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Opinion : "ce que j'ai appris en tant que conducteur de voiture électrique"

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Frank Demets est rédacteur en chef de Test Achats et un conducteur électrique passionné. Il réagit à l'agitation suscitée par notre récente vidéo consacrée aux obstacles que rencontre un conducteur de voiture électrique dans notre pays.

C’est toujours touchant, la passion des fans de la première heure pour les technologies qui leur tiennent à cœur. Comme les passionnés de la voiture électrique. Et je sais de quoi je parle, j’en suis un. J’ai réceptionné ma Tesla Model 3 en septembre de l’année dernière, tout droit sortie du bateau. Depuis lors, je sillonne le pays à l’électricité. Chaque jour, je branche ma voiture sur la borne électrique et, pour les longs trajets, je prévois mes arrêts en fonction des précieux chargeurs rapides et autres points de recharge. Les fans de voitures électriques ont raison: non seulement il est formidable de rouler à l’électricité, mais cela ne pose quasi aucun problème. A condition de bien savoir ce qu’on fait. Et c’est justement l’objet de notre reportage sur la mobilité électrique.

Je me rappelle le moment où, pas plus tard que l’été dernier, j’ai moi-même roulé pour la première fois à l’électricité. J’avais été chercher une voiture d’essai à Zaventem, et son compteur affichait ‘300 km d’autonomie’. Une petite escapade direction Courtrai – il s’agit d’essayer la voiture, non ? – où je la branche une heure à une prise de courant. 60 minutes plus tard environ, mon autonomie avait augmenté d’un bon… cinq kilomètres. Je suis rentré chez moi en Flandre Orientale le cœur battant la chamade, les yeux fixés sur une autonomie en chute libre. J’ai recherché des bornes de recharge tout au long du trajet, mais sans en rencontrer une. Quand j’ai finalement rejoint mon domicile, mon autonomie était inférieure à 10 kilomètres.

Il y a trois bornes de recharge pas loin de l’endroit où j’habite. Je les ai essayées toutes les trois. Aucune ne fonctionnait. Ce n’était pas la faute des bornes, mais la mienne: jamais je n’avais pris la peine de savoir comment elles marchent et, quand je me suis arrêté devant les bornes, tout stressé, elles ont refusé tout service parce que je faisais les choses à l’envers. Finalement, à la quatrième tentative à une borne de recharge (lente), j’ai pu recharger ma batterie à 25%. Contraint et forcé, je me suis rendu au restaurant (à l’époque, on pouvait encore) – pour donner à la voiture un peu plus de temps pour se recharger. Je peux vous garantir que, ce jour-là, je ne portais pas de moniteur de fréquence cardiaque, sans quoi ses piles auraient sans doute explosé.

Aurais-je pu éviter une telle situation? Bien sûr que oui. Les voitures électriques peuvent calculer vos itinéraires, et leurs GPS vous amènent sans coup férir à des bornes de recharge et des chargeurs rapides – quelques jours après mon moment de stress, j’en ai découvert un à moins d’un kilomètre de l’endroit où j’avais pour la première fois branché la voiture sur une prise, pour gagner 5 km d’autonomie. J’étais bêtement passé devant le Supercharger. Mais je ne le regrette pas, car j’y ai gagné une fameuse leçon de mobilité électrique. Car, je le répète: rouler à l’électricité, c’est formidable. L’agrément de conduite est inégalable, les gadgets de la voiture sont très chouettes également. Mais même le plus fervent passionné d’e-cars doit reconnaître que rouler à l’électricité nécessite un changement de mentalité. Il faut mieux planifier ses trajets, recharger où c’est possible, veiller de préférence à disposer d’une borne de recharge en triphasé, et des panneaux solaires sur le toit sont également les bienvenus. Et, si vous ne faites pas tout cela, et que vous raisonnez comme un conducteur d’automobile à l’essence ou au diesel, vous pouvez être certain de vous retrouver tôt ou tard, le cœur battant la chamade, à une borne de recharge avec votre compteur dans le rouge. Pour autant que vous arriviez à la borne en question d’ailleurs, car l’infrastructure pour les véhicules électriques n’est pas comparable avec celle pour les voitures à essence ou au diesel.

C’était le principal but de ce reportage: exposer cette situation à l’intention des candidats à l’achat d’une voiture électrique. Jusqu’à ce que l’infrastructure prenne son envol, l’automobiliste électrique reste un peu un pionnier (et ce n’est pas un sentiment si désagréable). Dès lors, mieux vaut en être conscient. Ce n’est pas un problème : c’est comme changer de vitesses avec votre ancienne voiture. Vous le faites machinalement, le plus souvent. Mais, en tant qu’organisation de consommateurs, il nous appartient d’exposer la situation aux candidats à la voiture électrique (et, au passage, aux pouvoirs publics, qui doivent mettre en place l’infrastructure). C’est exactement ce que nous avons fait et moi-même, comme conducteur d’une voiture électrique, je l’assume à cent pour cent. En dépit de toutes les polémiques.

Regardez ici la vidéo des aventures en véhicule électrique de notre reporter, et lisez ici la réaction des conducteurs électriques d'EV Belgium.

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