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Aperçu du dernier millésime

06 janvier 2020
vins rouges des Balkans et du Maroc

Pour beaucoup, la nouvelle année est le moment des bonnes résolutions, mais pour d’autres, c’est le moment de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur sur l’année écoulée. Comment a été 2019 sur le plan de la production viticole? Les vendanges ont-elles été exceptionnelles et prometteuses, ou plutôt à ranger au rayon des oubliettes ? Nous avons cherché à tirer cela au clair.

Janvier 2020: aperçu du dernier millésime

Production viticole moyenne en 2019

Comme chaque année, l’OIV ("Organisation Internationale de la Vigne et du Vin"), une organisation intergouvernementale réunissant 47 états membres) a présenté fin octobre les premières estimations pour la production mondiale de vin en 2019. Dans l’attente des chiffres exacts, qui seront publiés dans quelques mois, il est possible de fournir une estimation relativement correcte des statistiques collectées au sujet de la production viticole dans 28 pays, représentant ensemble 85% de la production mondiale. L’analyse des années antérieures met en lumière que les quantités réelles ne s’écartent pas de manière significative des estimations.

Après une récolte historiquement basse en raison de mauvaises conditions climatiques en 2017 et un millésime 2018 exceptionnel, la production mondiale de vin (à l’exception des jus et du moût) en 2019 - estimée à près de 263 millions d’hectolitres (mhl), s’est à nouveau rapprochée du niveau moyen des années précédentes. Si la production totale a diminué de près de 10% par rapport à 2018 (30 mhl, soit environ 4 milliards de bouteilles), le niveau de production est conforme aux chiffres moyens durant la période 2007-2016. Après deux années successives pouvant être définies comme particulièrement "volatiles", la production viticole se rapproche à nouveau cette année de son niveau moyen.

Hémisphère nord

Baisse des récoltes dans les principaux pays viticoles européens

Au sein de l’Union européenne, les conditions climatiques peu clémentes, du gel à la sécheresse, ont eu des conséquences considérables sur le volume récolté en 2019. Selon les estimations, celui-ci s’élève à 156 mhl (60% de la production mondiale), ce qui représente une diminution sensible de 15% (26,7 mhl) par rapport au millésime 2018 certes exceptionnel. Par rapport à 2018, on note une diminution en Italie (46,6 mhl; moins 15%), en France (41,9 mhl; moins 15%) et en Espagne (34,3 mhl; moins 24%). La production est même inférieure à la moyenne sur cinq ans (4% de moins en Italie, 7% en France et même 12% en Espagne) dans ces principaux pays de l’UE producteurs de vin, représentant 80% de la production viticole totale de l’UE. 

Ces diminutions peuvent principalement s’expliquer par les conditions climatiques moins clémentes. Un printemps inhabituellement frais et incertain a ralenti la croissance et influencé le volume de récolte. Les mois d’été particulièrement chauds et secs, marqués par plusieurs vagues de canicule, ont également joué un rôle. Selon toute vraisemblance, la production viticole française sera la plus faible depuis 2012, car les vignobles français ont souffert des gelées printanières, de la sécheresse et des grêles, suivies par une vague de chaleur record en juin. A elle seule, la production de champagne a essuyé une baisse de 17%. L’Espagne, le pays comptant la plus grande superficie de vignobles, a également connu des périodes d’intense chaleur, et de précipitations particulièrement abondantes en septembre. D’une manière générale, l’Italie a connu un printemps frais, humide et tardif. 

Outre ces trois pays viticoles traditionnels, une diminution est également prédite par rapport à 2018 pour d’autres pays de l’UE comme l’Allemagne (9,0 mhl; moins 12%), la Roumanie (4,9 mhl; moins 4%), la Hongrie (3,2 mhl; moins 6%) et l’Autriche (2,6 mhl; moins 4%), mais le niveau de production s’inscrit encore dans la lignée voire dépasse celui des années antérieures. En Grèce, la production continue de baisser, jusqu’à 2,0 mhl. Le Portugal (6,7 mhl;  plus 10%) est le seul pays de l’UE dont la production viticole est en augmentation par rapport à l’an dernier. Le pays se remet d’une mauvaise récolte en 2018, occasionnée par le déclenchement d’une attaque fongique des pieds de vigne par le mildiou.

