés organiques volatils (communément appelés COV) peuvent causer à court terme des irritations et des allergies des voies respiratoires, des yeux et de la peau. A long terme, certains COV seraient cancérigènes. Les foyers au bioéthanol peuvent produire des COV du fait notamment de la qualité du combustible et de sa présence sous forme de gel, la volatilité des composants du combustible et la nature des matériaux constituant les foyers.

Malgré les améliorations que certains fabricants commencent à apporter aux feux au bioéthanol, il ne faut pas perdre de vue la dangerosité de certaines de leurs émissions. Il est donc important de bien veiller à renouveler l’air de la pièce lors de l’utilisation de ces feux. Les essais ayant cependant démontré que cela ne suffisait pas, il est primordial de prévoir des dispositifs de sécurité supplémentaires.

D’autres risques inhérents à l’utilisation de ces foyers existent. Tout d’abord, lors de leur fonctionnement, les feux dégagent de la chaleur et certaines parties du foyer deviennent dès lors très chaudes. De plus, le bioéthanol est très volatil. Lors du remplissage à chaud du foyer, les vapeurs d’éthanol peuvent prendre feu, ce qui peut surprendre l’utilisateur ainsi que le brûler. Enfin, la flamme étant très légère, elle est fortement sensible aux mouvements de l’air.


Quelques précautions à prendre si vous disposez d’un tel feu

L’utilisation de ces feux au bioéthanol est donc loin d’être sans risque. Si toutefois le consommateur désire en faire usage, d’importantes précautions doivent être prises. Tout d’abord, ne remplir le réservoir que si le foyer est éteint et froid, de même pour tout déplacement du feu. Tout risque d’incendie n’étant pas écarté, garder toujours un extincteur à proximité. De plus, ne pas stocker de grande quantité de bioéthanol et le garder éloigné du foyer et de la portée de vos enfants. Enfin, ventiler et aérer la pièce afin de réduire autant que faire se peut les risques d’intoxication.


Une législation est nécessaire et, en attendant, un rappel et une interdiction de vente s’imposent

Il est grand temps de fixer un cadre légal à la vente et l’utilisation de ces appareils. La France travaille actuellement à l’élaboration d’une norme relative aux « appareils domestiques à fonctionnement intermittent utilisant un combustible à base d’éthanol ». La Belgique ne peut pas tarder.

Soulignant les risques d’intoxication, brûlures et d’incendie pouvant être occasionnés par l’utilisation de ces foyers, en raison de la nature du combustible et de la conception des foyers, Test-Achats exige du gouvernement le rappel ainsi que l’interdiction de la commercialisation des cheminées au bioéthanol ne répondant pas à l’obligation générale de sécurité prévue dans la loi relative à la sécurité des produits, et ce dans l’attente d’une réglementation. L’organisation de consommateurs insiste également sur le fait que cette réglementation doit être élaborée dans les plus brefs délais.