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La planète “banque” tourne à l’envers ...

03 sept. 2019

BNP Paribas Fortis annonce simultanément ce mardi de beaux résultats financiers et … une augmentation de ses tarifs à partir du 1er janvier ! KBC annonce quant à elle une restructuration. Un bel exemple qui illustre la tendance du secteur bancaire à faire contribuer tout le monde - employés et clients - à l’effort, sauf ses actionnaires. Test Achats s’insurge contre ces pratiques et encourage les consommateurs à signer sa pétition contre les frais bancaires élevés, signée par plus de 17 000 personnes.

Plus de frais, moins de service

Taux d’intérêt plancher, tarification des retraits, tarification des opérations manuelles, les clients des banques paient de plus en plus pour de moins en moins de services et de rendement. Et, pendant ce temps, on comptabilise :

  • plus de 270 milliards € sur les comptes d’épargne des particuliers ;
  • plus de80 milliards € sur les comptes à vue ;
  • un dividende des actionnaires en hausse constante dans la plupart des grandes banques ...

 

L’approche des banques vis-à-vis de leurs clients est devenue pour le moins singulière, pour ne pas dire que le monde bancaire tourne complètement à l’envers :

  • -vous y ouvrez un compte et on vous fait payer des frais de plus en plus élevés chaque année ;
  • -vous voulez retirer votre argent et on voudrait aussi vous faire payer ;
  • -vous confiez votre épargne et on ne veut plus vous la rémunérer. On parle même de la taxer maintenant…

 

L’actionnaire doit aussi être mis à contribution

La rentabilité des banques serait sous pression, à cause de la faiblesse des taux. Et aussi les taux négatifs imposés par la banque centrale pour les dépôts que les banques commerciales font chez elles. N’oublions pas que ce taux négatif est une incitation justement à prêter cet argent aux particuliers et aux entreprises, plutôt que de se contenter de le faire prospérer à la banque centrale. Bref, une incitation à faire leur boulot !

La rentabilité sous pression ? C’est plutôt leur modèle économique qui l’est ...

Le cours des actions bancaires souffre d’ailleurs depuis que les taux sont repartis à la baisse. Dans un contexte de crise, Test Achats pourrait alors admettre que chaque acteur soit mis à contribution mais ce sont toujours les mêmes leviers ou les mêmes recettes qui sont utilisées, avec par ordre d’apparition: les employés, licenciés et objets de nombreux plans de restructuration (on pense à KBC annonce aujourd’hui même une restructuration), et les clients qui paient de plus en plus pour toujours moins de services et de rendement (dont la nouvelle augmentation des tarifs annoncée par BNP Paribas Fortis annoncée ce mardi n’est qu’une énième illustration).

Et l’actionnaire dans tout cela ? Pour l’instant, hormis la baisse de cours (mais tant qu’on n’a pas vendu on n’a pas perdu), l’actionnaire semble être le seul à qui on ne demande pas d’effort. Le dividende est en augmentation ces dernières années. Bizarre dans un contexte de « crise » où des milliards doivent être investis dans la digitalisation des banques.

L’épargnant subit le taux zéro, le client voit ses frais augmenter, l’employé est licencié, mais l’actionnaire continue de recevoir son beau dividende. Or tout dividende décaissé est une occasion ratée d’investir. Il est normal que l’actionnaire soit rémunéré, mais dans des temps difficiles, tout le monde devrait être mis à contribution. Et d’ailleurs, si ne fut-ce qu’une petite partie de ce dividende était réinvestie dans des projets assurant les revenus de demain, le cours des actions ne s’en porterait que mieux.

Comme l’a démontré une enquête récente de Test Achats, le mécontentement des épargnants ne cesse de croître à l’égard des grands acteurs du secteur. Le risque d’une rupture avec les générations actuelles et futures se profile, la banque étant finalement sous pression de son propre modèle économique en train de mourir.