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L'industrie pharmaceutique et la Ministre de la Santé mettent l'assurance-maladie en difficulté

23 mai 2019

Aujourd’hui, la Ministre de la Santé publique De Block a annoncé le remboursement de Kymriah, une nouvelle thérapie expérimentale. Kymriah est une thérapie génique, également appellée CAR-T, pour le traitement de divers types de cancer du sang. Le prix pratiqué par la firme pour ce médicament est plus qu’excessif. Il n’y a pas de données disponibles pour notre pays, mais les chiffres des Pays-Bas donnent le vertige. Un traitement pour un patient coûte prèsde 320.000 €. De plus, son administration génère des coûts supplémentaires estimés à environ 36.000 € par patient.

La sécurité sociale titube

D’une part, Test Achats est heureux pour les patients qui peuvent bénéficier des avantages possibles de ce médicament. D’autre part, l’association de consommateurs a des questions urgentes sur la politique en matière de médicaments de la Ministre De Block, qui sont restées sans réponse pendant trop longtemps. Comment notre assurance-maladie peut-elle financer cette dépense de plusieurs (dizaine de) millions d’euros ? Il y a moins d’un mois, la Mutualité chrétienne a fait état d’un dépassement budgétaire de 392 millions d’euros sur le budget des médicaments en 2018. Au cours des quatre dernières années, plus d’un milliard d’euros de plus que prévu ont été dépensés en médicaments. Et tout cela alors que les ressources sont insuffisantes pour assurer un remboursement adéquat des besoins importants du citoyen tels que les verres de lunettes, les soins dentaires, les soins psychologiques, etc.

Strictement confidentiel

Le remboursement de ce produit a probablement été négocié à huis clos entre la Ministre et la firme. Combien payons-nous pour ce traitement, le contribuable ne devrait donc pas le savoir. « Inacceptable dans une démocratie », déclare l’association des consommateurs. En vertu de la politique de la Ministre De Block, ces négociations secrètes se sont transformées en un système parallèle de remboursement non transparent. De plus, nous savons que ce système de remises secrètes favorise les entreprises qui tentent d’obtenir le meilleur prix possible dans chaque pays, selon Test Achats. Dans le pacte qu’elle a conclu avec l’industrie pharmaceutique à la mi-2015, la Ministre avait annoncé la création d’un groupe de travail sur « la transparence du coût des médicaments. Un groupe de travail sans résultat, malheureusement. « Ce n’est pas le remboursement qui pose problème, mais le fait qu’il n’y a pas de transparence pour justifie des coûts aussi élevés. Le coût de la recherche et du développement est l’élément avec lequel les entreprises motivent leurs prix excessifs, mais en même temps personne n’a une idée claire du coût réel. Ce qui est certain, c’est que beaucoup d’argent public a été dépensé pour le développement de la technologie qui est à la base de cette nouvelle thérapie », déclare Martine Van Hecke, experte santé chez Test Achats.

Résolution

La politique de la Ministre De Block est une bombe à retardement pour la viabilité de notre assurance-maladie solidaire. L’année dernière, Test Achats a organisé un symposium avec Médecins du Monde et Kom op Tegen Kanker. Les organisations ont formulé diverses recommandations politiques qui sont nécessaires pour faire face au problème croissant de l’accessibilité financière des médicaments. Certaines de ces recommandations sont actuellement examinées par l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale de la Santé à la suite d’une résolution présentée par l’Italie pour accroitre la transparence dans le secteur pharmaceutique. Les mesures proposées visent à garantir que les autorités nationales reçoivent les informations dont elles ont besoin pour prendre des décisions responsables sur le prix d’un médicament et sur son remboursement. Avec Test Achats, 9 autres organisations ont récemment insisté auprès de la Ministre De Block pour qu’elle soutienne sans délai cette résolution.