Hors UE, la production viticole 2019 en Russie (6,0 mhl; plus 7%) et en Géorgie (1,8 mhl; plus 1%) semblent au-dessus de la moyenne, tandis que les récoltes en Suisse (1,1 mhl; moins 6%) sont moins élevées que l’an dernier, mais restent supérieures à la moyenne des cinq dernières années.

Production stable aux USA

Les Etats-Unis, qui représentent quelque 12% de la production de l’hémisphère Nord, enregistrent pour la quatrième année d’affilée un niveau de production élevé, avec une estimation provisoire de 23,6 mhl (moins 1 % par rapport à 2018). De ce fait, les USA confirment leur place de quatrième plus grand producteur de vin au monde.

Hémisphère sud

En ce qui concerne l’hémisphère sud, les chiffres de récolte 2019 (54 mhl; soit environ 20% de la production mondiale de vin) sont plus précis que pour l’hémisphère nord, en raison de la différence de saisons et de période de récolte (normalement entre février et avril). Cette année, les estimations ressemblent d’une manière ou d’une autre à celles de l’hémisphère nord, avec une récolte inférieure à l’année antérieure, mais d’une manière générale dans la lignée de la production de la moyenne sur cinq ans. Dans l’hémisphère sud, les récoltes ont été influencées de manière moins négative par les conditions climatiques. 

L’Amérique latine est la région de l’hémisphère sud qui enregistre la plus forte diminution par rapport aux chiffres de production particulièrement élevés de 2018. En Argentine par exemple, la production viticole s’élève à 13,0 mhl (moins 10%). Le Chili aussi (11,9 mhl; moins 7%) enregistre de moins bons résultats que la cuvée exceptionnelle de 2018, mais demeure largement (8%) au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Le Brésil reste stable, avec une production viticole estimée à 2,9 mhl, soit 11% de plus que la moyenne sur cinq ans.

En Afrique du Sud, où la sécheresse a fortement influencé les récoltes, la production viticole est estimée à 9,7 mhl. Pour la deuxième année consécutive, les récoltes, comptant parmi les plus faibles depuis 2005, sont inférieures au volume de production moyen (moins 9% par rapport à la moyenne sur cinq ans). L’Australie enregistre une légère diminution (12,5 mhl; moins 3%) du volume de production viticole, mais les récoltes sont en général dans la lignée de la moyenne sur cinq ans, en dépit d’un hiver particulièrement sec dans de nombreuses régions. La production néo-zélandaise demeure stable pour la quatrième année consécutive, avec un chiffre de près de 3,0 mhl.

2020 sera-t-elle une année marquée par des vins de qualité?

Heureusement, la quantité ne dit pas toujours tout sur la qualité. Il est trop tôt pour déjà affirmer que la récolte "moyenne" 2019 débouchera sur un millésime «moyen». Une récolte moins élevée, avec une production un peu plus faible, ne veut pas encore dire que les vins seront effectivement de moins bonne qualité.

Après la bonne récolte de 2018, l’offre de vin au niveau mondial va sans doute légèrement diminuer cette année. Côté demande, l’on s’attend toutefois à ce que le volume de la consommation de vin diminuera légèrement en 2020, et que l’offre sur le marché mondial sera encore et toujours légèrement supérieure à la demande selon les attentes. Reste encore à voir quelle sera l’évolution du prix des vins. Il n’est pas impossible que les viticulteurs vivent encore de la bonne récolte de 2018, et qu’ils ne vendent dès lors pas leurs vins plus chers.

Facteur de changement climatique

Une chose est sûre: le réchauffement climatique sera un facteur de plus en plus déterminant pour la production viticole, et mettra la viticulture sous pression dans certaines régions. En raison de l’augmentation des températures, des vagues de chaleur, des sécheresses prolongées et des conditions climatiques changeantes, il est de plus en plus difficile en certains endroits de faire pousser des raisins de la bonne manière. D’autres régions, où les conditions n’étaient guère propices jusqu’ici pour la viticulture, en profiteront probablement à l’avenir. A une époque marquée par le réchauffement climatique, les viticulteurs font face à un défi de taille.

Résultats des vins testés en 2019 

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