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5 ans déjà que Test Achats dénonce le dossier Avastin / Lucentis

07 oct. 2019

Test Achats se réjouit de voir que le dossier Avastin / Lucentis, pour lequel elle a déposé plainte auprès de l’Autorité de la concurrence il y a déjà 5 ans, soit enfin à l’agenda politique. Après de nombreux rappels et interpellations, l’organisation de consommateurs espère que ce dossier deviendra vraiment prioritaire pour l’Autorité de la concurrence. Les nombreuses questions que ce dossier soulève doivent faire l’objet d’un débat politique transparent.

Des pratiques anticoncurrentielles

Les médicaments Lucentis (Novartis) et Avastin (Roche) appartiennent à la même famille de médicaments. Officiellement, Avastin est uniquement enregistré pour le traitement du cancer. Toutefois, il est également utilisé depuis 2005 pour le traitement de la dégénérescence maculaire humide, une affection grave touchant l’œil. Lucentis, par contre, est bel et bien enregistré pour le traitement de cette affection oculaire, mais est hors de prix. Contre toute logique commerciale, Roche n’a pas sollicité d’agrément officiel pour Avastin pour la dégénérescence maculaire humide. Au contraire, les deux firmes ont tout mis en oeuvre pour placer la sécurité de l’Avastin sous un jour sombre, afin d’inciter les ophtalmologues à utiliser surtout le Lucentis. Ceci a rapporté beaucoup d’argent aux deux sociétés car leurs intérêts sont étroitement enchevêtrés.

 

Plainte de Test Achats

Fin 2014, Test Achats a déposé une plainte auprès de l'autorité belge de la concurrence contre les firmes Novartis et Roche. Les deux sociétés avaient été condamnées en Italie à une amende de plus de 182 millions d'euros par l’autorité de la concurrence italienne. Roche et Novartis ont sorti l’artillerie lourde pour échapper à cette amende. Après avoir perdu leur procédure en appel, les deux firmes ont porté l’affaire devant le Conseil d’État. Ce dernier a décidé de soumettre un certain nombre de questions techniques à la Cour européenne de Justice avant de livrer un avis définitif.  Cette instance a confirmé en tous points l’interprétation de la législation par l’autorité de la concurrence italienne. Le Conseil d’Etat a finalement rejeté, mi-juillet de cette année-ci , l’appel des deux géants pharmaceutiques.

 

Pour l’organisation de consommateurs, il était donc logique que ces géants pharmaceutiques se voient – également en Belgique – présenter la facture de leur pratiques anticoncurrentielles. Mais le dossier n’a pas reçu la même attention chez nous qu’en Italie : pas de perquisitions, pas d'interrogatoires, pas de documents saisis,... Le dossier ne constitue manifestement pas une priorité pour l'autorité belge de la concurrence. Pourtant, selon le syndicat belge des oculistes, le montant gaspillé dans notre pays s’élève à quelque 200 millions d’euros pour une période de 5 ans.

 

Système de fixation de prix opaque

Suite à l’introduction de la plainte de Test Achats, la Ministre De Block a mis en place un groupe de travail constitué de l’INAMI, de l’AFMPS et des ophtalmologues. Résultat ? Une baisse de prix du Lucentis. Au moment de l’introduction de la plainte, le prix du Lucentis était de 831 EUR. Le prix officiel a depuis été ramené à 700 EUR, le minimum européen selon la firme, mais qui constitue toujours un montant très important. A titre de comparaison, le prix de l’Avastin s’élève à 40 EUR.

 

La Ministre De Block a affirmé ce lundi que le prix pour les deux médicaments seraient identiques. En effet, comme toujours, les négociations sur le prix réel qui sera remboursé par l’assurance maladie se font derrière des portes closes. Les affirmations de la Ministre sont donc tout simplement invérifiables. On peut néanmoins se poser la question de leur véracité quand on sait que les réductions de prix accordées dans le cadre de ces négociations sont en moyenne de 20 % … La question demeure également de savoir pourquoi l’Avastin n’a jamais pu être remboursé en Belgique alors que cela a été le cas dans d’autres pays tels que la France, l’Italie et les Pays-Bas.

 

Julie Frère, porte-parole de Test Achats se réjouit que le dossier soit à l’agenda politique : « 5 ans après le dépôt de notre plainte devant l’Autorité de la concurrence, les choses semblent enfin bouger. Notre organisation salue le soutien actuel dans sa lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et opaques des firmes pharmaceutiques qui mettent en péril la survie de notre système d’assurance maladie. Nous exhortons les député.e.s à se saisir des nombreuses questions que soulève ce dossier dans le cadre d’un débat politique transparent, le cas échéant, au sein d’une commission parlementaire spécifique ».