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Allégations trompeuses trop nombreuses sur les aliments : l’UE a 9 ans de retard

26 janv. 2018

Déjà 9 ans que le BEUC et Test Achats plaident pour l’adoption de profils nutritionnels. Ces outils permettraient de limiter le nombre d’allégations nutritionnelles et de santé faisant passer des produits alimentaires pour bien plus sains qu’ils ne le sont en réalité.

#stopdodgyclaims

Lors d’une conférence de presse ce matin à Bruxelles, l’association de consommateurs Test Achats et le BEUC ont dénoncé ensemble ces allégations nutritionnelles et de santé qui induisent les consommateurs en erreur.

En ce mois de janvier, le BEUC et 11 de ses organisations membres lancent une campagne visant à dénoncer ces nombreux produits se revendiquant abusivement de l’une ou l’autre allégation. L’ensemble des organisations appelle la Commission européenne à publier les profils nutritionnels attendus depuis 9 ans ce mois-ci.

Des allégations utilisées comme arguments de vente

Les allégations nutritionnelles mettent en avant les effets bénéfiques qu’aurait un aliment en raison de sa teneur en certains nutriments (exemple : « riche en calcium » ; « 70% de graisse en moins »). Les allégations de santé, quant à elles, soulignent l’effet de l’aliment en question sur l’organisme (exemple : « la vitamine C renforce votre immunité »).

Ivo Mechels – CEO de Test Achats précise « qu’il existe une liste des allégations nutritionnelles et de santé autorisées et interdites mais force est de constater que c’est bien insuffisant ! » En effet, cette liste n’empêche pas les fabricants d’ajouter par exemple une allégation telle que « riche en fibres et en vitamine D » sur une boîte de céréales excessivement sucrées en faisant donc passer ces céréales pour un produit alimentaire bien plus sain qu’il ne l’est en réalité.

Une campagne de dénonciation est lancée par le BEUC

Test Achats et d’autres membres du BEUC ont recensé une multitude d’exemples de produits problématiques présents sur le marché belge mais aussi dans d’autres pays européens.  Il peut s’agir de produits laitiers contenant beaucoup trop de sucre mais soi-disant gorgés de minéraux et vitamines, solidifiant les os et soutenant le système immunitaire. Autres exemples : les céréales pour bébés vantant la présence d’immuno-nutriments tels que le fer et le zinc - importants pour le développement cognitif de votre bébé, ou une poudre cacaotée contenant 75% de sucre qui stimulerait la mémoire et la concentration. Bref, la liste est bien trop longue !

Monique Goyens, Directrice générale du BEUC, a commenté : « Qui imaginerait que des céréales de petit-déjeuner se vantant d’être riches en fibres et calcium contiennent en fait un tiers de sucre ? Les allégations que nos organisations membres ont repéré en masse à travers l’Europe leurrent les consommateurs. Elles déguisent des aliments trop sucrés ou gras en options saines. C’est inacceptable. »

« A l’heure où l’obésité grandit en Europe, il est capital que les consommateurs puissent faire confiance à ces messages attractifs. Seuls les profils nutritionnels européens peuvent le garantir, alors il est plus que temps d’agir. »

La solution pour lutter contre ces dérives se fait attendre depuis… janvier 2009

La solution pour éviter que des produits peu recommandables pour la santé puissent mettre en avant des allégations qui les font passer pour plus positifs qu’ils ne le sont, serait d’utiliser des profils nutritionnels.  Il s’agit d’outils concrets permettant de juger en fonction de teneur maximum en graisses, sucres, sel, etc., dans quelle mesure un produit est véritablement un plus pour la santé, et s’il peut ou non se prévaloir d’une allégation.

Ces profils ont été évoqués pour la première fois en 2006 au niveau européen. Il était même question de les mettre en œuvre en janvier 2009. Nous sommes 9 ans plus tard et toujours rien … Pire même puisqu’en été 2017, le Parlement européen a carrément rejeté les profils nutritionnels.

Pour Test Achats et le BEUC, ces profils doivent être adoptés… il en va de la bonne information et de la santé du consommateur. Les organisations attendent avec impatience le rapport de la commission annoncé pour mi-2018. Gageons que le dixième non-anniversaire des profils nutritionnels ne voie pas le jour !