Pourquoi utilisons-nous des cookies? Nous utilisons des cookies propres et des cookies tiers pour améliorer la qualité de la navigation, personnaliser les contenus, développer des statistiques, diffuser des annonces adaptées à vos préférences et faciliter votre interaction avec vos réseaux sociaux. Pour ce faire, nous traitons des données personnelles telles que, par exemple, vos données de navigation. Si vous continuez à naviguer sur notre site, vous acceptez nos cookies. Si vous souhaitez obtenir des informations supplémentaires sur notre politique de cookies ou annuler tous ou partie des cookies, cliquez ici

Arrêtons de chipoter avec les chiffres de ponctualité des trains

28 août 2013
Les trains sont beaucoup plus en retard que ce qu’Infrabel veut bien laisser entendre. Le nombre de trains retardés ou n’arrivant pas du tout à destination est au moins 10 % supérieur aux chiffres officiels d’Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire. Tels sont les résultats d’une nouvelle étude à grande échelle menée par Test-Achats. Pendant cinq mois, l’organisation de défense des consommateurs a analysé près de 42 000 trajets ferroviaires en provenance et à destination de Bruxelles à l’aide de la propre application RailTime d’Infrabel. Une fois de plus, elle a constaté qu’à peine six trains sur dix étaient « ponctuels ». Ponctuel signifiant ici à l’heure ou avec un retard de cinq minutes ou moins. Trois trains sur dix arrivent avec un quart d’heure de retard, et un sur dix accuse un retard plus sérieux ou est annulé. De plus, Test-Achats dénonce fermement le « tour de passe-passe » des temps de voyage commerciaux, parfois prolongés par la SNCB afin de donner une marge supplémentaire à certains trajets et leur permettre ainsi d’avoir moins vite du retard. Test-Achats exige dès lors des chiffres clairs et surtout exacts pour le voyageur, par exemple en soumettant les chiffres à la vérification d’un organe de contrôle indépendant.

42.000 trains contrôlés, 360.000 mesures, …

Si l’on en croit les statistiques officielles d’Infrabel, la ponctualité des trains belges n’est pas si mauvaise. Toutes les études de Test-Achats démontrent cependant le contraire. Dans la mesure où la SNCB rejette ces études en raison de leur « non-représentativité », l’organisation de consommateurs a décidé de lutter à l’aide des mêmes armes : l’application RailTime. Pendant cinq mois (de janvier à mai 2013 inclus), 489 trains circulant aux heures de pointe en provenance et à destination de Bruxelles-Central, la gare belge la plus fréquentée, ont été suivis chaque jour de la semaine. Ces mesures ont montré que les trains utilisés par les navetteurs sont beaucoup plus en retard que les chiffres annoncés par Infrabel dans ses rapports de ponctualité.

Partir et revenir tôt pour éviter les retards

Selon RailTime, six trains sur dix sont ponctuels – entendez à l’heure ou avec un retard de cinq minutes ou moins – aux heures de pointe du matin (de six à dix heures) et du soir (de 15 à 19 heures). Trois trains sur dix accusent jusqu’à un quart d’heure de retard, tandis qu’un sur dix affiche un sérieux retard, voire est annulé et n’atteint pas sa destination. Pour éviter au maximum le risque de retard, il vaut dont mieux, pour le navetteur, partir le plus tôt possible et revenir tôt également.

Le matin, les navetteurs ont tout intérêt à opter pour un train qui arrive à Bruxelles-Central avant sept heures. Près d’un train sur quatre circulant entre sept et dix heures affiche du retard. La période la plus critique s’étend entre huit et neuf heures : près de la moitié des trains sont retardés. Et le soir, la situation ne s’améliore guère. Un train sur trois partant entre seize et dix-huit heures arrive à destination avec du retard. Pour les départs entre 16h30 et 17h, le risque de retard grimpe jusqu’à 44 %. Pour limiter le risque de retard après une dure journée de labeur, mieux vaut partir avant 16 heures.

Etant donné que la plupart des retards surviennent durant le pic des heures de pointe, les trains circulant en heures de pointe (trains P), spécialement affrétés pour relier les grandes villes et les villes plus petites, sont encore plus sensibles aux retards et annulations. Les voyageurs les plus touchés sont ceux qui circulent sur la ligne Bruxelles – Namur : un train sur trois accuse du retard aux heures de pointe du matin et un sur deux aux heures de pointe du soir.

Nécessité d’un contrôle indépendant

Test-Achats a analysé exclusivement les trains circulant aux heures de pointe en provenance et à destination de Bruxelles, ce qui, selon l’organisation de défense des consommateurs, ne peut expliquer que partiellement l’écart avec les statistiques officielles de ponctualité. De plus, ces nouveaux chiffres ne font que confirmer les résultats de précédentes études : les rapports d’Infrabel font une nouvelle fois preuve d’un grand optimisme. Le lien direct entre adaptations tarifaires annuelles et ponctualité n’y est sans doute pas étranger. Tout comme le refus d’enregistrer les retards de moins de six minutes comme tels et l’allongement des temps de voyage commerciaux, destiné à donner une marge supplémentaire à certains trajets et leur permettre ainsi d’accuser moins vite du retard. Un procédé qui, selon Test-Achats, relève du tour de passe-passe.

L’organisation de défense des consommateurs exige dès lors des chiffres clairs et exacts pour le voyageur qui, en fin de compte, paie son billet suffisamment cher. Les statistiques pourraient par exemple être présentées pour vérification à un organisme de contrôle indépendant.